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[Billet d’humeur] Pile ou face?

J’ai un défaut, je ne me connais pas si bien que cela moi-même. Bon jusque-là rien de fou, c’est assez courant, l’ennui est que comme beaucoup de mes congénères numériques, j’entame de façon régulière la longue traversée du désert de Gobi du Tweet. L’eau étant remplacée par le désir d’influence ou d’existence. Miroir narcissique pour exister. On s’invente quelque chose à dire, quelque chose a crié, un sujet à défendre. Parfois certains définissent clairement les lignes, d’autres sont plus fluctuants et le public en face d’eux pas forcément réceptifs pour choper la nuance entre le vrai et le surjoué. Du coup, il arrive que le rôle devienne un peu une extension collante ou envahissante. Je regarde au travers des discussions que je peux avoir avec certains proches ou moins proches de la sphère 2.0 et l’une des constantes revenant est l’aspect extérieur que j’offre aux yeux de certains, le grizzly, le tueur d’enfants et le charle manson de la rhétorique cinéphilique. Bon j’admets que dans certains cas assez rare, je peux être une petite saloperie désireuse de contredire la personne balançant un avis qui a mes yeux n’a pas lieu d’être. Ok premier pas dans l’extrémisme numérique quand on ne contrôle pas ce travers, mais j’ai toujours du mal à me sentir si hardcore que cela. Du coup quand j’entends certains retours, j’ai toujours un peu de mal à croire que l’on parle de moi. Quiconque me connaît en off réellement sait que je suis la personne la plus taciturne du monde une grande partie du temps, long à l’ouverture et quelque peu réservé. OK avec le temps j’ai fait quelques pas en avant, suffisamment pour arriver dans la case dr Jekyll et Mister Hyde ? Je m’interroge ?

C’est au final le problème de nos alter ego numérique, on se persuade qu’ils n’ont rien à voir avec nous. Parfois c’est vrai, souvent c’est un tissu de mensonge que l’on se balance dans le nez pour se conforter sur le « mais non je ne suis pas comme cela. » Extension du domaine de la lutte entre ma nonchalance et mon sale caractère les 140 caractères de chaque tweet balancé dans le vide sonne comme une séance chez le psy ayant mal tourné. C’est paradoxal et un peu bizarre sur la longueur, mais l’ennui est que l’on finit par s’y habituer. Il s’agit presque d’une seconde peau pas tout à fait réelle, mais où l’on se permet plus que la norme. Le désavantage du théâtre où l’on évolue est que l’avis du public influe un poil plus que l’on ne le pense sur la continuité permanente de la pièce. Bon OK, c’est le moment où vous vous demandez où la cohérence et le point de raccord entre le début et la fin de ce billet en roue libre ? La réponse est nulle part. La vérité est ailleurs comme disait l’autre, un peu comme le fait de savoir quoi faire de ses dix doigts.

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