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Brawl in cell block 99, la renaissance absolue de Vince Vaughn!

Brawl in cell block 99 est l’un des films les plus surprenant que j’ai pu voir cette année. D’une ultra-violence sans limites et doté d’une réalisation incroyable, c’est aussi un des rôles les plus incroyable de Vince Vaughn depuis très longtemps.

Brawl in cell block 99 de S. Craig Zahler n’est pas du tout le genre de film que l’on peut ranger dans la catégorie grand public. Il n’en a jamais eu l’intention d’ailleurs. Mais la présence de Vince Vaughn au générique pourrait laisser penser le contraire. Autant vous le dire tout de suite, si vous venez voir ce film en pensant rire ne serait-ce qu’un instant, passer votre chemin. Partez en courant et ne revenez jamais. Pourquoi ? Brawl in cell block 99 de S. Craig Zahler est lent, glauque et d’une ultraviolence qui ferait passer la scène du trottoir et des dents dans American History X pour une comédie pour enfants. Le simple pitch très basique du film ne donne pas encore complètement l’idée parfaite de ce qui vous attend avec ce film : Bradley est un ancien boxeur dont le mariage s’effondre va également perdre son travail comme mécanicien. Il devient alors coursier pour un trafiquant de drogues. Brawl in cell block 99 de S. Craig Zahler d’une certaine manière se range presque dans la catégorie d’un Grindhouse ou d’un vieux revenge movie des années 70. Si l’on prend la chose et que l’on place ce récit et les codes qui sont les siens avec ceux des films récents, le fossé qui se creuse est insurmontable. Est-ce une mauvaise chose ? Pas du tout. Oui, Brawl in cell block 99 de S. Craig Zahler est lent, déprimant et fataliste jusqu’au fin fond de la noirceur, mais tout cela n’est jamais fait en vain. Pour la simple et bonne raison qu’en parallèle de ce voyage au bout de l’enfer, le film dresse le portrait d’un véritable antihéros que l’on se surprend à finir par aimer, même si malgré ses principes moraux et la raison de sa plongée en enfer, il est tout aussi dangereux que les autres protagonistes du film. Voire bien plus.

Brawl in cell block 99 vince vaughn

Vince Vaughn est un de ces acteurs que l’on a tendance à ne voir malheureusement que sous un angle. Celui de la comédie grasse avec son pote Owen Wilson, cela lui réussit bien, et malgré quelques incursions dans un cinéma de genre (moins dark que ce film…) en VOD, l’image du Vince Vaughn rigolo persiste. Brawl in cell block 99 de S. Craig Zahler balaye cette vision de l’acteur, je vais même dire, elle fait comme si elle n’avait jamais vu le jour pour au final nous livrer ce que l’on peut considérer comme une véritable renaissance. Taciturne, inquiétant, ultra-violent et pourtant entre les lignes touchant dans sa relation avec sa femme Jennifer Carpenter, Vince Vaughn livre une de ses performances les plus intéressantes depuis son apparition dans True Detective. Son rôle ici lui permet enfin de littéralement libérer la bête sauvage qui sommeille en lui et autant être honnête, cela risque d’en surprendre plus d’un. S. Craig Zahler adopte ici tout du long un style planant entre nonchalance et déferlement de violence sans commune mesure. Loin des codes hollywoodiens sa mise en scène ne surdécoupe jamais l’action et donne un vrai poids et impact à la pluie de coups que les personnages se portent. La violence du film est une part importante du récit tant elle caractérise le personnage, il tente de la fuir pour se reconstruire avec sa femme, mais finit par être obliger de l’assumer et l’embrasser dans le dernier acte du film afin justement de sauver les siens. S. Craig Zahler bien que plongeant les mains dans la noirceur de la violence réussit l’exploit de bizarrement jamais la rendre gratuite. Oui, le film est ultra-graphique a plus d’une reprise, mais en ne perdant jamais de vue les raisons poussant le personnage de Vince Vaughn à être le monstre sanguinaire du récit, Brawl in cell block 99 nous offre un vrai antihéros tragique d’une certaine manière.

Brawl in cell block 99 vince vaughn

Manier la violence de nos jours en tant que réalisateur est un vrai piège, si l’on n’a pas un scénario solide et une vraie vision d’où l’on veut amener le personnage. Entre de mauvaises mains, ce film serait devenu sans le moindre mal un DTV vite sorti, vite oublié dans un line-up quelconque. Difficile de le nier, mais ce qui rend brillant dans son approche est que le monsieur démontre un vrai sens de la dramaturgie old school et surtout un amour immense de son personnage principal. Il est de plus en plus rare de voir à l’écran une véritable osmose entre un réalisateur et un acteur, dans les années 70 ce Brawl in cell block 99 aurait eu en lead Clint Eastwood en lead et Don Siegel derrière la caméra. Le résultat aurait-il eu la même force bestiale que ce que nous donne en pâture Vince Vaughn ? Je ne sais pas, mais une chose est certaine, sous la direction de S. Craig Zahler, Vaughn trouve le moyen de se réinventer complètement. Là où Tarantino joue la carte rétro pop via des dialogues « funky » faisant passer la pilule de ses accès d’ultra-violence, Brawl in cell block 99 joue la carte inverse. L’intention n’est pas ici d’amuser le spectateur, mais bel et bien de le mettre KO et de le voir faire des mouvements de recul devant le dégoût qu’inspirent certains passages. Oui, Brawl in cell block 99 de S. Craig Zahler dans son genre n’est pas simple à digérer, ni le plus joyeux des films, mais rare sont les productions indépendantes récentes aussi respectueuses du genre qui est le leur. Après un Bone Tomahawk qui avait créé la surprise, S. Craig Zahler récidive encore plus fort et plus loin avec ce Brawl in cell block 99. Une véritable expérience de cinéma complètement radical et une incroyable performance marquante de Vince Vaughn. Validé du début à la fin.

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