Critiques de films

[Critique] Taken 2- Critique du film- Olivier Megaton

Dans Taken, Bryan Mills, ex-agent de la CIA aux compétences si particulières, a réussi à arracher sa fille des mains d’un gang mafieux. Un an plus tard, le chef du clan réclame vengeance. Cette fois-ci, c’est après lui qu’ils en ont.

Si tu aimes le cinéma avec Taken 2 tu tombes mal. Taken avait été dans l’ensemble une bonne surprise, Pierre Morel insufflant à l’ensemble juste ce qu’il fallait de nervosité et de folie pour permettre au film de garder la tête en dehors de l’eau. Certes pas très original, Taken avait mine de rien, la classe de remplir son contrat sans siller ni se montrer imbouffable. Porter c’est vrai par un Liam Neeson impérial dans son rôle d’ange de la mort, il aurait fallu en effet mettre beaucoup de mauvaises volontés pour rater le tout et accoucher d’un pétard mouillé… Humm et bien pas tant que cela. Pourquoi ? Tout simplement pour la simple et bonne raison que ce Taken 2 ( qui aurait pu marcher dans les pas du premier film) fait l’ultime erreur de parcours en rendant insupportable quasiment toutes les séquences d’actions du film. Le surdécoupage n’est franchement pas le meilleur ami de l’homme et il faudrait qu’Olivier Megaton le comprenne. Chose bizarre vu que sa réalisation bien que générique dans Colombiana n’était pas aussi épileptique. Le couperet du coup tombe très vite et rehaussé par un scénario oscillant entre le cousu de fil blanc et le vraiment très con, on se retrouve en bout de parcours très loin du plaisir simpliste et un peu déviant que l’on avait pris à la vision du premier film.

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La faute à qui ? Au scénario un peu, à la réalisation beaucoup. Mais aussi un peu à Neesson lui-même qui tel l’ange de la mort lassé de son propre statut donne l’impression de ne plus franchement y croire et d’une certaine façon on peut le comprendre. Oscillant entre le pathos cliché et l’action déjà vue plus d’une fois, difficile de se dire que l’on fait quelque chose qui va rester dans les mémoires. Certes on ne va pas voir Taken 2 pour s’en souvenir des années, c’est un fait. Mais le fait de retourner la situation et que ce soit désormais la fille qui soit en passe de sauver ses parents ne booste pas le script…il le rend au contraire encore plus ridicule ( ah les grenades GPS). Rien dans la relation qui existe entre ce père et cette fille ne pousse à l’envie d’en savoir plus. Sommaire et juste là pour meubler la rachitique partie émotion, les liens qui les unissent donnent un peu envie de les prendre pour se pendre. La raison est simple, nous sommes là pour une seule et unique chose, voir le héros massacrer des gens et tuer à tour de bras du terroriste albanais…enfin français en partie vu que (l’éternel et apparaissant dans toutes les prods)…Alain Figlarz joue ici l’un des grands méchants du film le tout pour finir dans un face à face bateau de combat entre lui et Neeson que la réalisation achève littéralement.

Quand Olivier Megaton prend le spectateur de Taken 2 en otage

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Car même avec la meilleure volonté du monde et dieu sait que je n’aurai pas eu de problèmes particuliers à faire l’impasse sur la légèreté du script, l’ultra découpage tue toutes émotions ou tensions. La moindre action même anodine hérite d’une avalanche de cuts noyant le spectateur dans un véritable moment de stress. Est-il en train de perdre la raison, la vue ou juste fait-il face au travail en duo d’un réalisateur et d’un monteur sadique ? Je crains que la dernière réponse ne soit la bonne. Du coup Taken 2 se retrouve plombé par la somme de ses défauts et l’on décroche lentement, mais sûrement, finissant même par se demander pourquoi ce second volet a été fait. Le premier numéro à l’image de Commando se suffisait à lui-même. Conscient de ces propres limites, il aurait peut-être été préférable de laisser de côté ce qui avait été une agréable surprise, plutôt que de la faire revenir sur le devant de la scène avec un chargeur à moitié vide. Olivier Megaton semble de plus en plus dangereusement s’enfermer dans ce genre de productions d’action et le ressentie que l’on a en voyant les résultats en bout de course, témoigne un peu d’un réalisateur qui à l’image même de son acteur principal, ne croit plus vraiment à ce qu’il fait. J’espère que cela ne touche qu’à ce domaine et que Megaton a encore de quoi surprendre en faisant totalement autre chose. Croisons les doigts, car dans ce domaine précis, Taken 2 est l’exemple parfait que dans ce genre précis, Olivier Megaton tourne un peu à vide. Attendons de voir ce que l’avenir lui réserve…

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