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The Book of Henry, Colin Trevorrow se plante salement.

The Book of Henry à des faux airs d’expérience interdite. Impossible de comprendre ce qui a du se dérouler en coulisses pour que l’on finisse avec un tel résultat. Colin Trevorrow explose en plein vol d’une façon flamboyante.

The Book of Henry de Colin Trevorrow est sans nul doute l’un des films les plus bizarres de 2017 pour l’instant et quand je dis cela, je pense que l’on est encore très loin du compte. Vous allez sûrement lire des dizaines d’articles ou news annonçant que le film est une catastrophe sans nom. Le genre de ceux qui donnent envie de revoir ses priorités dans la vie. La vérité est que sans être une horreur sans nom, The Book of Henry de Colin Trevorrow est un monstrueux bordel. Le genre de ceux qui vont vous faire demander ce qui a bien pu passer par la tête de Colin Trevorrow pour rater de cette manière son film. Reprenons les choses, pendant 45 minutes, The Book of Henry est un film presque plaisant. Le genre de gentil drama ultra-classique, bizarre certes mais classique. Enfin à un détail près, celui que le film traite d’abus sexuel sur mineur. C’est le premier signe du déraillement complet de l’histoire qui se profile à l’horizon. Pendant ces 45 premières minutes Colin Trevorrow traite son film avec une légereté assez déstabilisante vu la gravité de fond du sujet. Certains iront même jusqu’à dire que l’inconstance globale de cette première partie est une marque de fabrique du style de Colin Trevorrow, mais c’est un autre débat. Et soudain au bout de cette dead-line tout s’écroule via un twist qui en l’espace d’à peine 10 minutes coule complètement le film. Certes The Book of Henry de Colin Trevorrow montre alors que toutes les petites actions visiblement insignifiantes d’Henry jusque-là n’étaient pas si anodines, mais rien ne vous préparait vraiment à ce qui se cachait derrière ce twist.

The Book of Henry de Colin Trevorrow dès ce moment semble être le produit d’un réalisateur de seconde équipe ayant repris le film en catastrophe. Ce sans vraiment d’ailleurs savoir comment clôturer l’histoire par rapport à tout ce qui avait été mise en place dans la 1ere partie. Et comme souvent dans ces instants si particuliers tout part en sucette. L’abus sexuel était déjà difficile à gérer pour vous ? La planification d’un meurtre s’y rajoute et le tout dans la plus grande décontraction. La façon dont le scénario enchaîne les twists et les réactions aberrantes des personnages principaux laisse perplexe sur la teneur de Colin Trevorrow a tout simplement traité une histoire. Le vrai paradoxe est que si l’on range quelques instants sa haine facile de côté, il y a des bonnes choses dans ce film. Le cast est bon dans l’ensemble, mais le scénario bien que présentant quelques moments de grâce… Enchaîne avec une volonté assez incroyable les faux pas et sortie de route finissant par rendre l’ensemble ridicule. Et c’est bien là le vrai cœur du problème autour de The Book of Henry de Colin Trevorrow… tout y est dans le fond ridicule. Comment peut-on avec une telle désinvolture traiter la question des abus sexuels sur mineur et de n’y trouver comme solution qu’une mise à mort sous couvert d’un crime presque parfait. Dans les mains d’un grand réalisateur avec un regard intelligent sur la situation ou tout simplement capable de créer une véritable tension via sa réalisation, il ne faut aucun doute que le film aurait pu être une réussite. Ou à défaut un ovni pour le moins intéressant et ouvrant un quelconque débat. Mais la vérité est que The Book of Henry de Colin Trevorrow n’est rien de tout cela, jamais à un seul moment, le film ne donne l’impression de savoir où il va.

Enchaînant les twists les plus radicaux, les changements de styles et les métamorphoses chez des personnages qui jusque-là n’étaient que des clichés sur pattes, le film ne se refuse rien. Un peu comme si grisé par le succès titanesque de son épisode de Jurassic World, Colin Trevorrow avait tout simplement fait n’importe quoi. The Book of Henry témoigne surtout en premier lieu d’un réalisateur incapable de contenir une histoire qui d’emblée était casse-gueule. Le scénario du film étant une bombe à retardement, il aurait fallu que Colin Trevorrow sorte la grosse artillerie pour sauver les meubles, d’autres réalisateurs ont su en partie le faire avant lui. Mais tout comme le scénario qui ici ressemble à un énorme château de cartes en passe de s’écrouler, la mise en scène de Trevorrow suit le chemin. The Book of Henry ne réussit jamais à sortir de l’ornière du film fondamentalement raté. Mixant trop de styles contradictoires et de partis pris rendant la chose anti-commercial au possible, il reste impossible de comprendre comment un studio, un réalisateur ou simplement le casting ont décidé de se lancer dans l’aventure. Difficile de définir l’immensité du ratage de ce film sans spoiler l’histoire. Et au final une fois le film derrière nous on ne peut s’empêcher de continuer à y penser. Cas très rare d’un gigantesque et fascinant ratage. Les cas de film atteignant ce niveau avec une telle flamboyance son rare. Dire que c’est en partie ce film qui aura coûté son poste a Colin Trevorrow dans l’univers Star Wars semble évident. Le bon sens interdit de confier quoi que ce soit d’aussi massif à quelqu’un sortant d’un fiasco créatif pareil.

Est-ce que le film mérite la haine qui lui tombe dessus ? En partie, mais le résultat final est tellement impressionnant que l’on ne peut s’empêcher d’avoir envie de voir la chose. Une sorte de besoin sadomasochiste. On sait que ce n’est pas bon, mais l’on n’y va quand même et dans le domaine autant être honnête, The Book of Henry de Colin Trevorrow est malheureusement un très mauvais film. Fascinant oui, mais pas pour les bonnes raisons.

 

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