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Coco, décollage pour le Royaume des morts via le Pixar Express!

Coco, le dernier trésor des studios Pixar montre combien ces derniers sont à des années-lumières de la concurrence. Voir un film se permettre de toucher avec autant d’aisance à la perfection à quelque chose de fascinant.

Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina est le film que j’attendais sans ne plus trop y croire venant des studios Pixar. Pas que je pense que ce studio passe l’arme à gauche niveau créativité, mais on peut dire qu’il y a eu des très haut et du médiocre. Ce qui dans le cadre de Pixar est toujours la chose la plus frustrante au monde tant la concentration de génie au m2 est grande chez eux. Et bien, en un simple film, voici que toutes mes anciennes craintes sont remises au placard. Aussi efficace de par son histoire qu’au niveau de sa réalisation tout simplement incroyable, Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina est une véritable merveille. Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révélera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Coco Pixar
La fête des morts n’est pas forcément le point de départ le plus idyllique pour faire un film grand public, mais c’était sans compter l’imagination et le talent des artistes bossant sur ce film. Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina peut se montrer étonnamment mature surtout dans le dernier tiers et certains thèmes qu’il aborde, mais avant tout, il reste un grand film familial. Et cela n’implique pas de devenir niais ou autres, c’est ici toute la force de Pixar, savoir manier le réalisme et la magie pour créer un spectacle organique et crédible (même si vu le cadre de l’histoire, cela peut sembler tirer par les cheveux). Ce que j’entends par là est que Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina cherche avant tout à être universelle dans la manière dont il traite son sujet. Partir d’un point de vue apparemment classique pour ensuite élargir le spectre des thématiques et capturer aussi bien les grands que les petits. Le talent de ce studio est de manier à merveille les différents niveaux de lectures d’un récit. Et ici en plaçant l’aventure autour d’une famille, l’histoire se voit offrir la meilleure manière de toucher tout le monde. Que l’on soit une mère, un père, un enfant où les grands-parents, l’importance des membres de la famille est mise en avant et d’un coup Coco qui n’est pas le personnage que l’on n’attendait naïvement voit sa force décupler. Et c’est d’ailleurs ce qui fait de ce film l’un des plus sensibles sur le fond comme la forme qu’a pu faire Pixar avec Toy Story. Et quand on voit que Lee Unkrich est aussi derrière Toy Story 2 et 3, tout s’explique. La finesse d’écriture qu’il développe ici dans la relation qui s’établie entre chaque personnage mais surtout entre le héros et sa grand-mère touche en plein cœur. Le sentiment d’authenticité qui s‘en dégage donne tout de suite à Coco une texture particulière le faisant évoluer très au-dessus de la moyenne des productions. Souvent certaines ont l’humour, d’autres un peu de sens, parfois ni l’une ni l’autre mais une enveloppe magnifique. La force de Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina est que sans donner l’impression du moindre effort, elle combine toutes ses qualités en une histoire cohérente et solide capable de s’adapter au vécu et à l’imaginaire de chacun. Permettant ainsi de s’enfoncer plus profondément dans l’histoire tout en la mettant parfois en symbiose avec la sienne. Ce qui est fou d’un bout à l’autre de ce film est de voir combien il réussit à être brillant sans jamais forcer. La marque des grands.

Coco Pixar
Mais au-delà de la simple perfection absolue de l’histoire, le véritable coup de grâce de Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina tient dans sa réalisation. Dire que Pixar se surpasse et dévoile aux yeux du monde un univers d’une beauté sans pareil tient encore de l’euphémisme. On parle souvent des travers de l’appropriation culturelle qui gangrène Hollywood, Coco d’une certaine manière est l’exception qui confirme la règle. Respectueux au-delà de tout ce que l’on attendait face à la culture mexicaine et ce que représentent les traditions autour de la fête des morts, on touche au sans-faute à tous les niveaux. Mais le coup de grâce finissant de faire entrer le film dans la cour des grands Pixar vient avec le personnage de Miguel. Sa quête pour aller au bout de ses rêves ou son envie plus forte que tout de maintenir à flot son univers familial est universelle. L’écriture de Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina prend un soin quasi maniaque dans la mise en place de l’échiquier narratif où Miguel déplace ses pions. L’idée étant de lui faire vivre une aventure plus grande que lui à tous les niveaux et impactant aussi bien son présent que son futur. Et si l’on ne fait pas a minima attention à ce que l’on à autour de soi, impossible d’envisager un futur serein où l’on peut se consacrer sans mal à son art, ou son désir de grandeur d’une certaine manière.

Coco Pixar

Naviguant sans cesse entre film familial grand public et drama fantastique bien plus adulte qu’on ne le pensait au démarrage, Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina réussit à retrouver l’ampleur qui manquait un peu à certains Pixar dernièrement. J’ai même envie de dire l’ambition à vrai dire. Aussi beau sur la forme que le fond Pixar livre un conte moderne sur la famille et le besoin plus grand que nature d’accomplir ses rêves. Ce afin de se créer en dehors des attentes des autres. On pourrait parler des heures de ce Coco, mais la vérité tient au final en une courte phrase. Ce film vend du rêve, brosse notre imaginaire dans le sens du poil et donne envie de voir plus loin que le bout de son nez. Un sentiment pas si con dans notre société actuelle où l’on a tendance à se renfermer sur soi pour X ou Y raisons. Coco de Lee Unkrich et Adrian Molina est une réussite exemplaire dans son genre et cela fait un bien fou.

Coco Pixar

Quand un film est aussi beau sur le fond que la forme on touche à la perfection.

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