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C’est encore mieux l’après-midi, la pièce à découvrir.

Dans un hôtel proche de l’Assemblée Nationale, un célèbre député se prépare à un après-midi coquin avec une secrétaire du premier ministre au lieu d’assister à un débat parlementaire de la plus haute importance. Mais la présence de sa femme dans le même hôtel et la maladresse chronique de son assistant vont déchaîner les catastrophes et toute une série de quiproquos hilarants.

Quand on dit Théâtre de boulevard on pense à tort à des intrigues à tiroirs menant vers du vide et beaucoup de bruits pour le masquer. C’est parfois vrai, mais dans le cas de C’est encore mieux l’après-midi, il faut bien reconnaître que c’est totalement faux. Faisant fi des attentes du public, la pièce de Ray Cooney se repose sur une science du timing et de la petite phrase qui relève du génie militaire. Le tout couplé avec une appropriation parfaite de la part du casting Français jouant le texte et l’on se voit offrir un spectacle complètement furieux et totalement jouissif. La mise en scène de cette version française tout comme son casting d’ailleurs donne à la pièce de Ray Cooney un surplus d’énergie titanesque. C’est facile de courir d’un point à l’autre de la scène, c’est à la portée de n’importe qui. Le faire en ne perdant jamais l’intensité de son personnage, le fil du texte et le pouvoir de la comédie qui se dégage du récit est une autre paire de manches. C’est sur cette alchimie assez difficile à tenir sans lasser que repose le succès de cette pièce. On retient surtout de tout ce délire maitrisé la prestation hilarante de Sebastien Castro, faux benêt qui sous son apparence de Droopy découvrant la vie diffuse dans la salle un potentiel comique assez dévastateur. C’est encore mieux l’après-midi au final se construit sur un postulat de départ certes classique, la femme, le mari et l’amant… enfin dans le cas présent le tout à la puissance mille… mais de par l’énergie communicative de la troupe sur scène et la finesse du texte qui évite de tomber dans un graveleux trop facile, la chose finit par emporter l’adhésion complète du public. Difficile de résister à un spectacle dont la fraîcheur et la sincérité qui s’en dégage touche dans le mille. Un véritable petit plaisir.

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Le Horla, retour sur la bonne surprise du moment au théâtre.

Est-il victime d’hallucinations ? Devient-il fou ? Ou est-il la première victime d’un être surnaturel… « Vous verrez que tous les journaux publieront que je suis fou. C’est une œuvre d’imagination qui frappera le lecteur et lui fera passer plus d’un frisson dans le dos car c’est étrange. » Guy de Maupassant

Quand on dit Guy de Maupassant de nos jours, l’envie n’est pas forcément le premier sentiment qui nous viendra à l’esprit. On se met à penser bêtement que le texte sera daté et que l’on va s’ennuyer. C’est une idée préconçue comme tant d’autres. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison qu’une fois pris dans les griffes de ce Horla sur scène, on se rend compte de l’intemporalité de la chose. L’écriture s’adapte à n’importe quelles époques tout comme le récit d’ailleurs. Une sorte de danse improbable entre le fantastique et les limites de la folie que l’on pourrait découvrir dans un thriller récent. Est-ce que le personnage à raison, est-il fou ? Chacun donnera son jugement sur la question. Seul en scène, Florent Aumaître donne vie à ce récit de la plus belle façon qui soit et surtout avec une intensité qui offre une force sans commune mesure à ce « vieux texte ». Tenir en main le public du début à la fin sur les bases de la folie destructrice d’un homme à des allures de tour de force et c’est exactement ce qui se déroule sous nos yeux ici. Rebattant les cartes de nos certitudes, Florent Aumaître réussit à redonner une fraîcheur à ce que l’on pensait bêtement daté. Seul en scène, il nous fait redécouvrir la richesse d’un texte en y appliquant la même énergie communicative qu’un Luchini lors de ses lectures sur scène. Passionnant.

Alors oui, il est toujours possible malgré mon concert de louanges d’avoir des doutes, de se dire que ce n’est pas forcément le genre de spectacle que l’on veut voir. Il n’y a pas grand-chose à faire pour lutter contre ce feeling, du moins à mon petit niveau. Mais, il ne faut pas oublier l’essence même du théâtre, cette envie d’emporter, de pousser à s’intéresser à des univers différents du nôtre. Le tout en étant face à face avec un ou plusieurs comédiens qui prennent le risque de se confronter à notre indifférence en live. Le Horla est un de ces challenges, un moment en tête à tête avec une autre facette de la culture. Une jolie découverte qu’il serait dommage de zapper. Ou de redécouvrir sous une autre forme d’ailleurs.

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La peur de Stefan Zweig, une oeuvre à découvrir!

Stefan Zweig excelle dans la description des tourments intérieurs de ses héros. Sa nouvelle, La Peur, en est le meilleur exemple. Construit comme un roman à suspense, la pièce se déroule au rythme haletant des angoisses d’Irène, jeune femme adultère traquée par l’étrange compagne de son amant. Manipulation ? Hallucination ? Comment échapper à cette tourmente sans fin ? On assiste au vacillement d’un couple qui ne se comprend plus… jusqu’au dénouement, véritable coup de théâtre. Cette pièce, à l’esthétique cinématographique, s’inspire de l’univers d’Hitchcock, notamment du remarquable film Fenêtre sur cour.

Stefan Zweig, le nom n’est pas forcément synonyme de grand divertissement, on aurait même tendance à se dire que si l’on se lance dans l’aventure, il va falloir faire preuve de patience et d’endurance. Dans le cas précis de la pièce « La peur », il faut très vite reconnaître que ces craintes n’ont pas lieu d’être. En effet, le récit que Stefan Zweig met en place avait tout pour donner naissance à un petit chef-d’œuvre sous la main de Hitchcock, cela ne fut jamais le cas, mais qui sait peut-être qu’un jour un réalisateur s’attardera sur cette histoire d’adultère flirtant avec les limites de la folie. Une femme tiraillée par le fait d’avoir trompé son mari voit sa vie remise en cause par l’apparition de la femme de son amant. Une manipulatrice prête à tout pour lui faire payer son crime. Mais est-elle réelle ou bien un pendant de sa folie. Le mystère est le centre de la pièce et le vrai plaisir est de voir avec quel talent la mise en scène au demeurant minimaliste réussi l’exploit de tirer parti du moindre espace pour créer une ambiance cinématographique en diable. 3 acteurs et une mise en scène au couteau. Pas de temps mort et un texte qui fuse et touche au but en permanence. La peur est surprenant comme récit de par la façon dont il s’élève au-dessus des attentes du public. L’héroine est une femme, mais l’histoire est unisexe. Elle touche tout le monde, le doute, la peur que cela engendre, ce sentiment de culpabilité toxique qui nous fait perdre raison. Tous ces états prennent forme dans « La peur » au Théatre Michel et d’une façon bien plus passionnante et brillante que je ne le pensais. Ne laissez pas le nom de Stefan Zweig vous écartez de la découverte de cette pièce, cela serait vraiment dommage de passer à côté d’un vrai bon moment de théatre.

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[Spectacles] Norman sur scène, l’épreuve du feu…

Norman que l’on n’aime ou pas le personnage comique a réussi à faire son trou sur le web via Youtube. Ses sketchs amassant encore et toujours plus de vues, souvent à raison, parfois sur un malentendu. Mais, là encore tout n’est que question de jugement et impossible de nier le boulot accompli par le monsieur sur ce créneau particulier. Mais le succès sur le format court allait-il pour autant donner lieu à la naissance d’un talent éclatant comme une étoile sur scène ? La réponse est un poil plus mitigée. Ce qui fait la force de Norman dans ses vidéos est le rythme. L’arme fatale pour n’importe quel comique diront nous. S’il en manque, la chose prend d’emblée un mauvais départ et sur Youtube, le bougre à de l’énergie à revendre. Du coup, on était en droit de s’attendre à quelque chose de similaire en découvrant Norman sur scène, la vérité est un peu moins reluisante. Tout comme beaucoup d’autres comiques avant lui, ce spectacle est avant tout un spectacle de rodage… et cela se sent. Norman perd de sa force sur scène pour la simple et bonne raison que le rythme s’écroule très vite. Mécanique, pas forcément drôle et surtout reposant sur des clichés donnant l’impression d’emprunts à droite et à gauche, il devient du coup difficile d’accrocher complètement. Est-ce pour autant la fin du monde ? Le succès du spectacle sur scène me pousse à dire non… mais ne serait-ce que par la durée ridicule du spectacle (tout juste une heure) ou le manque d’aisance sur scène de Norman, il est évident qu’il va encore y avoir un peu de chemin à faire avant de pleinement prendre son envol. Le succès de ce premier one man show capitalise avant tout sur l’effet de curiosité, la question est de savoir si pour le second, il réussira à prendre son envol et s’affranchir d’une certaine facilité d’écriture ainsi que d’un manque de peps un peu fou une fois sur scène ? La question est sur la table. Le succès sur le web ne fait pas tout et même en étant relativement indulgent, impossible de passer complètement sous silence la somme des faiblesses de ce premier one man show. Pour un premier essai la prise de risque est minimale et l’efficacité aussi. Dommage.

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Timéo, la belle surprise musicale d’Alex Goude

Timéo n’était pas forcément la comédie musicale dont je savais vraiment quoi attendre. Pas de stars au casting, un metteur en scène que je n’avais vu que par intermittence à la Tv (Alex Goude) et une thématique centrale sur le handicap et le cirque qui aurait pu rapidement devenir casse gueule. En gros avant même d’avoir vu le spectacle, j’avais déjà en quelque sorte une idée toute faite. J’avais tort. Oui, Timéo a des faiblesses dans son histoire qui en soit est très classique. Mais en exagérant High School Musical en avait une aussi et ce fut un carton planétaire. Ok, la comparaison est mauvaise, vu que sur le fond comme la forme, Timéo est beaucoup moins niais que High School Musical. C’est d’ailleurs ce qui est intéressant dans ce spectacle, il ne tombe jamais dans les ornières qui se dressent sur sa route. Construit un peu comme un film et mettant à profit l’espace scénique réduit du théâtre où il se joue avec talent, Timeo fait force de ses faiblesses pour exister pleinement. Une attitude qui se ressent aussi bien dans les comédiens que la mise en scène, permettant ainsi d’oublier certains trous d’air dans le récit. Et l’autre point positif est que de par sa mise en scène Alex Goude évite tout misérabilisme sur le handicap de son personnage principal. L’intelligence de la chose est que l’on se laisse emporter dans le récit avec une bonhomie certaine et l’on abat le mur du jugement, on ne pense plus à une personne en fauteuil, mais juste un gamin a la poursuite de son rêve.

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Et ce dernier à savoir le cirque trouve dans Timéo et le spectacle qui se déroule sous nos yeux un écrin des plus sympathiques. Oui, nous ne sommes pas à Broadway, mais le spectacle a une âme et c’est bien souvent la meilleure des recettes vers le succès en quelque sorte. Timéo n’est donc pas forcément le spectacle vers lequel on se tourne en premier dans la jungle des comédies musicales se produisant à paris. Cela ne veut pas pour autant dire qu’il est de ceux a qui l’on doit tourner le dos advitam. Divertissement certes pour les plus jeunes de par son ADN « cirque », il dispense au final un message de tolérance qui parlera aussi bien au plus jeune qu’au vieux con comme moi. Une jolie surprise.

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Blue Sky expose ses trésors chez Art Ludique.

Blue sky n’est pas forcément un studio d’animation dont le nom va avoir une résonance aussi forte que Pixar ou Disney pour le grand public, pourtant de par Rio, Ice Age ou Epic, ce ne sont pas les succès qui manquent au tableau de chasse de la boîte. Alors ni une ni deux en voyant que le fameux studio allait exposer ses petits trésors de productions dans Paris, il était impossible pour moi de ne pas me jeter dans les griffes du lion. Ceux qui me suivent sur Instagram, savent que j’aime dessiner. Cela dure depuis des années (même depuis que je suis môme) et ce n’est pas en voyant une exposition comme celle de Blues KY a l’espace Art Ludique que cela s’arrêtera. Comme je le disais, si vous aimez ce genre si particulier de l’animation, du dessin mais surtout des coulisses de ce petit monde alors vous allez être au paradis. Remettant en valeur aussi bien les plus vieilles productions que les récentes, le studio Blue Sky prend le visiteur par la main et l’emmène dans les arcanes de son royaume. Le voyage a cela de magique qu’il est difficile de ne pas tomber sous le charme de ces créations. On est dans une autre phase que celle plus passive comme spectateur dans la salle de cinéma. On assiste à la création de la magie et l’on voit comment ces sorciers créent des choses incroyables bien souvent avec des techniques que l’on n’aurait pas imaginées adéquates pour cela. Une grande partie de l’exposition tourne autour de l’âge de Glace et de sa vedette devenue quasiment la mascotte du studio Scratt. Lui et ses acolytes peuplant tous les films du line up apparaissent sous toutes les formes, croquis, statue, dessins de productions. Rien n’est laissé au hasard et l’on a l’impression délicieuse d’être un enfant devant un magicien qui prend le temps de nous expliquer ses tours les plus fous. Art Ludique signe ici une fois de plus une exposition absolument splendide. Imposante et trop courte à la fois, un paradoxe venant du plaisir complet que l’on prend à explorer les allées de ce petit pays magique. Le nom de Blue Sky comme je le disais n’est peut-être pas aussi évocateur que les mastodontes de Disney, mais la magie qui découle de ses neurones n’en est pas moins efficace. Et je vous invite à aller visiter cette exposition pour vous en convaincre. Vous ne le regretterez pas.

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L’invité, à la recherche du Job perdu.

L’invité c’est l’archétype de la pièce que l’on pense être drôle… mais qui ne l’est pas une seule seconde dans le fond. Un peu sur la forme je vous l’accorde, mais pas trop dans le fond, tant son réalisme sur ce qu’elle renvoie de notre société actuelle fait au final froid dans le dos. Porté par un quatuor d’acteurs s’en donnant à cœur joie pour naviguer à vue dans le cynisme ambiant de l’invité, la pièce de David Pharao est une bonne expérience, mais pas forcément celle que l’on attend. Ce qui au final est peut-être l’une de ses forces, cette petite capacité de surprendre là où on ne l’attend pas vraiment et de donner à ce qui n’aurait dû être que de la gaudriole divertissante beaucoup plus de fond qu’on ne le pense. Mais de quoi parle l’invité ? Pour se donner toutes les chances de rafler ce job de la dernière chance, Gérard invite le DRH à venir dîner à la maison. Affolée à l’idée de ne pas être à la hauteur, sa femme Colette supplie Alexandre, leur voisin, de leur venir en aide. Gourou de la Communication, Alexandre accepte de coacher le couple. Appartement, déco, style de vie, menu, art de la table, tenue vestimentaires, culture générale… Tout y passe jusqu’à ce que – les nerfs à vif, au comble de l’angoisse – notre couple ouvre sa porte à… l’Invité. Le pitch de départ est trompeur, on se pense prêt à partir dans une ambiance de comédie un peu boulevard et pourtant très vite quelque chose se produit allant dans le sens contraire. Se dévoilant via des petits rien, des manies, des doutes et des instants de faiblesses noyés dans le rire, les 3 personnages principaux ont ce truc en plus qui fait que l’on s’identifie assez vite à eux pour le pire comme le meilleur. L’invité ne se plaît pas à étudier le meilleur de l’homme au contraire, l’envie de la pièce est de creuser dans la zone d’ombre, montrer ce que l’on est ou que l’on est prêt à faire à notre époque pour un job. Le problème des seniors étant la toile de fond, la chose prend une tournure particulièrement douce amer quand les masques tombent et que l’on découvre le fin mot de l’histoire. Une expérience particulière où le malaise de fond se cache dans un rire un peu plus grave que prévu. A voir.

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Vérino s’installe- Apollo Théâtre (Paris)

Dans la jungle des artistes de stand-up ou de One Man, il devient de plus en plus compliqué de trouver un artiste qui sort du lot. L’autre soir en allant dans une soirée caritative regroupant bon nombre de nouveaux membres de la scène du stand-up parisien, j’ai eu le plaisir de découvrir pour la première fois verino. J’étais passé plus d’une fois devant son affiche sans m’arrêter, j’avais entendu aussi souvent son nom a la Tv ou à la radio sans pour autant faire l’effort d’aller creuser. Et ce soir-là coup du hasard, Verino fut le premier à ouvrir le spectacle et autant le dire, le monsieur est bon. Il est toujours assez difficile de trouver une bonne balance entre humour cynique tendance hardcore et sketch drôle mais structuré. Verino trouve assez vite cet équilibre une fois sur scène, son texte est bon, son tempo comique allié a un sens de l’impro et du rattrapage de bourde est parfait et l’on ne s’ennuie pas une seule seconde une fois que la machine est en marche. Beaucoup de comiques se copie sur des tics de langages ou des traits d’humours, il y a des figures imposées sur lesquelles Verino s’engage, mais son petit plus est qu’il réussit à y apporter une touche supplémentaire, la sienne, le distançant ainsi de la masse pour s’affirmer comme étant autre chose qu’une simple copie de plus. Drôle, cynique, efficace, difficile de ne pas avoir envie d’en découvrir plus. Première rencontre courte, mais diablement efficace.

Verino est en spectacle a l’Apollo Théâtre (Paris)