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Money de Gela Babluani, argent sale et nihilisme complet…

Money de Gela Babluani est l’une de ces agréables petites surprises que l’on ne voit pas forcément arriver. Nihilise, noir à en crever et passionnant d’un bout à l’autre. Le pitch de cette petite production d’emblée donne le ton : Fatigués de leurs fins de mois difficiles, trois jeunes sans avenir voient l’opportunité de gagner beaucoup d’argent en volant une mallette à un notable du Havre. Sans le savoir, ils viennent de braquer un secrétaire d’État corrompu et de voler l’argent d’une entreprise criminelle. Débute alors, une spirale qui les dépasse complètement. Une fois que l’on a fini de lire la chose et que l’on comprend où l’on met les pieds il est trop tard. On tombe dans le piège de Gela Babluani qui s’évertue à nous faire croire dès le début, tout comme ses héros que l’on maîtrise en partie la situation. Ce n’est pas le cas et le voyage dans l’obscurité que représente Money de Gela Babluani va se faire en laissant des traces. La première chose qu’il faut prendre en compte avec ce film est que nous sommes sur un cas de figure assez éloigné des codes classiques du thriller français récent. Money de Gela Babluani n’en a que faire des codes brossant le public dans le sens du poil.

Du début à la fin de l’histoire, le nihilisme absolument déprimant de l’ensemble pourra en laisser plus d’un sur le carreau. Prenant la misère sociale de la région où se déroule le film comme terrain d’expérimentation, Gela Babluani ne fait rien pour diluer la noirceur du récit. S’engageant dans une voie digne d’un Tarantino maniant avec dextérité une immense galerie de personnages, Money étonne par sa construction. Mais surtout au milieu de la meute d’acteurs, l’un d’eux ressort en particulier dans un second rôle étonnant de par le look qui est le sien. Oui, je parle bien ici de Benoit Magimel qui dans le rôle d’un homme de main possédant un look d’expert-comptable tournant dans des pornos le week end fait froid dans le dos. De là à dire que c’est une de ses performances les plus marquantes depuis quelques films, il n’y a qu’un pas. Gela Babluani trouve à chaque fois l’angle exact pour l’utiliser à bon escient. Loin de ses excès comme dans la série Marseille et affichant une retenue assez marquante Benoit Magimel se hisse dans la tête du peloton des acteurs du film. Mais et même si le casting des premiers aux seconds rôles est exemplaire, ce n’est rien face au travail de Gela Babluani sur ce film.

Money a cette saveur d’antan dans la façon d’aborder la noirceur humaine. Loin de singer les codes hollywoodiens, Gela Babluani ici prend le temps de s’immerger dans le folklore de la France profonde. Avec ici tout ce que cela comprend de misère, d’étude sociologique cimentant les actions des personnages. Nous ne sommes pas dans Strip-tease ou dans un docu, mais juste dans un film prenant le temps de créer et rendre authentique le milieu toxique dans lequel évolue les personnages. En faisant cela dans les règles de l’art quand vient le moment d’y ajouter une surcouche de thriller, le spectateur se retrouve en immersion totale dans le malaise. Et dans ce domaine autant être honnête Money de Gela Babluani n’en manque pas. Intense et réalisé de main de maître pour un budget qui ne semble pas indécent, cette descente en enfer surpasse de loin ce que les autres productions du genre nous donnent en pâture ces derniers temps. Du moins du côté français j’entends. Le film de genre à la française avait connu un âge d’or dans les années 70/80 avant de partir dans l’oubli ou le formatage marketing des années 2000, Money de Gela Babluani lui redonne ses lettres de noblesse en prenant en compte tout ce qui fait sa force. Le point de vue social étant le moteur que beaucoup oublient. Le trio de loosers que nous présente Money de Gela Babluani n’ont rien d’antipathiques, juste des paumés qui se retrouvent pris au piège d’ambitions trop fortes. On dit que l’argent n’a pas d’odeurs, mais dans le cas de ce film, il en a bien une, celle de la poudre et le goût du sang. Une très bonne surprise qui malheureusement risque de passer totalement à l’as au milieu des grosses sorties américaines du moment. A voir.

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Zombillénium, Arthur de Pins ouvre son parc aux monstres…

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et si il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium?

Zombillénium passe de la case bd à succès vers celle de l’adaptation en film. Aux commandes fait assez rare pour être mise en avant toujours le même auteur : Arthur de Pins en duo ici avec Alexis Ducord. Mission impossible pour les deux hommes, faire une transposition sans trop trahir l’esprit de la bd au cinéma. Il y a dans ce challenge quelque chose de casse-gueule et plus d’un auteur a failli y perdre quelques dents dans le processus, mais la bonne nouvelle dans l’ensemble est que ce Zombillénium version cinéma, même s’il est un peu frustrant de par sa très courte durée s’en tire plutôt bien. Agissant plus au final comme un immense pilote de série tv et une origin story sur le personnage d’Hector Sax, le film pourra en décevoir certain sur le traitement qui est réservé aux personnages annexes. Là où la bd qui est encore en cours de développement avec 3 tomes creuse la mythologie, le film a au final des allures de one shot clôturant peut-être de façon abrupte tout ce qu’il a voulu mettre en place pendant sa durée. C’est un choix artistique qui se respecte et offre aux auteurs le challenge de ne pas se perdre en route, mais le revers de la médaille est que la frustration du public grimpe face au fait que les personnages de ce parc sont attachants. On en veut plus et c’est juste quand on arrive au pic d’intérêt du film que celui-ci se clôture. Frustrant, vous avez dit frustrant ?

Pour autant, il faut bien reconnaître que Zombillénium est très loin d’être un mauvais film, la réalisation est bonne, le tempo aussi et des pages papiers de son univers ou bien sur la toile du grand écran Arthur de Pins garde sa patte. Son style si particulier prend vie de la meilleure façon qui soit avec cette 3d. C’est un des points forts du film, il modifie certes l’histoire, mais réussit à garder en grande partie son âme et surtout son identité graphique. Les fans hardcore de la bd trouveront sûrement des choses à dire face au phénomène de synthèse inhérent à ce genre d’adaptations, c’est toujours le cas. Mais la folie qui habite le film a plus d’un titre lui permet d’éviter de se noyer dans la masse des dizaines d’autres productions pour le moins générique. Arthur de Pins avec ce Zombillénium réussit à créer une histoire aussi bien capable de parler au grand public qu’aux adultes accompagnant les enfants. La passion qu’il développe pour ses monstres a quelque chose de sincère et contagieux, c’est ce qui fait l’une des forces du film. Après malheureusement, il reste un point sur lequel il sera difficile de passer. Si vous regardez Zombillénium sans la moindre connaissance de l’œuvre d’origine, la magie prendra sans le moindre mal. Si au contraire vous étiez un fan de la bd et que vous attendiez de retrouver dans ce long-métrage les mêmes petits détails, une légère déception sera sûrement de mise. L’esprit est là certes et l’esprit Arthur de Pins est palpable du début à la fin, mais qui dit adaptation, dit concessions.

Plus grand public, plus lisse et classique, l’histoire a des faux airs de one-shot qui malheureusement ne débouche pas forcément sur grand-chose pour la suite. C’est un poil dommage tant la richesse de l’univers sur lequel se batît l’histoire de Zombillénium est forte. Loin d’être honteux et supérieur malgré tout à pas mal de productions d’animations FR, le film d’Arthur de Pins à pour véritable seul défaut de la jouer « safe » pour plaire au plus grand nombre. A vous de voir si cela suffira à vous faire fuir ce film. Ce qui serait dommage vu le capital sympathie assez énorme de ce petit ovni. A vous de voir.

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Le sens de la fête , le petit bonheur de Toledano et Nakache

Le sens de la fête d’Eric Toledano et Olivier Nakache est un de ces films dont la simplicité et l’efficacité font un bien fou au final. Est-ce que l’on est devant le film de l’année ? Peut-être pas et encore tout cela n’est toujours qu’une question d’interprétation qui fluctue face à chacun. Mais s’il y a bien un point qui est indéniable avec ce nouveau film du duo c’est le bien fou qu’il procure surtout dans cette période où l’on bouffe de la news déprimante H24 dès que l’on ouvre la radio ou la tv. Les âmes chagrines trouveront toujours à redire, mais pour une fois, j’ai envie de dire laissons les hurler et prenons le temps de profiter de ce film. Réaliser un film choral n’est jamais évident, le cinéma français a eu son lot d’échecs, semi-réussites et autres moment de grâce et dans son genre, Le sens de la fête d’Eric Toledano et Olivier Nakache tend plutôt vers la dernière position. Le petit moment où tout s’aligne, l’écriture, le casting, la réalisation. Construit quasiment comme du théâtre, le film déroule sa mélodie sans le moindre accroc, porté par un casting possédant chacun une importance aussi décisive que son voisin dans le grand échiquier des sentiments qui se dévoile. Ou du moins devrais-je dire pour être plus précis, l’échiquier du chaos. Car en l’espace d’une journée et la préparation d’un mariage pour le pire client de la Terre, d’Eric Toledano et Olivier Nakache prennent un plaisir quasi sadique à pousser Jean Pierre Bacri dans ses derniers retranchements et c’est de ce petit jeu pervers que ressort toute la force du film.

Le Sens de la fête ou la délicate mélodie du chaos si l’on suit le déroulé de l’histoire, continue une fois de plus de montrer le talent innée du duo pour jouer avec une multitude de personnages. Les faire passer d’une émotion à l’autre sans que l’on tombe dans le pénible n’est pas évident, mais quand on a Jean Pierre Bacri en lead, j’ai envie de dire comment s’écrouler. Il y a dans cet acteur dix fois plus d’humanité et sens de l’humour qui fait mouche que beaucoup de ses congénères. Le casting dans Le sens de la fête d’Eric Toledano et Olivier Nakache ne fait pourtant pas de détails dans le domaine. Du premier rôle en passant par le second et voir même ceux dans le fond de la salle, on touche au parfait. Et quand je dis cela, la chose peut paraître quelque peu abusive, mais la vérité est aussi évidente que le nez au milieu du visage. Le sens de la fête rentre dans cette petite famille des films qui ne sont pas faits que pour flatter l’égo d’un seul acteur. Film de choral respectant jusqu’au bout des ongles ce que cela implique dans la gestion du temps d’écran, dans la finesse d’écriture et la cadence d’impact des vannes. Tout est pensé comme si ce qu’Eric Toledano et Olivier Nakache nous mettaient sous le nez avait des faux airs de partitions absolument parfaites et d’une certaine manière c’est un peu le cas. Revenons sur l’ensemble des productions du même genre dans le cinéma français et prenons une main (cela suffira) pour voir le nombre de réussites. Je ne vais pas mentir en disant qu’une grande partie de cette main sera occupée par les films d’Eric Toledano et Olivier Nakache. Certes on peut leur reprocher avec Le sens de la fête, de jouer la sécurité. Ils sont avec leur famille d’acteurs, dans une zone où ils sont à l’aise et le résultat s’en ressent. Mais ce à quoi au final j’ai envie de dire et alors ?

Combien de fois, les dernières productions françaises ont commis l’erreur de tomber dans une vulgarité crasse pour parler à un public jeune, de s’enfoncer jusqu’à couler dans des chausse-trappes médiatiques ? Rendant du coup l’intégrité même de leur film complètement caduque, la liste est longue. Trop longue même. Eric Toledano et Olivier Nakache avec Le Sens de la fête prennent juste le parti de faire du bien, de respecter d’une certaine manière l’intelligence du spectateur et de se faire eux aussi plaisir en respectant leurs acteurs. L’émulsion entre ces deux extrêmes est la base du succès du film. Sincère d’un bout à l’autre et nettement au-dessus de la meute de ses autres concurrents sur tous les niveaux, Le Sens de la fête est un vrai plaisir. Le genre de petite recette parfaite où tous les ingrédients fonctionnent à merveille les uns avec les autres sans jamais que le spectateur finisse avec une indigestion. C’est aussi festif qu’humain et l’on en sort le sourire aux lèvres. Que demander de plus ?

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Coexister, la religion version Fabrice Eboué…

Sous la pression de sa patronne, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…

Quand on regarde le pitch de départ de Coexister et que l’on connaît l’humour pour le moins corrosif de Fabrice Eboué, on se dit que l’on avance sur un terrain miné. Que le risque de voir la chose nous exploser au visage assez rapidement est très forte. Mais d’un coup, alors que l’on craignait le pire, le miracle se produit et Coexister réussit à faire rire et pas qu’un peu. Il est pourtant bon de préciser que si vous êtes un religieux catho, juif ou musulman plutôt pas trop ouvert sur la déconne, le film va vous faire grincer des dents. Pourquoi ? Tout simplement du au fait qu’il contient certaines des vannes les plus hardcore de l’année sur la religion. Tout le monde en prend pour son grade, juif, catho et musulman. Fabrice Eboué ne cherche pas à ménager qui que ce soit et c’est ce qui rend au final le film sympathique. Mais aussi bonne que soit les blagues du film, s’il n’avait pas eu un casting parfait devant la caméra tout cela aurait très vite pris l’eau. Coexister possède heureusement un trio d’acteurs tout simplement parfait dans cette histoire au demeurant pourtant très casse gueule. Guillaume de Tonquédec, Ramzy Bedia et Jonathan Cohen portent le film du début à la fin en s’en donnant littéralement à cœur joie pour exploser les barrières du bon goût autour de leur personnage. Et dans le domaine, la véritable révélation est bien Jonathan Cohen.

Son personnage de rabin dépressif et border-line qui tente de retrouver un sens à sa vie est tout simplement magique. L’écriture de Fabrice Eboué aussi bien pour ce personnage que les autres d’ailleurs se permet tous les excès et le plus surprenant dans l’histoire est que la plupart du temps, cela fonctionne bien mieux qu’on ne pouvait le penser. L’humour très violent de Fabrice Eboué qui est sa marque de fabrique d’ailleurs risque de ne pas être du goût de tout le monde, mais dans une époque où la religion cristallise toutes les formes d’intolérances ou de haine, il est bon de voir un auteur s’attaquer au problème de front et avec un humour qui fait mouche la plupart du temps. Alors que les choses soient claires, l’ambition de Coexister n’est pas d’être un drame à la française moralisateur au possible. Non, loin de là. L’idée est de faire rire et entre les lignes essayer de glisser un message d’ouverture. La pertinence de ce dernier est ouvert à débats et tout le monde aura son mot à dire, mais s’il y a bien un domaine précis où Fabrice Eboué fait mouche, c’est celui de l’humour. Féroce et pourtant humain, Coexister est l’antithèse de toutes ses comédies lourdes et grand public abordant les problèmes sociaux que l’on voit fleurir sur nos écrans. Là où ces dernières n’étaient bien souvent que vulgaires aussi bien sur le front de l’écriture que de la réalisation, Coexister sans révolutionner le genre réussit à mettre en place une identité propre et surtout démontre l’envie du réalisateur de parler de quelque chose de commun… mais avec un point de vue sortant des sentiers battus. Le résultat est sans appel.

Coexister au final est à la fois totalement dans l’air du temps ainsi que fondamentalement con et jouissif dans son aspect rentre-dedans. Ce qui en bout de course ne peut que le rendre totalement indispensable. L’humour hardcore de Fabrice Eboué en laissera certains sur le bord de la route en hurlant, mais ce n’est pas bien grave. Les autres prendront le risque de sauter dans le train en direction d’un des plus gros délires de 2017 pour l’instant. Et accessoirement la confirmation que sous la direction du bon réalisateur Audrey Lamy ainsi que Jonathan Cohen sont des véritables Rolls Royce de l’humour noir. Et même si je pensais au départ que la chose allait être d’une lourdeur effarante, je suis vraiment ravi d’avouer que j’avais complètement tort. Coexister est une excellente surprise délicatement border-line. Et cela fait du bien.

 

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Jour J, Reem Kherici plonge dans l’univers de la Rom com

Mathias et Alexia sont en couple depuis des années, et pour la première fois, il la trompe avec Juliette, une wedding planer… Quand Alexia découvre la carte de visite de Juliette dans la poche de Mathias, il perd ses moyens, il bafouille… Elle comprend tout de suite : Juliette est une organisatrice de mariage, il veut donc l’épouser ! Elle dit « OUI ». Sans le vouloir, Mathias va se retrouver au milieu de sa « femme » et de sa « maîtresse », contraint d’organiser son mariage imprévu !

Jour J rentre dans cette catégorie des petites comédies romantiques que l’on jugera souvent à tort comme anecdotiques. Est-ce que le but premier de Reem Kherici avec ce film était de créer le Nothing Hill Frenchy ? Je ne pense pas et même si effectivement la structure narrative de l’histoire est terriblement classique, cela n’empêche pas l’ensemble d’être agréable. En effet, construisant son histoire sur un échiquier des sentiments connu, Reem Kherici trouve du coup le temps de s’intéresser un peu plus à ses personnages principaux et secondaires et de côté précis, Jour J est délicieux. Que ce soit avec François Xavier Demaison lunaire ou Chantal Lauby en mère gaffeuse et alcoolique, l’histoire laisse une place assez massive a son bestiaire de personnages pour exister sans le moindre mal. C’est l’une des forces du film de Reem Kherici, Jour J réussit à trouver en effet cet équilibre qui parfois vient à manquer à d’autres comédies du même genre. Drôle et rythmée le film ne perd pas franchement de temps sur les à côtés et cela joue en sa faveur. Mais ce qui est la plus sympathique surprise du film tient dans ce contre-emploi offert à Nicolas Duvauchelle qui loin des rôles pour le moins lourd ou dramatiques se retrouve ici dans la peau d’un romantique gaffeur. Et le miracle se produit, celui de l’alchimie avec sa partenaire et réalisatrice. Le duo Reem Kherici et Nicolas Duvauchelle est le vrai point fort de ce petit film.

N’importe quelle comédie romantique ne sachant pas respecter l’équilibre entre les leads et les rôles secondaires volent en éclats assez rapidement. Je vais passer sous silence la liste des derniers exemples, cela nous prendrait trop de temps. Mais une fois de plus et c’est tout à l’honneur de Reem Kherici dans son parcours de réalisatrice, elle prouve avec une sincérité assez désarmante et une vraie envie de faire de la comédie sans facilité aberrante qu’elle a tout simplement ce petit plus pour le genre. Les comédies romantiques françaises de nos jours deviennent rares et bien souvent horriblement formatés. Il est du coup d’autant plus agréable d’en voir une qui d’un côté remplit certes un cahier des charges imposé, mais n’oublie pas en plein milieu de ces dites obligations de pervertir quelque peu le système pour finalement imposer ce supplément d’âme. Ce bonus qui finit par la différencier du reste. Jour J n’a rien d’un grand film, mais dans la cohorte des comédies françaises qui se vautrent dans une vulgarité crasse et surtout une vision assez puante de certains aspects de la société, la vision des choses de Reem Kherici fait du bien. La simplicité a parfois des avantages et quand elle est mise en duo avec une vision artistique qui ne se perd pas en route, cela donne naissance a de bonnes surprises.

De plus ne serait-ce que pour les coupes de cheveux particulières de François Xavier Demaison, le côté hystérique de Sylvie Testud ou Chantal Lauby, qui s’en donne à cœur joie dans le rôle de cette mère aussi adorable qu’insupportable, Jour J fait plus que remplir ses attentes. Reem Kherici avec son dernier film en plus de Paris à tout prix se taille tranquillement et sans faire trop de bruits une belle place en tant que réalisatrice à suivre dans le domaine de la comédie. Le regard féminin qu’elle apporte a ce genre permet à ce dernier de retrouver ce petit supplément de douceur ou juste de finesse dans le traitement des sentiments qu’il pouvait avoir perdu avec la nouvelle génération masculine. Pas de balgues scatos, racistes ou j’en passe ici dans Jour J. Juste une vraie petite comédie romantique avec ses forces et ses faiblesses, mais assez de puissance sous le capot pour tenir du début à la fin sans vous perdre en route. C’est déjà pas mal. Bonne surprise.

 

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Seven Sisters, Noomi Rapace puissance 7

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement…

Lors des premières vagues de news concernant ce Seven Sisters, j’avais eu un doute. Tommy Wirkola n’étant pas forcément mon réalisateur favori de l’univers, je finissais par me demander si la chose allait flirter avec de la qualité ou les bas-fonds du nanar. En gros, symptôme classique, je me faisais une idée avant même d’avoir vu le film. Et maintenant que c’est le cas, je peux dire en grande partie que j’avais tort. Oui, Seven Sisters n’est pas exempt de défauts. Le scénario repose sur des bases un peu tirées par les cheveux, le twist de fin est un peu énorme et Glen Close nous fait une prestation digne d’un Bruce Willis des mauvais jours. Mais, l’ensemble s’avère bien mieux rythmé et prenant que je ne le pensais au départ. Tommy Wirkola réussit en duo avec Noomi Rapace qui s’en donne à cœur joie dans ces 7 rôles différents à imprimer une tension assez intense à l’histoire. Et pour cela il a recourt à une astuce assez inattendue dans ce genre de canevas narratif… celle d’être tout simplement sans la moindre forme de pitié avec ces héroines. Seven Sisters est aussi drôle par instants que décalé dans d’autres et d’une cruauté assez monstrueuse par d’autres. C’est ce qui fait la force du film lui permettant du coup de se hisser dans le haut du panier des séries B récentes.

Tommy Wirkola n’est pas Spielberg ou Fincher dans sa maitrise mixant réalisation au couteau et scénario sans failles. Du coup, oui ce Seven Sisters si l’on s’éloigne de la performance même des 7 sœurs qui n’en sont qu’une… peut faire que l’on va trouver à redire. Mais si l’on reste sur le cœur du film, cette enquête que mène les sœurs pour retrouver l’une des leurs dans ce monde en ruine, il y a quelque chose d’intéressant et à plus d’un titre. Ne serait-ce qu’au niveau humain. Chacune doté d’une personnalité particulière on s’attache très vite à ses héroïnes, poussant le curseur de l’empathie jusque dans ses derniers retranchements. Ce qui ne rend encore que plus cruelle la tonalité très sombre du film. Car en effet, loin de l’ambiance simpliste des récits Hollywoodiens, Seven Sisters cache derrière son côté blockbuster bourrin une noirceur à tous les niveaux qui est assez surprenante. D’un point de vue sociétal et l’image de l’humanité qu’il décide de dépeindre, Seven Sisters mixe les maux du passé avec les dangers de notre futur. La surpopulation, les solutions pour le moins radicale pour résoudre ces problèmes. Tout est présent dans ce film, pas forcément toujours de façon ultra adéquate, mais cela contribue à faire en sorte que Seven Sisters finisse par trouver une sorte d’équilibre lui donnant en bout de course une aura. Le petit truc en plus faisant qu’il se dénote de la masse.

Et d’une certaine manière, c’est bien plus que ce que je n’attendais de ce film. La présence de Tommy Wirkola à la réal et le manque de promo le concernant ne me vendaient pas du rêve, mais pourtant, Seven Sisters réussit son coup. La nervosité de l’ensemble et le côté décomplexé du sadisme qui habite le film lui donne un certain charme pour le moins particulier. Ce qui est une belle surprise en bout de course. Une très sympathique série B, imparfaite certes, mais très fun quand même.

 

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Gangsterdam, Retour express sur un Ovni honteux…

Gangsterdam de Romain Levy au-delà d’être tout simplement un très mauvais film est une énigme. Du genre de celles qui n’ont de cesse de revenir encore et toujours dans le champ de vision du spectateur de comédies en France. Le genre que l’on peut résumer dans une simple question « Mais pourquoi avoir produit ce truc ». On ne va pas remettre l’abécédaire des débats entourant ce film sur la table, d’autres l’ont déjà fait en détail, mais cela n’empêche pas malgré tout de se demander ce qui a bien pu se passer dans la tête des 4 scénaristes (oui, ils sont 4…) du producteur ou bien même de Kev Adams pour se lancer dans l’aventure. Je n’ai rien contre le cinéma trash, ce n’est pas mon domaine favori, mais si la chose est bien écrite et réalisé, on peut se laisser emporter. Or, jamais Gangsterdam de Romain Levy ne met une seule de ses qualités sur la table. Nous sommes d’une minute à l’autre dans les tréfonds du malaise. Racisme, homophobie, viol et j’en passe. Tout est passé en revue en espérant faire rire, sans jamais que cela ne provque autre chose qu’un immense et poisseux malaise. Pas le genre qui se dissipe rapidement, non, celui qui dure et dont toutes les têtes pensantes en coulisses n’ont qu’une envie : celle de l’entretenir.

Gangsterdam de Romain Levy, c’est un peu comme le délire d’un petit-bourgeois blanc du 16e qui après une année à se faire frapper revient à la rentrée suivant habillé en Gangster, parlant un langage qu’il ne maitrise pas et s’enfonçant dans les limbes d’un humour qu’il est le seul à trouver drôle. La mise en scène du film est inexistante. Là où Radiostars (sous l’impulsion salvatrice de Clovis Cornillac et de Manu Payet) possédait un tempo furieux et une réalisation propre on se demande ce qui est arrivé ici. Gangsterdam de Romain Levy est un téléfilm, tout n’est que factice. Des millions d’euros au compteur pour un résultat qui laisse perplexe. Le scénario est consternant d’un bout à l’autre et d’une façon presque perverse c’est ce jusqu’au-boutisme crasse dans la bêtise la plus profonde qui le rend fascinant. C’est assez rare d’assister à un naufrage, ces moments où l’on est en face de quelqu’un qui est certain d’être dans son bon droit et que ce qu’il dit ou réalise fait sens et que personne autour de lui ne le raisonne. C’est un peu le cas ici avec Romain Levy, d’un espoir prometteur avec Radiostars, il montre avec ce Gangsterdam que tout le bien que l’on pouvait penser de lui n’était pas si fonder. Immature, offensant, mais surtout dénué de la moindre ambition cinématographique, Gangsterdam est l’un des ces Ovnis que le cinéma FR aime de plus en plus offrir au public pensant que c’est ce qui lui convient. C’est assez consternant quand on se dit que l’image que ces producteurs ont du public est au final en grande partie fausse. Le bide du film étant heureusement là pour le prouver. Même avec la meilleure volonté du monde, il n’y a strictement rien à sauver dans ce Gangsterdam. Maintenant reste à espérer pour Romain Levy que ce bide public et artistique lui permette de se recentrer et de revenir vers autre chose de plus intéressant. S’il en a encore l’énergie, histoire de ne pas faire croire qu’au final Radiostars n’était qu’un gigantesque coup de chance. On se pose la question…

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Valérian et la Cité des mille planètes- Critique du film

Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson est un peu l’un de ces films que l’on ne doit pas critiquer sous peine de passer pour un as du Besson Bashing. Ou alors d’entendre qu’il faut respecter l’effort et que c’est rare en France… enfin je vous passe tout le détail. Alors commençons par le bon, oui, par instants, Valérian est un film sublime le plaçant au-delà du lot des productions Fr (mais bon avec 200 millions de budgets, Weta et ILM aux effets spéciaux c’est normal.) Oui, d’une certaine manière si l’on n’est pas trop regardant, cela se laisse regarder. Mais est-ce que cela nécessite pour autant de passer sous silence l’immensité des défauts qui s’accumule dans ce film ? Je ne remets pas en cause l’amour de Luc Besson pour le projet. Mais tout comme Christophe Ganz avec le pacte des loups à l’époque, cette passion se transforme vite en un délire égocentrique avec strictement personne n’ayant envie de dire au commandant qu’il va droit dans le mur. Avec une durée de près de 2h20 au compteur Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson peine à trouver un rythme correct. S’éternisant sur des détails, zappant des zones à développer et recyclant des idées du 5e élément, le film est un fourre-tout misant tout sur son aspect visuel plus que sur son scénario. Il n’est pas le 1er et sûrement pas le dernier. Mais les autres dans la plupart des cas avaient l’avantage d’avoir un casting solide pour faire passer la pilule. Et c’est ici que l’on touche du doigt le vrai gros problème (avec la mise en scène de Besson) le casting du film…

Dane DeHaan et Cara Delevingne possèdent une alchimie inexistante. Valérian est un horrible beauf de l’espace draguant avec une lourdeur pénible sa partenaire et elle se retrouve a jouer l’archétype de la fausse femme badass tombant malgré tout amoureuse de ce lourd. Ce qui frappe et même si visiblement sur ce point c’est une adaptation directe de la bd, est que Luc Besson n’est pas fait a minima une retouche sur ce point précis. Ni Valérian, ni Laureline ne sont fondamentalement intéressants. La faute à l’écriture dans le scénario mais surtout à l’interprétation des acteurs. L’intégralité du casting présent dans le film semble soit s’en foutre et cachetonner ou bien être naturellement en roue libre. Luc Besson enchaîne les séquences massives les unes après les autres et jamais ces dernières ne réussissent pleinement à provoquer l’effet voulu. Soit trop longues, soit mal joué par ces acteurs principaux ou mise en scène sans véritable folie, il y a toujours quelque chose d’étrange dans ce Valérian. Et le casting approximatif de Dane DeHaan et Cara Delevingne ne fait rien pour arranger les choses. On en vient à se demander ce qui a pousser Besson a une fois de plus vouloir tout contrôler du début à la fin. Avec le temps qui passe, Luc Besson est malheureusement au niveau créatif devenu une George Lucas. Un homme d’affaires devant répondre aux impératifs financiers qu’engendre son empire. Ce qui laisse une place assez anecdotique à la créativité. Et sur ce point précis, cela se ressent énormément dans Valérian et la Cité des mille planètes.

Tout était pourtant en place et l’on voyait mal comment la sortie de route était possible. Et pourtant. Enchaînant les faux pas, Valérian et la Cité des mille planètes passe en partie à côté de son potentiel. Point de départ d’une saga intergalactique, le film peine à développer et structurer son univers, mais surtout ne dispose pas de héros suffisamment bien écrit pour que l’on veuille ou puisse s’attacher à eux. Et du coup arrive ce qui devait arriver, on se retrouve avec un produit clinquant en apparence, mais qui révèle des drôles de bruits sous le moteur dès qu’on le fait un tant soit peu monter en puissance. Venant d’un réalisateur dont l’histoire est aussi forte dans ses débuts, il devient de plus en plus dommage de voir combien toutes ces nouvelles créations donnent l’impression de tourner à vide. Valérian et la Cité des mille planètes de Luc Besson n’est pas différentes des autres, moins con que Lucy, le film n’en est pas moins en grande partie vide de l’intérieur. Dommage…