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Le bon Gros Géant, un Steven Spielberg anecdotique…

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Le bon gros  géant est-il le meilleur film de Spielberg ? J’ai envie de dire non. Le pire ? Non plus. Bien au contraire, on se retrouve dans une zone tampon assez bizarre que certains qualifieront d’anecdotiques. Chose qui avec un maestro comme Spielberg à toujours quelque chose de décevant, il faut bien le reconnaître. Après le pont des espions où en l’espace d’un film Spielberg montrait une fois de plus l’immensité de son talent, voici qu’il change complètement son fusil d’épaules et décide d’aller chasser sur les terres du film pour enfants. Jusque là, la chose est des plus respectables, mais venant de lui on se serait attendu à minima à ce qu’il y mette du fond. Malheureusement et c’est bien là le problème majeur du film Le bon Gros géant…il est au final diablement creux. Adaptation d’une œuvre de Roald Dahl, Steven Spielberg livre ici un conte pour enfants mise en images avec applications et possédant une certaine magie par instants, mais aussi beaucoup de zone de mou dans son récit. Là où des studios où des auteurs s’approprient le récit qu’ils transposent Spielberg livre une œuvre très linéaire voir même affreusement schématique.

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C’est bien ce qui frappe le plus dans ce récit. Rien n’est fait pour compliquer l’histoire bien au contraire. La volonté assez effarante de simplification à l’extrême donne à l’ensemble un goût assez bizarre. On reste sur sa faim. Les effets spéciaux  n’améliore pas forcément la chose en paraissant à plus d’un titre daté. La Performance Capture mise en avant ici à connu des heures plus glorieuses dans d’autres films sous la houlette d’autres réalisateurs. Mais, était-ce d’emblée ce que Spielberg cherchait avec ce film ? J’ai un doute. Pris au milieu de la filmographie de ce grand réalisateur, Le bon Gros géant à des allures de récréations au milieu de deux vrais films personnels ( Le pont des espions et Ready Player One.)La façon dont il décide de jongler d’un style à l’autre et surtout d’un public à l’autre peut désarçonner. C’est ce qui me fait rester encore et toujours en dehors de ce film. C’est un peu comme si Spielberg certain d’avoir déjà charmé ma génération repartait de zéro pour s’accaparer une nouvelle audience et l’amener à découvrir le reste de sa filmographie. Pourquoi pas, mais face à l’immensité des moyens en sa possession aujourd’hui et le bagage qui est désormais le sien comme réalisateur, on ne peut être qu’un tout petit peu sur sa faim devant la maigreur du plat qu’il nous offre. Volonté propre de coller à l’esprit d’origine ou service commandé pour un studio ?  J’ai bien une vague idée concernant la chose. L’un dans l’autre, le bon gros géant ne restera sans doute pas comme le meilleur film de Steven Spielberg. Loin de là même…

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