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La cinémathèque, Polanski Brisseau et la tartine de merde…

La cinémathèque après le scandale autour du maintien de la rétrospective Polanski s’entête et continue avec une autre rétro sur Jean Claude Brisseau. Réalisateur condamné pour harcèlement sexuel envers deux actrices…

La cinémathèque est-elle un royaume des trolls ? Parfois je me pose la question. Pas que je remette forcément en cause l’utilité non discutable de l’établissement, mais juste sa volonté pour le moins particulière de jouer la provocation. Est-ce qu’il est nécessaire en pleine période Weinstein de faire une nouvelle rétrospective Polanski ? Oui, le monsieur à des grands films à son répertoire dans le passé. Tout comme Woody Allen d’ailleurs. Le point commun que partagent ses deux auteurs désormais est le suivant : la médiocrité de leurs dernières œuvres. Si l’on compare aux classiques qu’ils ont pu créer tous les deux, inutiles de dire que oui les derniers films ressemblent à des productions pour le moins bâtardes ou feignante au mieux. Mais sur ce point précis, nous ne faisons que toucher la partie visible de l’Iceberg. C’est sur la personnalité pour le moins toxique des réalisateurs que le reste pose problème. Dans le cas de Polanski, inutile de dire que sa filmographie la plus glorieuse est facilement accessible. L’homme est toxique humainement parlant, mais d’un point de vue artistique, il suffit d’aller dans n’importe quel Fnac ou service VOD pour trouver ses plus grands films. La rétrospective de la cinémathèque se faisait-elle vitale sur ce point précis ? C’est ouvert à débat et quand on voit l’accueil que Polanski à eu lors de l’ouverture, on se dit en effet que La cinémathèque a voulu faire un coup de comm, de buzz ou un doigt d’honneur cela dépend. Mais là encore, la polémique aurait pu fondre au soleil après quelques jours si la cinémathèque n’en remettait pas une couche. Comment en enchaînant début 2018 sur une rétrospective Jean Claude Brisseau.

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On récapitule, la cinémathèque, temple du cinéma décide de célébrer coup sur coup un artiste avec des casseroles judiciaires pour pédophilies et un autre coupable d’agressions sexuelles contre certaines de ses actrices. Le premier peut encore avoir l’excuse d’avoir des grands films dans sa filmographie pour appuyer l’axe de défense de La cinémathèque, mais le second n’est qu’un pervers dont le cinéma à déjà une rétrospective permanente de ses meilleures dernières séquences sur Youporn ou Pornhub. Cela donne le niveau. La cinémathèque est libre de ses choix, personne ne pourra dire le contraire, mais là où le cinéma français dispose de richesses folles aussi bien dans son passé ou présent en termes de viviers de réalisateurs, il est triste de voir le temple du cinéma français, s’entêter à faire de la provocation gratuite. Autant ne pas déprogrammer Polanski pouvait vaguement se comprendre en termes de logistique et d’autres aspects sûrement plus monétaires. Autant enchaîner directement sur Jean Claude Brisseau ensuite, renvoie une image pour le moins triste de ce qu’est le cinéma français et ce petit milieu agissant en circuit fermé. À l’époque du Festival de Cannes, toute la profession avait démonté Laurent Laffitte pour sa vanne sur Woody Allen, toute une profession qui aujourd’hui est bien silencieuse dans sa grande majorité. On n’entend que des voix s’élever ici ou là pour défendre encore une fois Polanski et l’utilité de sa rétrospective, mais sincèrement tout ce que cela finit encore et toujours par renvoyer est l’image d’une industrie avec les deux pieds dans le ciment d’une autre époque. Une vieille mafia qui ne veut pas mourir et défend encore bec et ongles les vieilles icônes. Et même si la façade reste lumineuse, difficile de passer sous silence la puanteur de l’arrière-boutique. La cinémathèque assume donc un esprit de sale troll digne d’une couverture de Charlie Hebdo. Cela veut choquer pour faire parler de soi, mission accomplie, mais quand on est le garant d’un cinéma à l’histoire aussi riche, c’est assez pathétique de tartiner les murs de sa maison avec de la merde. Mais bon…

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