Critiques de films Films américains

Comme des bêtes , Toy Story version chiens et chats…

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Comme des bêtes, du studio Illumination (les créateurs des Minions) était un film dont j’entendais bizarrement beaucoup de mal. Chose bizarre vu son pitch de départ. En effet, comment ne pas tomber sous le charme de la vie secrète des animaux et au-delà de ce point, comment résister au look ultra-mignon de l’armée de personnages du film. Oui, tout du début du projet jusqu’à son livrable en salle était calibré pour cartonner et vous savez quoi ? Ce fut le cas. Et c’est ici que réside le seul véritable défaut majeur de Comme des Bêtes, celui qu’il ne prend vraiment jamais aucun risque. A mi chemin entre du  Toy Story pour l’esprit et une compilation d’une tonne d’autres films pour la trame et les gags, le dernier bébé du studio Illumination ne vous surprendra jamais véritablement. Mais pourtant et malgré l’avalanche de mauvais retours que j’ai pu entendre, je dois bien reconnaître que je ne partage pas l’avis général.  Oui, Comme des bêtes est classique, mais si l’on prend la chose pour ce qu’il est et ne s’en cache jamais au final « un produit fast-food catégorie divertissement familial » la chose fonctionne et c’est tout ce que l’on retient en bout de course.

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Illumination désireux de s’éloigner un peu des  minions et de l’univers de ces derniers qui tourne un peu en rond, a voulu revenir à des basiques. Hollywood est une créature cannibale, elle dévore chez les autres ce qui fonctionne pour en tirer sa force première et de ce point de vue « Comme des bêtes »  est un hybride. Que ce soit au niveau du scénario comme du style. Car là aussi l’ombre de Pixar plane sur le design des personnages. Les studios semblant parfois marcher dans l’ombre l’un de l’autre, mais à des stades divers de la carrière historique. On appréciera ou non le rendu, mais difficile de nier que l’ambiance fonctionne. En fait et c’est ici que le film d’Illumination est calculateur et sournois est qu’il est fait pour plaire sans détours aux amoureux des animaux. Nul besoin de développer un vrai scénario profond quand il s’agit juste de piocher à droite et à gauche et de bien regarder les comportements des animaux nous entourant. C’est le cas avec ce film et dans les mains d’un autre studio cela aurait fini par être exaspérant mais ici, on se laisse avoir, le groupe de chiens est certes creux sur le fond mais calibré à l’extrême sur la forme. En fait « comme des bêtes » est un paradoxe, c’est à la fois un divertissement sympathique qui remplit sa liste de tâche haut la main et de l’autre un coup calibré et symptomatique de ce que les studios font pour ramasser rapidement du billet vert. C’est une photocopie sans grandes retouches tentant de se cacher derrière les habits d’une vague de nouveautés factices. Cela se laisse regarder, même si l’on n’est jamais dupe. On se dit que dans les mains d’un autre studio et d’un vrai scénariste cela aurait pu être grandiose, puis l’on se souvient que cela existe déjà. Que cela se nomme  Toy Story et que là aussi il y a des animaux… en jouet. Et du coup on reste sur sa faim, mais l’on ne passe pas fondamentalement un mauvais moment. C’est une petite victoire, mais d’une certaine manière c’est déjà cela.

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