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A Day, un jour sans fin made in Corée…

De retour d’un séminaire, Jun-young assiste à un accident de voiture. Parmi les victimes se trouvent sa fille Eun-jung ainsi qu’une autre jeune femme, conjointe d’un ambulancier prénommé Min-chul. Jun-young et Min-chul vont être pris dans une boucle temporelle.

A Day de Cho Sun-ho n’est pas forcément un film évident à définir pour les spectateurs européens que nous sommes. La différence entre nous et la Corée est que le cinéma qui est le leur aime mélanger tous les styles dans une mélodie qui parfois pour nous tourne à la cacophonie indigeste. Cela ne fonctionne pas toujours, mais quand c’est le cas la magie prend et c’est en grande partie le cas avec ce A Day de Cho Sun-ho. À la fois, drama, thriller, film fantastique et mélo typiquement coréen, le film n’hésite pas à surprendre et ne jamais aller vraiment là où on l’attend. D’ailleurs, je ne me fais pas véritablement d’illusion, je m’attends à ce que d’ici quelques mois ou un an au maximum Hollywood annonce la mise en chantier d’un remake. Il est vrai que la base du film, cette boucle temporel sujet universel et cette histoire d’un père prêt à tout pour sauver sa fille peut marcher d’un pays à l’autre. Il sera intéressant de voir comment si remake il y a Hollywood adaptera le film. Perdra-t-il en route de sa simplicité et à la fois de son ambition ? Bonne question, car malgré les apparences trompeuses du départ, A Day de Cho Sun-ho n’est pas vraiment ce que l’on peut attendre. Thriller fantastique, mélo dramatique et film sur la rédemption tout passe à la moulinette pour aboutir à quelque chose d’assez surprenant.

Typiquement coréen dans sa forme, A Day de Cho Sun-ho aspire toutes les idées de cinéma occidentales, les digère et pourtant réussit à ne pas être une photocopie sans âmes. Jouant sur la carte du thriller fantastique pour parler à un large public, le film switch assez vite sur le drame humain en élargissant son point de vue sur bien plus de personnages que l’on ne pouvait le penser. Cela demande une attention certaine et ce dès le début, mais quand le puzzle se met en place, on réalise combien la finesse du travail d’écriture de A Day de Cho Sun-ho frappe en plein cœur. Le mystère qui nous est offert dès le départ s’avèrant très vite bien plus complexe et pas que sur l’aspect course contre la montre d’un père voulant sauver sa fille. Sans spoiler le film dans son dernier tiers dévoile un twist assez inattendu qui fait basculer pleinement l’histoire dans le drama humain. Le tout en reconnectant d’un coup de maître le spectateur avec l’aspect humain qui planait au-dessus de sa tête depuis le début à savoir la rédemption. Tout le film A Day tient sur ce postulat aussi universel que profondément casse-gueule. Je dis cela en mettant bien en avant que c’est typiquement dans ce dernier acte que le film prendra pour vous toute sa force ou bien volera en éclat. Typiquement coréen dans son ADN et sa construction, le final du film respecte les obligations en vigueur dans le cinéma de ce pays.

Connectant chacun des personnages et toutes les histoires les unes aux autres, A Day de Cho Sun-ho prend le parti au lieu de terminer dans la surenchère comme Hollywood pourrait le faire de ne se focaliser que sur l’humain. C’est aussi minimaliste que touchant et le contre-pied final dans les choix qui sont ceux des personnages principaux de l’histoire touche en plein cœur. Cela peut sembler exagérer en disant cela, mais l’implication que le spectateur a finie par avoir pour ces personnages et ce depuis le début du film finit par payer. A Day de Cho Sun-ho en combinant 4 storyline en une seule autour d’une notion de pardon et de choix moraux que l’on peut imaginer insurmontable pour les pékins que nous sommes. En effet au final la grande question du film est que seriez-vous prêt à faire pour sauver votre femme ou votre enfant et surtout assumerez-vous quoi qu’il arrive vos actes. Une question simpliste en apparence mais dont les ramifications finissent par toucher quasi-tout le monde. Maintenant reste à voir jusqu’où ? Dans mon cas, une fois j’ai cédé aux codes du cinéma coréen et finis l’histoire avec une certaine forme de beauté ou juste de simplicité et de poésie. Le mélange des genres était improbables et pourtant il fonctionne à merveille. Une petite pépite en provenance de Corée.

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Resident Evil: Vendetta, la saga continue encore et encore…

Resident Evil: Vendetta est un film réalisé par Takanori Tsujimoto, un homme qui se retrouve avec la lourde tâche sous couvert de film d’animation de faire oublier toutes les errances stylistiques de Paul Ws Anderson dans la version cinéma de la chose. Pas évident vous allez me dire et je réponds que vous avez raison. Et alors que l’on se mettait à croire à un miracle après quelques minutes de films, du genre à nous laisser penser qu’à défaut d’avoir un grand film sous le coude, on allait avoir un divertissement honnête tout s’écroule. Pas un peu, énormément. C’est bien simple, il n’y a dans le fond pas vraiment de différence entre les films cinéma et ce Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto. Le scénario est aussi mauvais, la roue libre aussi forte et l’impression de regarder de la bouillie toujours aussi forte. Tout comme les Transformers ou d’autres sagas qui peinent à trouver quoi dire de nouveau, Resident Evil patine et recycle encore et toujours. Que ce soit dans les jeux vidéos, les films ou les animes, c’est la même histoire sous différentes formes qui ne cessent de revenir. Wesker n’est plus là ? Pas de soucis, on mettra un nouveau personnage lui ressemblant mais avec un autre nom. Le scénario est trop compliqué pour vous ? Pas de soucis, on va mettre d’énorme séquences d’actions au milieu pour permettre à votre cerveau de se reposer.

Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto offre tout et son contraire mais toujours dans l’excès. Le scénario est écrit en dépit du bon sens, donnant de l’exposition sous la forme la plus primaire qui soit à des personnages principaux. L’action est ici une sorte de gonzo indigeste de tous les délires badass du moment. C’est bien simple, les personnages principaux Leon Et Chris deviennent des clones de John Wick ascendant ninja. Au fur et à mesure que l’action s’allonge, la 3d qui dans le 1er tiers du film était très correcte devient de plus en plus banal, le tout jusqu’à finir littéralement dans les cordes en dernière partie.  Ce choix de l’animation pour continuer la saga offrait aux équipes en charge la possibilité d’amener plus simplement Resident Evil vers la noirceur lui manquant au cinéma. Il n’en sera rien. Tout aussi mal écrit et réalisé sans vrai ligne conductrice, Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto n’est au final rien de plus qu’un énorme délire. Une sorte de gonzo de l’ultra violence sans fond, un grindhouse au pays des zombies, le tout en roue libre. Non, ce n’est pas forcément pire que le dernier film de la saga au cinéma ? Mais ce n’est pas non plus au dessus du lot. A choisir entre les deux, je préfère encore regarder Resident Evil: Vendetta de Takanori Tsujimoto et ses séquences d’actions débiles, mais lisible que celle de tous les films Resident Evil de Paul Ws Anderson. Mais dans un cas comme dans l’autre, vous êtes face à un choix simple, la peste ou le choléra ? Il y en a juste un qui cache mieux son jeu que l’autre. Totalement dispensable.

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Lost in The Pacific, la nouvelle définition du nanar ultime…

Lost in the Pacific rentre dans cette catégorie de films où l’on finit par avoir du mal à trouver des mots pour expliquer l’immensité de la débacle qui se joue devant nos yeux. Allez, autant être honnête, il s’agit sans le moindre doute d’un des pires films que j’ai vu depuis au minimum 5 ans. C’est bien simple, il n’y a rien qui fonctionne… et quand je dis rien, c’est encore au-dessous de la vérité. Lost in the Pacific est une catastrophe ambulante accumulant les incohérences et les choix de réalisations tenant de la blague la plupart du temps gênante. Et au milieu de tout ce foutoir, on retrouve Brandon Routh, celui qui a une époque fut Superman chez Bryan Singer avant de disparaître et revenir en grâce via la série « Legends of Tomorrow ». On se demande d’ailleurs au-delà de l’appât du gain ce qui a pu le pousser à se lancer dans cette production chinoise au rabais. Tant cette dernière n’a rien à offrir. Que ce soit dans son casting, sa réalisation, ses effets spéciaux et accessoirement le plus important son scénario. Car, même si l’on aimerait le laisser dans la zone d’oubli qu’il mérite, il faut bien s’arrêter quelques secondes pour parler de ce truc incohérent qui sert de scénario à Lost in the Pacific.

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Mais il est où le scénario du film?

Alors pour faire simple… Le film tient autour du pitch suivant : Un pdg dont la compagnie est en difficulté financière mise sa survie sur son dernier projet, un avion de croisière grand luxe. Il organise pour cela un vol d’inauguration avec des vedettes et sponsors potentiels… et accessoirement son fils qu’il n’avait pas vu depuis 5 ans. Un problème moteur fait s’arrêter l’avion sur une île perdue… qui a été envahie par des chats mutants qui sont une arme du gouvernement tomber entre de mauvaises mains (oui je sais…), la situation dégénère et les cadavres commencent à pleuvoir… mais heureusement, on découvre que le cuisinier maladroit et rigolo de l’avion (Brandon Routh) est en fait un ex Seals qui suite au trauma d’une opération ayant fini en carnage a décider de tout abandonner pour la cuisine (Oui je suis sérieux…). À partir de ce moment, histoire de rajouter une autre couche de douleur à la chose, le scénario rajoute deux personnages de mercenaires perdus sur l’île et massacrant des chats mutants. L’un d’eux d’ailleurs étant une version (parodie porno) de Wesker dans Resident Evil… Il faut beaucoup de patience et de courage pour finir ce film. La raison est simple, très vite et quand je dis cela, j’entends par là au bout d’a peine 20 minutes, tout le monde a compris que ce film ne sert à rien et plus personne ne fait le moindre effort.

Composé à moitié d’un casting d’acteurs chinois se forçant à parler anglais en phonétique, la chose tient du bad-trip permanent. Voir même de l’ascenseur émotionnelle vers l’enfer. C’est rare de voir un film qui assume pleinement sa nullité et semble vous faire des doigts d’honneur en permanence. Une sorte d’Ovni incompréhensible, un délire nihiliste qui n’a pas le moindre sens et qui pourtant s’affiche à la face du monde. A vous de voir si vous avez le courage de repousser les limites de votre endurance, mais gardez en tête que cela reste du temps de vie que vous ne reverrez jamais. Il y a peut-être mieux à faire justement…

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Opération Mekong, Dante Lam fait son Bad Boys 2…

Operation Mekong de Dante Lam est inspiré d’une histoire vraie. Dans le jargon cinématographique, cette quote est généralement un gentil fourre-tout où les scénaristes finissent rapidement par s’essuyer les pieds sur la véracité des faits. Et dans le cas présent, vu que la chose m’était inconnue, autant dire que dans le fond cela m’en touche une sans remuer l’autre. Et ce fut d’ailleurs sûrement la raison pour laquelle j’ai pris autant de plaisir devant ce pétage de plomb en règle de la part de Dante Lam. Car, comme dit plus haut, il ne faut pas s’attendre à un film sérieux de par sa mention « histoire vraie », très rapidement, Opération Mekong dévie vers le blockbuster badass et radical ou Dante Lam se fait plaisir en enchaînant des morceaux de bravoures et scènes d’actions qui renvoient dans leur pré carré beaucoup de réalisateurs américains maître du genre. Oui, Michael Bay c’est bien de toi que je parle. Ici Dante Lam livre un récit qui tient autant de Call of Duty, The Expendables et Bad Boys 2 pour l’inventivité, la violence et la nervosité absolue. Oui, dès que l’action retombe, les défauts du film sautent au visage et surtout les acteurs qui s’avèrent dans l’ensemble assez mauvais dès que la mélodie des balles fait place à celle des mots… Mais, va-t-on réellement voir ce film pour la parlotte ? Autant être honnête, non ! On attend avec impatience que Dante Lam reprenne le contrôle de nos esprits en y distillant sa magie vaudou en termes de réalisations et de ce côté précis Opération Mekong ne déçoit pas un seul instant.

Le gros point fort du film de Dante Lam est que là où un blockbuster américain enchaînera des courtes ou moyennes séquences d’actions, Dante Lam appuie sur l’accélérateur à tous les niveaux, le nombre et surtout la durée. Que ce soit une fusillade dantesque dans un centre commercial, une poursuite sur l’autoroute avec des 360 degrés via la caméra autour des voitures, il se permet tout. Et le plus drôle est que cela fonctionne quasi tout le temps. Oui, le film est ultra-violent et sans la moindre pitié. Chez Dante Lam, si l’on est en âge de porter un flingue et de s’en servir contre quelqu’un il faut s’attendre à ce que la réciproque fonctionne. On vit par le canon qui nous tuera en bout de course. On n’est pas le moins du monde dans un blockbuster américain. Le bodycount en laissera plus d’un en PLS, car à la différence d’un film à la expendables ou Bad Boys 2 où la violence même classée R est désamorcée par l’humour, ici il n’en est rien. Dante Lam réussit à faire accepter la violence excessive, car comme Peckinpah, il sait la mettre en scène. Il n’a pas la moindre envie de l’amoindrir. Les cadavres pleuvent et l’on continue pourtant l’aventure sans broncher. Non, sur la partie véridique de son histoire, Opération Mekong n’a pas vraiment d’intérêt, vu que là encore à moins d’être connaisseur de l’histoire des guerres de gangs et du trafic de drogue en Asie, cela ne vous dira rien. Mais quand on en vient à la partie mise en scène, il s’agit clairement d’une autre mélodie. Où Dante Lam montre sans faiblesses qu’il est toujours un maestro du genre.

Là où John Who abordait ses gunfights comme des balets, que Johnie To filme cela avec un minimalisme sec appuyant bien la rapidité avec laquelle la mort vous tombe dessus dans ces situations, Dante Lam apparaît comme le Michael Bay asiatique. Le sale gosse qui aime éclater le château de sable des enfants dans le parc et traumatiser les bonnes sœurs de la morale au passage. Oui, le film est assez con volontairement ou non dans certaines séquences, surtout le final… mais là encore on peut y voir une volonté de casser les codes en vigueur chez l’oncle Sam en accomplissant un tabou sans pitié que même l’un des Call of Duty n’avait pas voulu tenter pourtant avec la même séquence. Dante Lam encore une fois s’en moque et livre sa vision des choses. Opération Mekong est un véritable récital du chaos, c’est bourrin, excessif, généreux et complètement con. En gros, c’est presque magique pour peu que l’on accepte de se laisser emporter dans le délire sanglant de Dante Lam.

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Godzilla Resurgence, retour raté sur les origines du monstre…

Godzilla Resurgence est un film quelque peu étrange que l’on peut voir comme une sorte de crise d’orgueil de la part du 7e art japonais face à Hollywood. Une sorte de retour sur le devant de la scène pour dire une seule et unique chose : Godzilla nous appartient. En soit la chose est honnête et compréhensible. Godzilla est un mythe du cinéma japonais depuis des décennies, mais il a aussi fini par transcender ce statut pour devenir une sorte d’icône pop. Passant par là même au-delà de son discours d’origine sur les ravages du nucléaire et le rapport si particulier que le Japon a avec cette phase douloureuse de son histoire. On peut reprocher beaucoup de choses à la dernière version US de Godzilla , mais elle essayait au moins de renouveler le genre et surtout d’être un véritable objet cinématographique. Godzilla Resurgence rentre-t-il dans cette case ? J’ai malheureusement envie de dire non et ce pour plusieurs raisons. Le rythme du film, le montage du film, la mise en scène du film et accessoirement le scénario histoire d’enfoncer le clou. La liste des problèmes est longue comme le casier judiciaire d’un criminel et au fur et à mesure que le film se déroule sous nos yeux, le poids de ces erreurs devient de plus en plus lourd à digérer.

Godzilla Resurgence possède d’emblée un énorme souci, ce point précis qui fait chavirer l’édifice. En effet, le film ne sait tout simplement pas ce qu’il veut être, un pseudo-faux reportage, un documentaire sur l’édifice politique japonais vu de l’intérieur en temps de crise, un blockbuster ? Tout est balancé au visage du spectateur dans une espèce de mélange indigeste qui se retrouve massacré littéralement par la mise en scène et le montage. Ce dernier point en particulier ne faisant que mettre encore et toujours en avant les énormes problèmes de rythme du film. Les cut audio les plus abruptes de l’histoire se retrouvent dans Godzilla Resurgence laissant bien souvent le spectateur perplexe face à ce qui se cache derrière le simple effet de style. Mais ceci n’est en effet que la partie visible de l’iceberg. Godzilla Resurgence ne possédant pas vraiment de personnages centraux marquants peine à intéresser sur la longueur. Un film choral demande à ce qu’au minimum certains rôles ressortent plus du lot… ici tout le monde est logé à la même enseigne et quand je dis tout le monde, j’inclus Godzilla dans le lot.

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Godzilla Resurgence est une sorte de reboot, une origin story a la sauce 2016 reprenant le mythe du monstre… et son impact dans la culture japonaise. Tout ce que l’on voit ici semble ressortir des vieux films d’antan. Le monstre à l’exception de quelques plans assez beaux est malheureusement assez souvent ridicule, mais surtout est utilisé en dépit du bon sens. 80 % du film tourne autour de rôles sans intérêts représentant la population scientifique et politique du pays, le tout shooté comme dans un reportage en temps réel. Il faut être honnête, la chose finit très vite par être frustrante au possible, difficile d’accrocher à qui que ce soit ou quoi que ce soit vu que le film part dans tous les sens. Et la sentence tombe assez vite… on s’ennuie ferme. Le coup final dans l’édifice réside dans le discours plein de rancœurs du Japon face aux États-Unis proposant de larguer une bombe nucléaire sur Godzilla pour régler le problème. Dès ce moment précis, le film se perd dans une digression politique qui certes compréhensible d’un point de vue historique sent la naphtaline aujourd’hui. Et c’est bien d’ailleurs le vrai problème de ce Godzilla Resurgence. Il cherche à rendre hommage aux films d’antan, sans jamais se remettre en question. Il n’amène rien de nouveau sur la table et maltraite même le seul et unique personnage qui devrait être intéressant dans le film : Godzilla…

Tout est-il à jeter dans ce Godzilla Resurgence ? Il reste quelques beaux plans de destructions montrant un Godzilla comme on l’aime… mais cela représente à peine une dizaine de minutes dans tout le film. Le reste étant dédiée a un interminable blabla perdu dans des longs tunnels sans le moindre rythme. Le résultat est au final assez ennuyeux et c’est dommage. Parfois mieux vaut ne pas toucher à un mythe, si l’on n’a rien de nouveau à mettre sur la table. C’est le cas ici avec Godzilla Resurgence.

 

 

 

 

 

 

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The Bodyguard, quand l’égotrip flirte avec l’ADN du nanard cosmique.

Après avoir été élevé dans la tradition des arts martiaux, Wu-Lin arrive en ville et se fait remarquer par un riche homme d’affaires. Ce dernier lui propose de devenir le garde du corps de sa fille Faye. Quand celle-ci se fait enlever, Wu-Lin va devoir mettre en pratique ses années d’apprentissage.

Parfois, le cinéma asiatique se paye le luxe de nous offrir des claques incroyables. Le genre de celle qui remette les idées en place et font aimer encore plus le cinéma. Et d’un autre côté, il arrive que le même cinéma nous livre des choses absolument ridicules. Tellement honteuse que l’on ne sait plus par quel bout commencer pour nettoyer son esprit après la vision de la chose. Vous avez bien compris que The Bodyguard rentre dans la 2e catégorie. Réalisé, écrit, interprété et chorégraphié par Yue Song (The King of The Streets), The Bodyguard est un des plus mauvais films que j’ai vu depuis très longtemps. Yue Song n’a eu de cesse de vendre son film comme l’un des évenements les plus incroyables qui soit dans son domaine : le film de baston. Nous allons remettre les choses au point illico, le vrai film de baston qui a terminé le game récemment est Raid 2. The Bodyguard n’est même pas dans la galaxie proche de ce chef-d’œuvre. Les raisons pour cela sont multiples. Le scénario est ridicule et anecdotique, les dialogues à peine digne d’un doublage français de Nicky Larson et la réalisation part dans tous les sens. Les fameux combats que l’on espérait incroyables sont maladivement répétitifs et encore dans ce genre certains films arrivent à échapper à cette fatalité par miracle. Pas The Bodyguard. Il n’y a strictement rien à sauver dans ce film et ce du début

Tout l’égotrip du film est résumé dans cette featurette…Moi…Moi…Moi…

The Bodyguard souffre d’un problème insondable… l’égo monstrueux de son acteur/réalisateur Yue Song. J’entends déjà ceux qui diront que la chose est à prendre au 2e degré… mais si a minima le scénario était là pour renforcer cette idée et que la réalisation sauvait les meubles. Mais non. The Bodyguard est pénible, long, prévisible et totalement incohérent à plus d’une reprise. Le tout se noyant dans un univers de niaiseries qui n’ont pas lieu d’être dans ce style de film. C’est d’ailleurs le vrai problème du film de Yue Song, ce changement de ton permanent montrant qu’il ne sait pas ce qu’il veut être. Comédie asiatique lourdingue, film crétin au 1er degré et soi-disant révolution dans le domaine de la baston. Dans aucun de ces domaines The Bodyguard n’arrive à s’élever au-delà de la ligne de flottaison. Perdu dans les limbes de l’égo de Yue Song qui est partout, le film coule très vite. La cohérence de Yue Song dans son entreprise de destruction de son projet a quelque chose de magnifique. Aussi mauvais réalisateur, que scénariste ou réalisateur, il amène The Bodyguard vers un abîme sans fin. Le vrai souci est que dans le fond Yue Song n’a pas le moindre désir de construire une histoire avec ce film. Il ne veut que faire en sorte de se valoriser et même avec de la bonne volonté, il est difficile d’y adhérer. Prenons l’exemple de Stephen Chow dans Shaolin Soccer, l’homme souffrait du même problème d’egotrip mais réussissait à faire passer la pilule en proposant un vrai film. Avec des personnages secondaires solides, un sens de la réalisation et l’envie de faire du cinéma. Yue Song se foire sur chacune de ces cases et entraîne le spectateur dans sa chute.

Pénible, vide de sens, faussement révolutionnaire et incroyablement prétentieux, The Bodyguard est une arnaque. Montrant a quel point l’égotrip dans le domaine du cinéma est une plaie quand il n’y a rien pour le canaliser et le transformer en une énergie créative vraiment positive. Il y aura toujours quelqu’un pour vous dire que la chose mérite d’être vu avec du recul et beaucoup de bienveillance pour en apprécier le second degré. La vérité est que cette personne se fout de vous. The Bodyguard est la quintessence du vide et Yue Song l’image incarné de l’égocentrisme imbuvable. A fuir tout simplement.

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Terraformars, apocalypse now chez les cafards par Miike…

Terraformars est une franchise anime connaissant un certain succès au Japon, l’idée de le voir passer du papier à l’anime et ensuite vers le cinéma n’était pas incohérente. C’est Takashi Miike qui se colle à la tâche et ceux qui connaissent le monsieur savent qu’il est capable du pire, comme du meilleur. Chez lui, le juste milieu n’existe pas vraiment. Son dernier film Yakuza Apocalypse en était un bon exemple, sorte de roue libre au final incompréhensible et flirtant avec le non-cinéma. Le monsieur se fait plaisir à lui-même en oubliant complètement qu’un public peut le regarder. Oui, c’est un peu dommage… et dans le cas de Terraformars, même si la chose est moins horrible que le dernier film, on ne peut pas dire qu’il change son fusil d’épaule. Ce film est en effet une sorte de mélange bancal entre Starship Troopers, les films de superhéros japonais avec les costumes cheaps et la roue libre qui caractérise Takashi Miike ces dernières années. En regardant sur le net, on peut s’apercevoir que le manga d’origine jouit de bonnes critiques et que dans les grandes lignes l’adaptation de Miike semble fidèle pourtant, il est difficile de passer sous silence la myriade de défauts qui sabotent la vision du film.

Bien que Warner possède des billes dans le projet, il ne faut pas espérer que le niveau des effets spéciaux de Terraformars va vous éblouir. C’est au mieux passable et parfois gênant. Le tout dans une farandole de laisser-aller vraiment déconcertant. Il ne faut pas plus de dix minutes au film pour totalement s’écrouler sur lui-même dès l’apparition du grand méchant tout simplement obsédé par la coupe de ses fringues en permanence. Le jeu d’acteur oscillant entre pénible et caricaturale, il est là encore impossible de se laisser emporter pleinement par l’histoire. Tout est fait pour que le spectateur reste à distance. Les personnages principaux et secondaires n’ont pas la moindre consistance, le développement que le scénario leur offre frôle tellement le néant que très vite on abandonne le moindre intérêt et Takashi Miike aussi vu que sa passion semble être de tout simplement tuer absolument tout le monde. Ce qui lui permet de se concentrer sur les combats et uniquement cela plutôt que d’approfondir les personnages. Caricatural au dernier degré, TerraFormars s’amuse à singer le folklore japonais, l’esprit des X-Or et j’en passe revient en mémoire quand on assiste aux combats multiples et répétitifs qui nous tombent dessus. Ce qui pouvait marcher quand on était enfants ne fonctionne malheureusement plus ici et l’on regarde la chose avec un ennui de plus en plus profond. Les costumes des hommes cafards identiques au design du manga montre que ce qui passe sur papier s’effondre parfois à l’écran. Cheap est le premier mot venant à l’esprit, suivi de près par ridicule. Mais le plus déstabilisant dans l’ensemble est que Takashi Miike semble n’en avoir strictement rien à faire.

Film de commande pour lui, TerraForMars apparaît comme ayant une récréation pour le réalisateur. Un gigantesque bac à sable sans le moindres enjeux, où il se fait plaisir en testant ses idées et délires persos. Et c’est bien là que se situe le problème. Reposant sur du vide et brodant sur des lieux communs du genre, TerraForMars n’a au final pas le moindre intérêt. C’est génant, long, mal joué et ennuyeux au possible. On se dit que Takashi Miike semble de plus en plus n’avoir rien à faire des projets qu’on lui propose, c’est assez consistant dans sa ligne de conduite fonçant droit dans le mur. Mais aussi assez triste quand on sait que d’un autre côté, le monsieur est diablement talentueux quand il fait l’effort de se donner à fond. Ce qui n’est pas le cas ici. À éviter.

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Le garçon et la bête-Mamoru Hosoda- critique du film

Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…

C’est un peu difficile de parler du film « le garçon et la bête » sans recourir a une avalanche de superlatifs tous plus positifs les uns que les autres. Cela risquerait de survendre le film et de ne pas lui rendre service. Mais en même temps, il faut bien se rendre à l’évidence et ne pas nier les faits oui, le garçon et la bête est sublime, poétique, drôle, émouvant et pourvoyeur de km2 d’idées de mises en scène par minute. Mamouru Hosoda n’en est pas à son coup d’essai avec ce film, ceux qui ont déjà pris le temps de suivre la filmographie du maître savent que son œuvre le range dans la droite lignée des grands de l’animation japonaise. De Summer Wars aux enfants loups pour mes favoris, Mamoru Hosoda a toujours fait preuve d’une incroyable modernité, conscient des changements technologiques et de l’impact que ces derniers ont dans la façon de donner vie à son imaginaire, il garde le cœur de ce qui fait la force de l’animation japonaise et l’upgrade en brisant les limites techniques que ses prédécesseurs pouvaient avoir à l’époque. La folie créative présente dans le garçon et la bête n’a pas vraiment beaucoup de limites. Mais là où certains se perdraient en route sous l’effluve du clinquant de l’image, Mamoru Hosoda prend le temps de fortifier chacune de ses envolés graphiques par de puissantes fondations narratives et émotionnelles. C’est là où réside la force du film le garçon et la bête, il n’oublie jamais que le fond sans la forme et vice versa n’est rien.

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Conte philosophique et véritable coming of age story comme on dit chez l’Oncle Sam, le garçon et la bête dresse devant les yeux du spectateur une galerie de personnages toutes plus attachantes les unes que les autres. Les bases de départ de l’histoire ne sont pas forcément nouvelles, mais la sensibilité sans fautes que développe une fois de plus Mamoru Hosoda finit d’enlever l’adhésion du spectateur. Tout comme pixar dans ses grandes heures, ou plein d’autres studios de plus grosses ou petites tailles Mamoru Hosoda sait que pour que son film fonctionne l’émotion se doit d’être solide. Il n’est pas forcément nécessaire d’être original pour toucher le spectateur, il faut savoir viser juste, taper là où cela fait « mal » et où l’histoire aura quoi qu’il arrive une résonance universelle chez celui qui verra le film. Le garçon et la bête en abordant des thèmes aussi large que la famille, la recherche du père ou l’acceptation de soi et l’envie de se dépasser pour se révéler. Tout est en place pour que l’enfant regardant tout aussi bien que l’adulte s’identifie dans cette histoire. Parfois la simplicité d’une trame narrative est la meilleure alliée du scénariste. Chacun doit pouvoir se faire son film et se laisser emporter. C’est une des particularités récurrente du cinéma de Mamoru Hosoda. D’une certaine manière on peut comparer ces films a de l’Opéra, il y a une force tranquille ne cessant d’être prise entre deux feux, celle d’envolée choppant le spectateur pour le faire planer là où il s’imagine aller.

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En laissant justement du début à la fin de son film, respire le spectateur, Mamoru Hosoda réussit avec le garçon et la bête à conjurer le meilleur de toutes ses influences. La technique n’oublie jamais d’être au service de l’histoire et cette dernière au service du spectateur. Le tout pour pousser encore plus loin les limites de son imagination. Beaucoup de personnages à tort perçoivent l’animation japonaise comme un simple pourvoyeur de productions ultra-violentes ou décérébrés. C’est oublier toutes ces productions sublimes qui jalonnent la production japonaise. Mamoru Hosoda comme d’autres dont le nom n’est pas forcément toujours familier au plus grand nombre en est un des magiciens. Le garçon et la bête est la fusion parfaite de ces deux derniers films rassemblant l’énergie créative totalement folle de Summer wars et la puissance de l’émotion que l’on peut retrouver dans les enfants loups. L’un dans l’autre, le mix aurait pu paraître improbable et pourtant au final on touche à la perfection. Rien de plus à dire que chapeau bas. Cela vend du rêve et pas qu’un peu. Une réussite.