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Bushwick, le Civil War du pauvre avec Dave Bautista

Les premières images et infos sur Bushwick m’avaient donné envie de voir le film. Cette idée de découvrir un film de guerre en plein New-York, une sorte de version badass d’un Call of Duty en milieu urbain me plaisait bien. Puis dans la foulée de l’exploitation US, les critiques presses autour du film ont commencé à apparaître. Faisant du coup redescendre assez vite mon enthousiasme. La découverte du film finit carrément d’achever la chose. Bushwick se range en effet dans cette catégorie de film possédant un bon point de départ, mais qui au-delà des 10 premières minutes explosent en plein vol faute d’un scénario assez solide. L’idée de transformer le film en un immense plan séquence avait de quoi plaire. Vu le contexte de Bushwick, un plan séquence dans un film de guerre pouvait fonctionner. Mais là encore, fausse bonne idée diront certains. L’utilisation de ce genre de technique demande un minimum de mise en scène et d’idées pour cacher les raccords et faire que l’on ne voit rien. Les réalisateurs de Bushwick font très vite le deuil de cette intention. Dire que les raccords sont pour le moins grossier est encore en dessous de la vérité. Mais ce n’est dans le fond pas le pire face à l’intégralité du film.

Bushwick de par son propos, une guerre civile chez l’oncle Sam avait de quoi être intéressant. Le climat actuel dans ce pays rendant le propos du film potentiellement brulant. On ne peut du coup être que plus frustré quand on voit comment tout cela ne sert au final a rien. Bushwick est l’un de ces films qui ne sait tout simplement pas quoi faire de son histoire, de ses acteurs et de son budget. Passer le 1er quart d’heure le film tourne complètement à vide. Les acteurs Brittany Snow et Dave Bautista sont en roue libre. Ou plutôt semble conscient du vide absolu du scénario et de l’écriture se rattachant à leur personnage. On sent le désespoir chez eux et le voyage vers la survie qui est le leur se transforme rapidement en un chemin de croix pénible pour le spectateur. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que sans la moindre hésitation, on peut dire que l’intégralité des personnages de ce film sont soporifiques, transparents et gentiment anecdotiques. Et ce sentiment qui n’est que passager au début devient insupportables avec le temps qui passe. Et c’est là que réside au-delà des errances de réalisations, le vrai défaut du film. Comment voulez-vous qu’un film de survie fonctionne, si le spectateur n’en a strictement rien à faire de chacun des personnages présents à l’écran.

Bushwick ne possède même pas ce petit côté second degré qui permettrait de sauver l’ensemble. Non, d’un bout à l’autre le film se prend au sérieux sans avoir les reins assez solides pour ne pas s’écrouler à mi-chemin. Les acteurs savent que le navire coule, le scénariste a fui depuis longtemps et au milieu de ce merdier, les réalisateurs Cary Murnion et Jonathan Milott font semblant de ne pas voir que Bushwick fonce droit dans le mur. Une production totalement anecdotique dont vous pourrez vous passer sans le moindre mal.

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