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Burn Out, Yann Gozlan carbure vite et noie un peu le moteur…

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Burn Out avait tout pour être un divertissement honnête, c’est en partie le cas. Mais c’est aussi un film dont le scénario pas assez finalisé finit par le faire passer à côté de son potentiel.

Burn Out de Yann Gozlan est une proposition de genre comme on peut en voir de temps à autre dans le cinéma français. Ni honteuse, ni parfaite, elle fait partie de ces ovnis qui se perdent au milieu de comédies indigestes. Est-ce qu’elle méritait la relative indifférence qui suivi son arrivée en salles ? C’est ouvert au débat pourrons nous dire. Burn Out comme je le disais n’est pas une catastrophe en termes de réalisations. C’est appliqué, carré et nerveux a plus d’une reprise, même si cela n’évite pas les effets de styles inutiles et les sorties de routes. Non, le vrai point où le tout perd de sa splendeur tient dans le scénario. A vouloir chasser trop de lièvres en même temps, Burn Out finit par perdre de son intensité et c’est lorsque cette dernière lui fait défaut que lentement mais sûrement l’ensemble de l’édifice montre ses assez sévères faiblesses. De quoi parle la dernière réalisation de Yann Gozlan ? Tête brûlée, accro aux sensations fortes, Tony ne vit que pour une seule chose : devenir pilote professionnel de moto superbike. Jusqu’au jour où il découvre que la mère de son fils est liée à la pègre manouche. Seule issue pour la sortir de cet engrenage : mettre ses talents au service des truands. Pilote de circuit le jour, go-faster la nuit, Tony est plongé dans une spirale infernale qui le mène au bord de la rupture…

1ere bonne chose : François Civil. Acteur que l’on a plus eu l’habitude de voir en comique, il incarne ici un personnage en perdition. Pris au piège de ses bonnes intentions, il se retrouve vite pris dans les mailles du filet du banditisme et pour s’en sortir, il n’aura alors qu’une solution : s’adapter. Le souci est que bien que le scénario semble prêt à suivre une ligne droite (ce qui aurait été préférable pour l’intensité) il se perd à patiner sur des éléments dont on connaît la finalité et qui alourdisse le récit pour rien. Perdu entre film de genre nerveux et volonté de presque faire un drame social avec un antihéros prêt à tout pour sauver sa femme, Yann Gozlan a les yeux plus gros que le ventre. Et c’est dommage vu que dans l’ensemble sa direction tout comme son casting sont bons. Complémentarité assez rare de nos jours. Mais au lieu de faire en sorte de nous offrir un film aussi nerveux que le présageait l’intro, la chose finit de plus en plus par se diluer. L’aspect guerre de territoire en cité ainsi que les personnages secondaires composant cet échiquier est littéralement utilisé au minimum. Le personnage de Moussa par exemple aurait pu ouvrir au récit une porte intéressante pour s’enfoncer dans le cœur des trafics de la cité, ce ne sera jamais le cas. Et c’est un des soucis principaux de ce film, tout est en place, on se dit qu’il semble impossible que l’on finisse par s’ennuyer et pourtant c’est bien le cas. Oui, Burn Out est au-dessus du lot des productions de films de genre venant de chez nous, il n’y a rien que l’on puisse véritablement reprocher à Yann Gozlan à ce niveau.

Mais ce qu’il démontre comme réalisateur technique s’évapore quand le narratif prend le dessus. Le vrai souci de Burn Out est que la tension reste mécanique. Elle n’est jamais organique vu que dans le fond, on se fout un peu des personnages qui restent des archétypes classiques (trop même). Est-ce que le voyage en devient pour autant insupportable ? Pas vraiment et c’est bien un point qu’il faut reconnaître. On est malheureusement dans la case du gentiment anecdotique. Burn Out confirme pourtant une chose, la vraie capacité de se faufiler d’un style à l’autre pour François Civil, aussi à l’aise dans le drame, que l’humour ou l’action, il est un des caméléons de sa génération. On espère juste que la prochaine fois, ll tombera sur un projet dont les finitions seront plus solides. Il faut du coup prendre Burn Out comme une gigantesque bande démo de son potentiel tout terrain. Et sous cet angle-là, il est difficile de nier l’attrait du film. Si l’on reste juste au niveau purement cinématographique, c’est gentiment anecdotique. Dommage.

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