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The Vault, James Franco et la banque de l’enfer…

The Vault avec James Franco était dès le départ une curiosité pour moi. Voir Franco dans un film d’horreur me laissait perplexe. L’homme est connu pour adorer tenter tous les sujets possibles et imaginables, donc s’il arrivait dans ce film, c’est que quelque chose avait du lui plaire dans le scénario. Et vu que c’est un acteur bien plus complexe qu’il ne le laisse penser, je me suis dit « pourquoi pas ». La vérité est que sur ce coup, j’ai plus ou moins eu raison. Non, The Vault n’est pas parfait, il est même en partie expérimental à plus d’un titre et caduque sur d’autres, mais difficile de nier que pendant les 90 minutes que dure le film, l’aspect principal et moteur du récit que l’on attend de voir prendre son envol fonctionne. La tension est en effet palpable et les deux réalisateurs Dan Bush et Luke Daniels s’amusent de façon assez malsaine à faire plonger le spectateur et les protagonistes de l’histoire dans un véritable cauchemar où ils ne maîtrisent plus rien. Le pitch du film donne le ton de ce qui nous attend quand on s’engage dans ce film : Deux soeurs sont obligées de cambrioler une banque afin de sauver leur frère. Le hold-up se déroule sans problème jusqu’à ce que le directeur de l’agence leur indique la chambre forte qui se situe au sous-sol et où vit le mal à l’état pur…

Éliminons d’emblée ce qui pourra être perçu comme un défaut sur ce film. Oui, The Vault prend le parti de ne pas forcément chercher à tout expliquer. Dans le domaine de l’horreur, c’est autant une bonne chose qu’une possible malédiction. De nos jours, le spectateur aime qu’on lui mâche le travail et que l’on serve la chose sur un plateau d’argent. The Vault de Dan Bush et Luke Daniels ne va pas dans ce sens et d’une certaine manière tant mieux. La construction sur laquelle se repose les deux réalisateurs est au final simple, le twist évident si l’on fait attention dès le départ et pourtant force est de constater que cela marche. La base de cette histoire s’arrêtant sur un cambriolage qui tourne mal, les deux réalisateurs placent les spectateurs au même niveau que l’équipe de braqueurs présents dans cette banque. Rien ne se présente plus à eux en fonction du plan qu’ils pensaient infaillibles. L’habilité de The Vault est de savoir au final assez bien mélangé les genres, partant d’un film policier classique et se dégradant vers un film d’horreur, les deux réalisateurs ne perdent jamais vraiment de vue l’histoire qu’ils ont en tête. Le tout menant vers un twist qui en laissera surement plus d’un sur le bord de la route, mais qui d’une certaine manière aide à donner à l’ensemble ce feeling si particulier. Là où des productions pour le moins cousu de fil blanc ne cessent de polluer le domaine de l’horreur en salles, c’est de plus en plus dans celui de la VOD que l’on retrouve des bonnes surprises.

Non, The Vault n’est pas parfait. Certains personnages sont écrits à la hache et manque de développement, mais si l’on regarde l’ensemble d’une traite, il faut bien reconnaître que le film marque des points. L’un de ceux qui fera peut-être le plus débat tient dans l’utilisation du boogeyman du film. En décidant de ne pas forcément lui donner plus de mythologie que cela, Dan Bush et Luke Daniels en frustreront plus d’un. Mais l’effet secondaire de ce choix est que chacune de ses apparitions et tout ce qu’il entraîne dans son sillage ne cessent de faire grandir le malaise. Et au milieu de tout cela trône James Franco. Le tout dans un rôle aussi minimaliste en apparence que centrale en bout de course. Capable de s’adapter aussi bien au drama qu’a l’humour gras, il livre ici une performance tout en retenue. Ce qui ne fait renforcer l’aura son personnage quand la fin du film nous tombe dessus. À mi-chemin entre le film expérimental et le film d’horreur classique Hollywoodien, The Vault de Dan Bush et Luke Daniels se joue de ses imperfections pour malgré tout créer un style propre, une aura de malaise qui lui colle à la peau du début à la fin du film et sincèrement, c’est bien plus que bon nombre d’autres productions. Le genre de celle qui bien que jouant dans la même catégorie et bénéficiant d’une sortie en salles, sont des trucs sans âmes, insipide bien souvent et où la présence d’un réalisateur reste discutable du début à la fin. The Vault à ce charme de l’imparfait qui prend au moins le risque d’essayer quelque chose. C’est pas si mal au final…

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The House, Will Ferrell vole à nouveau la banque

The House avec Will Ferrell continue de perpétrer la longue et un peu pénible route sur laquelle s’étale la carrière du monsieur. Loin de n’être capable de faire que des comédies un poil lourdes qui cartonne (pas toujours) chez l’oncle Sam et s’exporte de plus en plus rarement chez nous, le monsieur est capable quand l’occasion se présente de surprendre. Mais bizarrement comme si la facilité était devenue sa ligne de conduite, il ne cherche plus à s’éloigner de ce que l’on attend de lui et c’est bien là le drame tant il mérite mieux. Alors est-ce que The House est une catastrophe ? Non, c’est peut-être d’ailleurs une des productions les moins insupportables qu’il a fait dernièrement, mais cela n’empêche pas le film de n’être qu’un simple téléfilm de luxe que vous allez avoir oublié à peine 72h après sa découverte. Une sorte de malédiction qui frappe bon nombre de productions à travers le monde ces derniers temps. De quoi parle le film ? Voici le pitch : Lorsque Scott et Kate apprennent qu’ils viennent de perdre la bourse d’études de leur fille Alex, ils cherchent par tous les moyens à réunir l’argent pour que cette dernière puisse poursuivre son rêve : aller à l’université ! Avec l’aide de leur voisin Frank, ils décident de monter un casino illégal dans la cave de leur maison…

The House malgré la mollesse de son scénario et l’incroyable sous utilisation du talent comique de Will Ferrell et Amy Poehler possède quand même un atout notable : Jason Mantzoukas, l’homme dont personne ne connaît le nom, mais que l’on voit apparaître dans un nombre de films de plus en plus croissant. Il est aussi dans la série TV « i’m sorry » où il est phénoménal. Et autant le reconnaître, il vole littéralement la vedette à Will Ferrell et Amy Poehler, cela ne suffit pas à faire décoller le film, c’est un fait. Mais d’une certaine manière, cela nous sauve de l’ennui profond et mécanique dans lequel nous plonge le scénario. Et c’est en partie ce qui est le plus frustrant ou agaçant dans l’ensemble. Le casting est là, l’idée de base aussi même si elle ne va pas révolutionner le monde et au final l’étincelle ne vient jamais. Je ne dis pas que l’on ne rigole pas dans le film, ce serait mentir, mais il y aussi bien dans le jeu des acteurs que dans les réactions qu’ils provoquent chez nous une sorte de lassitude polie. On rigole gentiment, jamais à en faire trembler les fondations de sa personne. Non, on s’amuse tout en pensant à ce sms que l’on n’a pas encore fini d’écrire, ce mail que l’on attend et j’en passe. La faiblesse de The House est qu’à aucun moment, il ne réussit vraiment à sortir de sa manche le twist ou la séquence culte qui va vous faire exploser de rire. Le meilleur exemple tient dans le caméo surprise du film qui avait tout pour être excellent et finit comme l’un des plus gros pétards mouillé qui soit. L’acteur semblant s’en foutre autant que le réalisateur et les scénaristes et finissant par se contenter de cachetonner.

D’ailleurs, le mot aussi lourd de sens soit-il résumé très bien l’ADN de The House. Une production sans risque et sans véritablement de surplus d’âme. Tout est fait à minima et la prise de risque est quasi inexistante. Les gens cachetonnent et l’on s’ennuie en synchro avec eux. C’est un travail d’équipe qui au final ne mène à rien. Maintenant, la question reste de savoir si un jour, Will Ferrell va se sortir à nouveau de sa zone de confort et de machine à sous pour nous donner à nouveau un contre-emploi où il surprendra. Il est un de ces acteurs du même calibre que Jim Carrey si on lui donne le script et le réalisateur qui suivent. La différence majeure entre les deux acteurs est que tout le long de sa carrière, Will Ferrell n’a jamais cessé de donner cette impression de se complaire dans la case où Hollywood a fini par l’enfermer. Là où Jim Carrey au contraire n’a eu de cesse de prendre des risques, de se remettre encore et toujours en question. Un jeu dangereux pour sa carrière, mais qui paye plus sur le long terme. The House rajoute une pierre à l’édifice que Will Ferrell bâtit en l’honneur du dieu du billet vert. Triste vu qu’il vaut mieux que cela. The House est un produit inodore qui ne mérite d’être vu que si vous avez un pied dans le plâtre et beaucoup de temps à perdre. Autrement, cela reste hautement négligeable… A vous de voir.

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Ça d’Andy Muschietti l’adaptation parfaite de Stephen King

Plusieurs disparitions d’enfants sont signalées dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Au même moment, une bande d’adolescents doit affronter un clown maléfique et tueur, du nom de Pennywise, qui sévit depuis des siècles. Ils vont connaître leur plus grande terreur…

Ça avait tout dès le départ de sa production pour être un vrai naufrage sur patte, les bruits de couloirs laissant à penser que le changement de réalisateur ainsi que les retouches sur le script allait planter le film. La vérité est tout autre avec la découverte du produit fini. Ne vous laissez pas avoir par le train de la hype qui survend le côté horrifique du film, Ça en soit n’est pas le film le plus terrifiant qui soit, j’irai même jusqu’à dire que sur le niveau de l’horreur basique, il ne l’est pas du tout. Le cœur du film se joue ailleurs. L’horreur que le récit nous livre est insidieuse, dans les regards, les sous-entendus, les messes basses de la ville où se déroule l’histoire. La véritable horreur se loge dans les recoins du quotidien, celui que les héros du film ce groupe qui se nomme eux-mêmes les Loosers va devoir apprendre à gérer. Ça n’hésite pas à être sauvagement frontal avec des thématiques que l’on n’a pas trop l’habitude de voir aussi poussé quand des enfants sont aux centres de l’histoire : meurtre, racisme, pédophilie, Ça ne néglige rien pour donner chair à son récit. Cela surprend au départ, mais très vite on se rend compte à quel point cela nourrit intelligemment l’histoire, lui donne sens et surtout une âme si particulière. Et c’est autour de cela que se joue le vrai cœur du film, l’empathie quasi immédiate que l’on ressent pour ces enfants. Aussi bien à leur niveau qu’a celui de Pennywise, le film n’est qu’une introduction, une mise en bouche nous présentant chacun des camps en vigueur pour leur faire croiser le faire. Mais surtout pour que l’on soit bien conscient de ce que chacun est capable de faire. Ça (chapitre 1) est éminemment frustrant. Pour la simple et bonne raison que lorsque la fin du film arrive on ne veut qu’une chose : la suite.

Ce qui est un signe montrant combien Ça réussit son pari quasi impossible. Celui d’adapter en trahissant (en partie) l’œuvre de King. S’il y a bien un point sur lequel le film d’Andy Muschietti mérite toutes ses louanges, c’est bien le scénario. Ne serait-ce que dans la façon dont il réussit à mêler les histoires les unes aux autres lors de la présentation des personnages, de la virtuosité qui en découle, cette intro de film a des faux airs de perfection. Mais tout cela ne serait rien si devant la caméra, il n’y avait pas un groupe d’ados tout simplement parfait. On retiendra tout particulièrement Sophia Lillis et Jeremy Ray Taylor (Beverly et Ben), deux rôles en or pour deux acteurs qui se fondent dans des personnages pas évidents. Tout est fait de la part d’Andy Muschietti pour laisser à ses personnages de la place pour grandir et exister. Tous en bénéficient et font fructifier ce capital, mais c’est tout simplement flagrant sur ces deux personnages, la première de par la nature même de son rôle et la thématique toxique qui lui colle à la peau et le 2e de par son besoin naturel d’être accepter malgré son look qui le marginalise. Son personnage d’ailleurs est sûrement l’un des plus sincères dans le groupe et en même temps l’un de ceux qui prend le plus en frontal la violence de la ville, jusqu’à en être marqué dans son corps. La force de Ça et de son réalisateur Andy Muschietti reste de ne jamais perdre de vue la nécessité de toujours mettre en avant l’humanité de ces enfants. La mission est un succès dès la fin du 1er tiers du film une fois la brillante introduction derrière nous.

Ça bien avant d’être un film d’horreur comme on peut le survendre à tort, est une coming of age story comme disent les Américains. Un moment dans la vie d’adolescents qui par la force des choses deviennent des adultes et s’affranchissent des chaînes qui les empêchent d’évoluer ou grandir. On s’attache immédiatement à ce groupe et ce sans le moindre mal. La suite logique qui en découle est que dès que l’horreur intervient on est totalement pris dans la dynamique des événements qui nous tombent dessus. La violence qui s’abat sur ces enfants aussi bien par le biais de Pennywise ou de forces extérieures provoque une tension tenace. On ne veut pas les voir souffrir ni mourir. Signe du bon travail d’écriture ou de réalisation qui définit Ça. On a tendance à l’oublier, du moins Hollywood, mais si le boulot autour de l’humanisation des personnages est fait avec sincérité et intelligence, alors oui 80 % de votre film tient déjà debout. Pour la simple raison que le spectateur est en phase avec les personnages. Le focus de chapitre 1 de Ça tient sur les loosers bien plus que sur Pennywise. Il est utile de montrer combien le personnage est une menace, un monstre prêt à tout pour assouvir ses besoins, mais le cœur du film reste ses ados. Et de par son casting 4 étoiles et sa réalisation impeccable dans le genre, Ça brise la malédiction qui voulait que soi-disant personne sauf Frank Darabont ne soit capable de rendre justice à l’œuvre de Stephen King au cinéma. La malédiction est brisée et putain que c’était bien. Seul ombre au tableau, il va falloir attendre 2019 pour la suite. Et c’est franchement loin.

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American Assassin, un blockbuster puant de plus…

Nouvelle recrue d’une équipe d’élite officiant pour le contre-espionnage américain, Mitch Rapp va suivre un rude entraînement mené par Stan Hurley, formateur légendaire de la CIA. Face à une vague d’attaques terroristes sans précédent à travers le monde, les deux hommes vont devoir s’attaquer à Ghost, un individu aussi dangereux qu’insaisissable, ayant pour intention de déclencher une guerre nucléaire.

American Assassin est un film un peu problématique. La raison est simple, sous son camouflage de gros blockbuster ultra-violent et marchant dans l’ombre d’une série comme 24, il serait assez facile de baisser la garde et de le prendre pour du tout-venant. C’est certes en partie le gars, mais entre les lignes, il y a malheureusement un fond un chouilla plus puant que la moyenne. Evacuons la question, oui sur la majorité du film, American Assassin est un blockbuster basique partant complètement en sucettes sur la fin et possédant des personnages principaux et secondaires pas vraiment bien écrits. Le hic tient dans toute l’attention qui est mise sur le héros de l’histoire : Mitch Rapp, l’intro du film et sa violence sans la moindre pincette (près de 3 minutes de massacres de civils…) pose les bases du personnage, une bombe à retardement uniquement animé par la vengeance. Le parcours qui est le sien dès ce moment est certes idiot et peu crédible, mais le vrai problème est que dès ce point précis (la fin de la séquence sur la plage…) il n’y a plus le moindre espoir d’aimer, comprendre ou avoir de l’empathie pour le héros. American Assassin nous présente juste l’histoire d’une machine à tuer dont la CIA utilise les blessures pour en faire son bras armé. Un choix qu’il accepte très vite vu que cela lui donne légalement le droit de tuer du terroriste comme il en rêvait. Il n’y a pas de rédemptions, pas de finesse dans son parcours rien. Nous sommes devant un simple fanatique traquant des terroristes, mais qui dans le fond n’a malheureusement rien de différent de ceux qu’il traque. On est au final devant un simple miroir déformant, l’habillage est plus occidental, mais l’idéologie est la même. Du coup comment avoir de la sympathie pour ce personnage ? C’est impossible.


American Assassin semble assez vite dès la moitié du film se rendre compte du problème insoluble qui se dresse devant lui et abandonne littéralement tout effort. Le film devient du coup pour le moins pénible. Les 50 % d’intro sonnant comme un mélange entre Jack Bauer et Jason Bourne jeune, et la seconde comme un blockbuster ultra-lambda culminant sur un final aussi con que l’on pouvait s’y attendre pour ce genre de production. Mais même si l’on garde un œil tolérant et qu’on se limite à regarder la réalisation dans l’ensemble correct tout comme l’abondance de séquences d’action, American Assassin possède un vrai problème… son héros. Difficile de s’investir dans ce qui se transforme assez vite en une vision très manichéenne de la chasse aux terroristes, de l’action des Etats-Unis au Moyen-Orient et j’en passe. Le domaine de l’espionnage au cinéma ces dernières années se noie souvent dans une envie maladive de coller au réel. D’offrir aux spectateurs une vision déformée de l’actualité pris sous le prisme du 7e art. Peu de cinéastes sont capables de sublimer cette équation et d’aboutir à un équilibre entre divertissement et propos qui fait réfléchir. American Assassin reste à la surface en prenant le parti dès le départ d’être un mélange malsain entre 24 et Jason Bourne. Le second avait réussi à renouveler le genre, le premier n’avait fait que l’enfoncer dans les recoins d’une idéologie moderne et puante. American Assassin garde le pire des deux mondes sans jamais faire quoi que ce soit pour améliorer la formule.
Du coup faut-il voir ce film ? J’ai envie de dire que si vous avez envie de voir de la caricature géopolitique débile 24 et London has Fallen sont là pour vous, c’est tout aussi puant dans le fond, American Assassin en capitalisant sur le héros de Maze Runner tente de s’approprier un public plus jeune. Et vu le côté très frontal et trouble de l’ensemble, cela finit par rendre la manœuvre encore plus détestable. American Assassin est hautement négligeable voir juste détestable…

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La mise à mort du Cerf sacré , mais pourquoi????

La mise à mort du Cerf sacré de Yórgos Lánthimos rentre dans la catégorie de ces films dont même avec un peu de recul après la découverte en salles, je reste perplexe devant les intentions du réalisateur. Oui, The Lobster avec son côté décalé était une bonne surprise, le genre d’aventure pouvant donner l’illusion d’un univers sur lequel la carrière du réalisateur pourrait se batir par la suite. La vérité est qu’avec ce nouveau film Yorgos Lanthimos montre qu’il flirte légèrement avec le passage à la vide. Ou la volonté plutôt malsaine de donner du grain à moudre à des critiques en mal de superlatifs et d’analyses pour dire combien le génie de ce film est éblouissant. Tout cela n’est bien entendu qu’une question de point de vue, mais l’analyse de la bassesse humaine ou de la lâcheté que l’on pouvait aimer dans Lobster nappée d’un humour absurde manque terriblement ici. La mise à mort du Cerf sacré de Yórgos Lánthimos est malsain volontairement et de ce côté il y arrive sans le moindre mal… mais très vite la faiblesse du scénario qui ne fait que culminer dans un final s’écrasant sur le mur du foutage de gueule fait exploser en vol tout le film. Je n’ai pas de mal avec l’idée d’aborder un sujet border-line comme celui présent dans le film, mais quand le scénario ne tient pas ses promesses et que le réalisateur tente de cacher le tout sous des effets de styles de plus en plus pompeux, difficile d’accrocher.

Et c’est au fond le plus gros souci de ce La mise à mort du Cerf sacré de Yórgos Lánthimos. On ne sait plus vraiment si le film est à prendre au premier degré dans sa volonté de la jouer film d’auteur pour Cannes et autres festivals ou si le réalisateur se moque en douceur des attentes de haute bourgeoisie de la critique. La ligne est tellement fine avec ce film qu’il n’y a au final pas de place pour la demi-mesure quand on sort de la séance. Est-ce que tout est à jeter dans La mise à mort du Cerf sacré de Yórgos Lánthimos, ne serait-ce que pour le face-à-face entre Colin Farrell et Barry Keoghan le film possède quelques vrais moments intense. Barry Keoghan démontre avec ce rôle qu’il pourrait être le choix parfait pour incarner une version jeune du Joker. Son personnage oscillant sans cesse entre innocence et délire psychotique de la pire espèce fait froid dans le dos par intermittence. J’appuie d’ailleurs sur ce mot tant si la mise en scène pompeuse et le scénario tournant assez vide à vide dans ses grandes lignes ne ruinaient pas sa performance. Il faut être honnête et reconnaître que la base de départ de La mise à mort du Cerf sacré de Yórgos Lánthimos n’est pas pire qu’une autre et qu’avec un autre réalisateur à l’écriture et aux commandes, il y avait de quoi faire un grand film. Malheureusement à force de battre des ailes le film a des faux airs de ventilateur tournant à pleine puissance. Et l’on est à 2 doigts du gros coup de froid dans le dos en sortant.

Oui, l’aspect malsain du film est indéniable et cela est du en grande partie a Barry Keoghan, mais cette histoire de vengeance se perd très vite en route à cause de cette volonté idiote du réalisateur de la noyer dans l’incohérence. Un peu comme si la seule ligne rouge du film tenait dans le regard vide et psychothique de Barry Keoghan et que l’aspect absurde du scénario devait finir de distraire l’esprit du spectateur. L’éloignant de ce cri perçant dans son cerveau lui disant que dans le fond bien que malsain, tout cela est très con. On rigole en grinçant des dents et l’on ne s’investit jamais forcément dans les racines du mal de cette histoire. Oui, la famille est dysfonctionnelle. Oui, d’une certaine manière on peut comprendre ce qui pousse Barry Keoghan à agir ainsi. L’esprit du spectateur peut tant de choses, c’est la beauté de cette chose, mais en contrepartie, il demande souvent une seule et unique chose… qu’on ne se foute pas de sa gueule. Et si c’est le cas, il décroche, il s’éloigne, perd le fil et ne voit plus le gigantesque canevas qui se dresse devant lui que pour ce qu’il est… une escroquerie en forme de branlette vite fait dans un parking par la main experte de Nicole Kidman.

La mise à mort du Cerf sacré de Yórgos Lánthimos est une bonne idée de départ qui est malheureusement tombé dans les mains d’un réalisateur sur qui l’on avait mis trop d’espoir. Il possède un casting 4 étoiles d’acteurs s’investissant à 100 % dans son délire, mais jamais lui-même ne semble y croire. Prenant les choses à la légère et tournant en rond en se noyant dans un gigantesque feu de paille des plus pénibles. J’aurai voulu aimer le film, retrouver en lui ce délicat standing de l’absurde et de la cruauté qui planait sur The Lobster. Au final, je n’ai eu que le malaise en bourrage de fond de gorge pour masquer la vacuité du script et de la réalisation. Vraiment dommage…

 

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Le Death Note d’Adam Wingard mérite t-il autant de haine?

Il y a dans le fond quelque chose d’intéressant qui se cache très loin derrière ce Death Note d’Adam Wingard. Relecture US de la série culte japonaise, le film Netflix en prend quelques parties à peu près propres et expulse tout le border line qui faisait la saveur de la version d’origine. Et si l’on regarde du coup ce Death Note US sans connaître les versions d’antan, j’ai presque envie de dire que le tour de passe-passe se met à fonctionner. En effet à mi-chemin entre la comédie d’horreur pour ados et le film a la Destination Finale, l’œuvre d’Adam Wingard se laisse regarder. Il faut être honnête et bien mentionner que dès le début, le réalisateur a toujours dit que ce n’était pas un remake basique mais bien une relecture s’adaptant au public occidental. Et c’est en partie ici que le bât blesse. Death Note version jap montre le combat entre deux personnages au final aussi border-line et immature l’un que l’autre. Tous deux plus ou moins perdus dans les limbes de leur ego. Light et L sont un peu à l’image d’un combat entre Moriarty et Sherlock en version très dark. Je dis bien dark tant dans le fond ni l’un ni l’autre ne sont vraiment sympathiques. Light est un psychopathe absolu et L est prêt à tout pour dépasser son adversaire. Le match entre les deux hommes ne peut donc pas se faire sans laisser des traces. Ou dans le cas présent une traînée de cadavres. C’est bien le cas aussi chez Adam Wingard sauf que son film commet assez vite une erreur pour le moins difficile à pardonner, celle d’essayer d’adoucir Light, d’en faire un personnage presque excusable et de reporter toute la noirceur sur sa petite amie qui finit par en devenir une vaine caricature.

Light dans Death Note n’est pas un gentil, c’est un psychopathe prêt à tuer quiconque se dresse sur son chemin. Il n’a pas d’états d’âme, ni de moral dans le fond. Le death Note lui offrant ce qu’il attendait depuis longtemps un pouvoir absolu. On est en face d’un étudiant en droit machiavélique et dangereux. La version US transforme Light en un étudiant maladroit, ridicule de par la mise en scène cartoonesque ou le piège Adam Wingard par instants et surtout tout sauf crédible dans le rpôle d’un méchant. Est-ce que le casting de ce Death Note est mauvais ? Nat Wolff, Margaret Qualley et Lakeith Stanfield sont à la base tous des bons acteurs. Mais même avec ce talent sous le bras, il n’y a rien qu’ils puissent faire pour s’élever pleinement au-dessus de l’écriture manichéenne des rôles dont ils héritent. Light est un abruti dépassé par les événements, sa petite amie une garce psychotique et L un détective génial d’après la légende, mais qui ne cesse d’enfiler les erreurs de jugements à la chaîne. Tous ces petits détails mis à la suite des uns des autres finissent par tuer complètement la dynamique qui aurait dû exister dans ce trio. On se retrouve avec des personnages standards dans une histoire standard et dont le final à la différence du film japonais de 2006 ne possède plus la moindre puissance. En détruisant ce qu’étaient les personnages dans le but de rendre leurs déviances acceptables pour Hollywood, Death Note version US explose en plein vol. Encore une fois, oui la chose est regardable d’un bout à l’autre. La réalisation d’Adam Wingard est bien plus qu’honnête, mais est-ce vraiment Death Note tel qu’on était en droit de l’attendre ?

La réponse est non et montre le fossé qui se dresse entre la façon dont le Japon peut parler à son public jeune et les Occidentaux sont dans un cadre où surprendre voire même choquer devient impossible. Mélange bâtard entre les looney Tunes et Destination Finale avec un surplus de Teen Movie US, Death Note a un arrière-goût de Junk Food en fin de course. Une version fantasmée et un peu idiote venant d’un studio reprenant tous les ingrédients d’une recette sans pour autant en comprendre ce qui en faisait justement la magie. Cela se regarde, cela ne causera pas le moindre dommage à votre cerveau, mais si l’on compare à la force perverse qui se dégageait ne serait-ce que des versions tv live japonaise, on est en droit de se dire que ce gros film ultra tape à l’œil qu’est le Death Note d’Adam Wingard pour Netflix est en grande partie complètement inutile. Dommage…

 

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Une suite qui dérange : le temps de l’action, le film de trop?

L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale. Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants : alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes.

Une suite qui dérange : le temps de l’action est un film réalisé par Bonni Cohen et Jon Shenk suite du film une vérité qui dérange. Une œuvre qui avait réussi à attirer pas mal de critiques sur Al Gore, mais aussi a servir à certains pour prendre conscience des choses à faire. Peut-on du coup reprocher complètement à Al Gore d’avoir utilisé à son avantage les armes médiatiques pour faire avancer sa cause ? J’ai envie de dire non. Cela ne se fait jamais sans heurts et l’on peut dire qu’à l’époque de la sortie et aujourd’hui encore il en a pris en long en large et en travers dans les dents. Parfois à tort, parfois avec raison. Et voici que des années plus tard arrive Une suite qui dérange : le temps de l’action et le constat qui s’en dégage aussi bien au travers d’Al Gore que de ce qui se passe dans la vie courante est assez fataliste. Rien ne change. Et même Al Gore semble via ce film tomber dans une certaine forme de fatalisme, utilisant cette plateforme comme un étrange mélange de promotion personnelle et d’une dernière tentative de faire prendre conscience aux gens qu’il faut agir pour sauver ce qui peut encore l’être. Le mix de ces deux extrêmes ne prend pas forcément à merveille et donne du coup l’impression pour le moins bizarre d’un film qui par moment peine lui-même à croire dans la cause (noble) qu’il cherche à défendre. Et c’est le souci.

Est-ce qu’ Al Gore envisage ce film comme un testament médiatique indiquant une envie de passer le flambeau et de regarder ce qu’il arrivera ensuite ? Un peu. Est-ce que le film ne tombe pas dans certains travers de mise en scène un poil trop égocentriste ou mal venu ? Si l’on se réfère à tout ce passage sur les attentats de Paris se déroulant en même temps que la Cop 21 dans le film, il est logique de s’interroger. Al Gore et les réalisateurs du film pendant de longues minutes qui finissent par sembler durer une éternité font ce que l’on peut qualifier de sortie de route. Il comble du temps de film en bifurquant sur un autre sujet et en plaçant Al Gore dans une représentation assez malsaine prise le soir des attentats où il se met en scène présentant ses condoléances au nom des Américains pour les attentats. Le tout bien entendu filmé dans le cadre du film et c’est ici que se situe le vrai point de décrochage du film. La mise en scène de sa vie son œuvre, que l’on pouvait excuser avant (car malgré les hauts et les bas son combat est sincère) se heurte à un mur de mise en scène racoleuse à cet instant précis et surtout ce soir-là en plein Paris. En utilisant au final pour rien ces quelques minutes dans le seul but de se mettre en avant, Une suite qui dérange : le temps de l’action montre en quelque sorte qu’elle-même est consciente de n’avoir rien à dire. De n’être qu’un vague miroir qu’utilise désormais Al Gore pour faire encore briller son image. Il y a beaucoup de fatalisme dans l’intégralité du film et l’on peut comprendre ce point précis de l’état d’esprit d’Al Gore. Reste l’autre facette qui est moins pardonnable, celle de l’égocentrisme sous jacent qui englobe le film.

Malheureusement et c’est bien là le plus gros souci, Une suite qui dérange : le temps de l’action n’amène dans le fond si l’on enlève tout le focus sur Al Gore ma vie mon œuvre, pas grand-chose que l’on ne connaisse déjà. Et pire encore l’égocentrisme du monsieur, le pousse dans des sorties de route difficilement acceptable. Reste en bout de course, le regard fataliste d’un homme au bout de son combat et qui avec beaucoup d’amertumes essaye de se convaincre que sa lutte n’aura pas été vaine. Je ne le pense pas une seconde dans le fond, mais ne peux nier malgré tout que ce second film n’a pas la force du 1er. Le film de trop ? Peut-être…

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Bushwick, le Civil War du pauvre avec Dave Bautista

Les premières images et infos sur Bushwick m’avaient donné envie de voir le film. Cette idée de découvrir un film de guerre en plein New-York, une sorte de version badass d’un Call of Duty en milieu urbain me plaisait bien. Puis dans la foulée de l’exploitation US, les critiques presses autour du film ont commencé à apparaître. Faisant du coup redescendre assez vite mon enthousiasme. La découverte du film finit carrément d’achever la chose. Bushwick se range en effet dans cette catégorie de film possédant un bon point de départ, mais qui au-delà des 10 premières minutes explosent en plein vol faute d’un scénario assez solide. L’idée de transformer le film en un immense plan séquence avait de quoi plaire. Vu le contexte de Bushwick, un plan séquence dans un film de guerre pouvait fonctionner. Mais là encore, fausse bonne idée diront certains. L’utilisation de ce genre de technique demande un minimum de mise en scène et d’idées pour cacher les raccords et faire que l’on ne voit rien. Les réalisateurs de Bushwick font très vite le deuil de cette intention. Dire que les raccords sont pour le moins grossier est encore en dessous de la vérité. Mais ce n’est dans le fond pas le pire face à l’intégralité du film.

Bushwick de par son propos, une guerre civile chez l’oncle Sam avait de quoi être intéressant. Le climat actuel dans ce pays rendant le propos du film potentiellement brulant. On ne peut du coup être que plus frustré quand on voit comment tout cela ne sert au final a rien. Bushwick est l’un de ces films qui ne sait tout simplement pas quoi faire de son histoire, de ses acteurs et de son budget. Passer le 1er quart d’heure le film tourne complètement à vide. Les acteurs Brittany Snow et Dave Bautista sont en roue libre. Ou plutôt semble conscient du vide absolu du scénario et de l’écriture se rattachant à leur personnage. On sent le désespoir chez eux et le voyage vers la survie qui est le leur se transforme rapidement en un chemin de croix pénible pour le spectateur. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que sans la moindre hésitation, on peut dire que l’intégralité des personnages de ce film sont soporifiques, transparents et gentiment anecdotiques. Et ce sentiment qui n’est que passager au début devient insupportables avec le temps qui passe. Et c’est là que réside au-delà des errances de réalisations, le vrai défaut du film. Comment voulez-vous qu’un film de survie fonctionne, si le spectateur n’en a strictement rien à faire de chacun des personnages présents à l’écran.

Bushwick ne possède même pas ce petit côté second degré qui permettrait de sauver l’ensemble. Non, d’un bout à l’autre le film se prend au sérieux sans avoir les reins assez solides pour ne pas s’écrouler à mi-chemin. Les acteurs savent que le navire coule, le scénariste a fui depuis longtemps et au milieu de ce merdier, les réalisateurs Cary Murnion et Jonathan Milott font semblant de ne pas voir que Bushwick fonce droit dans le mur. Une production totalement anecdotique dont vous pourrez vous passer sans le moindre mal.