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Collateral Beauty, imparfait et boiteux mais pas sans charme…

Collateral Beauty est l’un de ces films qui lors de sa sortie à reçu peut-être plus de coups de bâtons qu’il n’en méritait vraiment. C’est vrai que j’avais rarement vu une telle campagne de haine contre le film. Et en prenant du recul et en découvrant le film après la meute, je reste un peu perplexe devant ce monstrueux déchaînement de violence. Oui, Collateral Beauty n’est pas forcément le film de l’année. J’entends par là que c’est un drama un poil hardcore dans le pathos et qu’il faut à minima aimer ce genre pour en tolérer ses excès. Car oui, dans ce domaine précis, Collateral Beauty s’en donne à cœur joie pour faire verser la larme salvatrice qui fera prendre conscience au scénariste qu’il a bien fait son job. Du coup, oui, le film partait d’emblée avec une énorme cible dans le dos en avançant vers le spectateur. Est-ce que pour autant, il s’avère catastrophique ? Non. Et même si par endroits certains dialogues ou comportement des personnages risquent de faire grincer des dents, il faut reconnaître que Collateral Beauty regorge aussi de véritables petits moments d’émotions assez sincères. Suffisamment pour permettre au film d’exister par lui-même et offrir suffisamment de matières à Will Smith pour délivrer une performance assez forte. Surtout quand on apprend ce qu’il vivait en même temps dans sa vie privée…

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Collateral Beauty possède un vrai point faible et c’est malheureusement au final sur celui-ci que les spectateurs se sont focalisés. La faute aussi au montage qui équilibre très mal la répartition des rôles. Si l’on prend le film au premier degré en mode épidermique, les 3 personnages de Kate Winslet, Edward Norton et Michael Pena vont vous être antipathique. Certes, ils évoluent et l’histoire qui est la leur se construit en parallèle de celle de Will Smith, mais il est trop tard. Le mal est fait. Comment avoir de l’estime pour des gens capitalisant sur le malheur d’un de leur proche pour le pousser à vendre les parts de sa société. Certains diront qu’au travers de ce simple point de départ, le scénariste se tire une balle dans le pied. Ce n’est pas forcément faux et le film a effectivement beaucoup de mal à s’en remettre. Mais, c’est en lui donnant sa chance sur la longueur que la chose reprend une certaine forme et solidité. Car en détournant l’attention sur les personnages secondaires, Collateral Beauty nous fait oublier de regarder ce qui est sous nos yeux, les petits détails entourant la vie de Will Smith et son entourage proche qu’il voit en dehors du bureau. Et soudain, d’un coup peut-être un peu trop rapide, le film prend dans son final un tout autre aspect. On en vient du coup à regretter ce choix de passer peut-être trop de temps sur les deux trios de personnages secondaires au profit de Will Smith et sa conseillère. Car oui, c’est là qu’était la vraie force du film.

Collateral Beauty n’est pas un grand film. C’est au mieux un scénario digne d’un roman de Guillaume Musso ou Marc Lévy au pire un téléfilm de Noel. Bâtard, imparfait, mais bizarrement pas pour autant dénué de charme. Le vrai reproche qu’on peut lui faire tient dans son mauvais choix de la hiérarchie de ce qui était vraiment important contre ce qui n’était que futilité. Will Smith qui ici livre une performance tout en finesse se retrouve du coup handicapé par un manque de place pour développer sur la longueur son personnage et son histoire. Chose qui aurait permis a la révélation du dernier acte de ne pas avoir cette sensation de surprise sur le gâteau faite en panique. Cela affaiblit le potentiel de Collateral Beauty mais pour autant ne justifie pas le torrent de haine que le film a pris dans les dents à sa sortie. Il y a de la beauté dans ces imperfections. Et d’une certaine manière, je préfère 100 fois un film boiteux mais qui ne serait-ce que par intermittence me fait ressentir quelque chose plutôt qu’un film parfait et sans saveurs. Collateral Beauty est plus dans la première case et si l’on prend le temps de le regarder en oubliant la parole d’autrui, vous verrez que l’aventure est loin d’être aussi horrible que l’on aura pu vous la vendre. A voir pour le plaisir…

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