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[Chandleyr] Parfois tu devrais rester au lit…

L’autre jour j’ai eu une épiphanie. Vous savez ce genre de connerie que les personnages à la Nick Hornby pourraient dire dans un de ces romans, ou encore un de ceux de Jonathan Tropper. Je me suis rendu compte qu’on n’était pas grand-chose dans ce bas monde « insert captain obvious ». Résumé, je sors du travail, je fais 100 mètres et voit mon bus au carrefour, les voitures sont encore loin j’accélère au dit carrefour en pensant les doubler et avoir mon bus au vol ( le bois de Boulogne le soir…), en gros un truc con basique et que j’ai fait des centaines de fois depuis près de trois ans. Sauf que ce soir là, le destin a rajouté une variable. J’ai accéléré, vu l’arrêt au loin et la demie seconde d’après ma tête est allé dire bonjour au revêtement du carrefour. Le hic est qu’en m’étalant comme une merde j’ai assez vite réalisé que ces voitures et ce bus qui il y a quelques secondes étaient loin devaient l’être beaucoup moins sur le coup. Choc violent, un peu sonné, mais toujours en un morceau ( j’ai d’ailleurs entendu mes clés tomber et eu le réflexe de les ramasser en m’écartant du milieu de la route, high five pour le wtf) donc jusque-là tout allait bien. Du moins jusqu’à ce que je vois ma main en sang. 1er réflexe me dire que comme le roi des cons je m’étais ouvert la main. Ma 2e pensée fut de réaliser que la pharmacie de Suresnes était à 15 minutes à pied et avec la main en sang ce n’était pas trop une bonne idée. Le bureau étant sur le trottoir d’en face, je commence donc à repartir. Je traverse un peu dans un état second sans vraiment penser, j’étais en automatique, allant à l’essentiel et là, je sens quelque chose couler sur le visage. Moment génial où tu réalises que ta main n’a rien ( à part une ecchymose… ), mais que ce sang vient de ton visage.

Dans ces cas-là, tu remercies le ciel d’avoir été anesthésié par le choc et de ne pas avoir suffisamment de cerveau disponible pour céder à la panique idiote. Car bêtement si le bureau n’avait pas été sur le trottoir en face et vu qu’au carrefour personne n’a bougé pour m’aider, je n’aurai juste pas su quoi faire. La joyeuseté donc de revenir au bureau en épongeant le sang qui coule de mon arcade ouverte. Ma veste était pleine de sang, mon pull et mon sweat aussi et même mon sac. Je ne jette pas la pierre aux gens dans les voitures, je ne sais pas ce que j’aurai fait dans cette situation, j’avoue je ne pensais pas à grand-chose hormis retourner au taff. Et c’est justement en arrivant et en voyant la tête du gardien blêmir en me voyant taper à la porte de son bureau que j’ai compris que je ne m’étais pas vraiment raté pour un simple bus à la con au final. Ce qui ajoute une surcouche de ridicule à la situation. Et c’est à partir de ce moment là que ta soit disante splendeur et ton contrôle magnifique de la situation partent en fumée. Pourquoi parce que tu réalises dans le regard des autres que c’est moche. Vu le quartier j’avais plus une gueule de mec venant de se faire passer à tabac qu’autre chose. Pris en charge j’ai un peu soufflé et j’ai commencer aussi à prendre conscience de ma migraine galopante se lovant dans le coin gauche de ma tête, tremblement, vertiges n’étaient que des bonus.

Le plus con en fait dans ses situations c’est que l’on a vite tendance à penser aux autres plutôt qu’à soi. Me suis retrouvé comme un con à ne plus savoir qui appeler alors que les numéros étaient sous mon nez. Ce sentiment de flottements et de panique sourde est très bizarre à gérer. Mais c’est aussi dans ce genre de situations que tu vois sur qui tu peux compter dans la seconde. J’ai beaucoup de défauts, dont un qui se nomme la fierté des imbéciles. Je ne demande jamais d’aide, ce n’est pas dans ma nature, j’ai du mal à formuler ce genre de mots. Défaut de fabrique, mais ce soir là en réalisant que j’allais partir tout seul aux urgences en étant plus ou moins vaseux et saignant dirons nous, j’ai paniqué. Je remercierai jamais assez les deux personnes qui en un clin d’œil m’on dit on arrive et sont resté avec moi toute la soirée. En fait dans ce genre de cas, on panique comme un con, car on ne maitrise les choses qu’en apparence et l’on à au final une peur celle de finir tout seul. C’est stupide dit a posteriori, mais nous dirons que cela fait partie de mon mental. Je déteste les hôpitaux viscéralement, je les arpente depuis 7 ans pour des raisons familiales et les fois où j’y mets les pieds, c’est toujours pour des cas graves. Je ne me sens pas bien du tout dans ces lieux. L’idée même d’y être seul me fout toujours la trouille. Ces lieux puent la mort et je ne m’y fait pas. Et c’est quand j’ai vu cette amie arriver alors que j’étais sur mon chariot avec les ambulanciers que les nerfs ont fait du free fall. Ils étaient tangents depuis le départ du bureau, mais en la voyant arriver, j’ai enfin eu le feeling que d’une certaine façon j’étais en sécurité. On se croit fort et badass, mais en fait la vérité c’est que pas du tout.

Mon problème est qu’en une soirée je me suis pris la somme conjointe de mon passif familial sur les hôpitaux dans les dents mixé avec le mien. Tout ce dont j’avais peur, les situations d’attentes, les scans, le manque de contrôle. J’avais l’habitude de le vivre de l’autre côté, de celle de celui à côté du chariot. Pas dedans. Mais le plus con dans tout cela est quand une fois la brume passée tu refais le scénario à l’envers et que tu te poses des questions connes. Tomber devant du trafic en marche et s’éclater la face sur le sol aurait pu me laisser juste KO net. Le choc a été très violent, mais pas suffisant pour m’empêcher de me relever. Ce qui m’a travaillé pendant toute la nuit aura été le et si t’avais été KO ? Personne n’a bougé en me voyant en sang, qu’en aurait-il été inconscient ? En me plantant devant le bus il aurait dû s’arrêter à vrai dire, cela n’a pas été le cas. C’est la vie. Mais dans le fond quand je ressasse un peu le tout, je me dis que l’on n’est véritablement pas grand-chose. Le ridicule de la situation est de réaliser que je m’en sors bien malgré tout, mais que cela aurait pu être nettement plus grave. Pour au final une sombre connerie, celle de ne pas vouloir rater mon bus pour m’éloigner rapidement de ce lieu. Et c’est con, mais a posteriori tout revient en tête, le bruit du choc, l’odeur du sang, les traces que l’on n’avait pas vues et retrouve dans un col de veste ou sur un revers de sac. Je ne suis pas mort loin de là, juste suturé, cabossé et boiteux, mais c’est con de se dire que justement à un carrefour glauque sa vie aurait pu changer drastiquement et pas en bien pour pas grand-chose. Cela fait réfléchir sur le passé et un peu le futur aussi.

 

J’avais juste envie d’écrire, le post est décousu et un peu perso, mais c’est juste pour me vider l’esprit.

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