Critiques de films Films américains

Cooties-Elijah Wood-Critique du film

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Il y a des films qui n’assument jamais véritablement le statut de série B leur collant à la peau. Cooties au contraire l’embrasse, l’étreint et danse de façon indécente avec lui pendant toute la durée du long-métrage. Loin de nous mettre mal à l’aise l’ensemble a même plutôt tendance a remplir le spectateur de bonheur. Oui, Cooties n’est pas forcément original c’est un fait, mais ce qu’il perd d’un côté, il le rattrape de par son humour, son second degré et le rythme plutôt bon qu’il imprime tout du long. Et sans mentir, l’idée même de donner à la menace du film l’apparence d’enfants au demeurant innocent s’avère assez jouissif. Pour la bonne raison que ces petites têtes blondes sont aussi naturellement pénibles de leurs vivants que pendant leur état zombies. Du coup, la simple idée de les voir se faire massacrer passe bizarrement beaucoup mieux. Tout comme l’idée d’accepter le déferlement de violence prenant forme au travers de leurs actions.

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Oui Cooties est gore et ne fait pas dans la dentelle. C’est ce qui fait sa force, mais pas seulement. Là où beaucoup de films de genres ces derniers temps oublient de bien fignoler les personnages secondaires, Cooties se fait plaisir dans le domaine. Que ce soit aussi bien parmi les professeurs que les enfants, chacun a son petit moment, ses punchlines et permet à l’histoire d’exister sur plusieurs niveaux. Car au-delà de la comédie d’horreur… Cooties possède aussi tous les codes que l’on attend de voir pour du fantastique qui colle et qui tache. Les situations s’enchaînant comme des tableaux classiques certes mais dont les scénaristes et le réalisateur tout comme les acteurs tirent le meilleur parti. L’univers que Cooties met en place est bon, basant cette pandémie sur la malbouffe et la maltraitance animale (ce sont des nuggets les vecteurs de la mutation…) le film s’amuse à voir plus loin avec le moyen de transmission qui au final ne touche que les enfants. Le village des Damnés passe par la case trou perdu aux États-Unis et ouvre la porte sur une possible fin du monde, le tout par la main même de ceux qui auraient dû en assurer le futur.

Produit en partie par Elijah Wood et le mettant en scène d’ailleurs sans la moindre empathie (j’entends par là que le personnage s’en prend plein la gueule de la part des scénaristes…) Cooties est un petit plaisir assez communicatif. D’un côté comme de l’autre et ne serait-ce aussi bien par son écriture que par les talents devant la caméra, le film ne ment jamais sur la marchandise. En connaissant ses limites et en ne désirant jamais être autre chose que ce qu’il prétend, Cooties donne en pâture aux spectateurs un film diablement fun avec un point de départ qui sous la surcouche de gore est assez malin. Un pamphlet contre la malbouffe et les conditions de vies en élevage pour les animaux ? J’extrapole peut-être, mais en prenant le choix d’établir le socle du film sur une source de contagion probable, le film réussit à créer un petit malaise dans un coin de sa tête. Cela ne tiendra pas forcément longtemps sous l’avalanche de blagues, mais le simple fait d’exister donne à Cooties un poil plus de relief et l’élève au-delà d’une simple série B. Les scénaristes connaissent leurs classiques et Cooties emprunte plutôt habilement dans la grande cinémathèque du film de genre. À la fois drôle, gore et ambitieux sur ce qu’il laisse voir en fin de film, Cooties réussit à son niveau l’improbable mélange cohérent et pas insupportable entre l’horreur et la comédie. Une très sympathique surprise.

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