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[Billet d’humeur] Noir comme un stéréotype d’Hollywood…

Ce matin par curiosité, je regardais les retours sur twitter concernant la victoire de Barry Jenkins et son Moonlight pour le meilleur film aux Oscars. Une victoire qui restera entachée par tout le merdier autour de la fausse remise à LaLaLand. Dans le fond on pourrait presque en rire et se dire que le pauvre Warren beaty fait les frais d’une erreur qui n’était pas la sienne. C’est chiant mais pas mortel. Ce qui l’est un poil plus le flot de commentaires entourant cette victoire. Je m’attendais à un certain relâchement de la part de blogueurs ciné (et c’est ce que j’ai eu) je fus plus surpris de voir les journalistes s’engouffrer dans la brêche. Que l’on aime ou pas LaLaLand ou Moonlight c’est une chose, l’appréciation artistique est subjective et varie d’une personne à l’autre. C’est un avis et rien de plus, on le partage ou non et la terre ne s’arrêtera pas de tourner pour autant. L’ennui tient plus dans la mauvaise foi ou la bêtise, voire même le racisme à peine voilée servant à certains pour justifier la victoire d’acteurs noirs ou d’un réalisateur noir. Et tout cela tient en un hashtag #oscarsowhite. Je ne suis pas militant, mais et ce même si la revendication a été chaotique dans sa façon d’être mise sur la table je pouvais comprendre le ras-le-bol. Hollywood tout comme beaucoup d’autres industries cinéma à travers le monde à un souci avec ce qu’ils nomment les POC. Personnes de couleurs en versions FR. Et cela ne comprend pas que les noirs bien entendu. Cela dure depuis très longtemps et cela durera encore. Du coup, oui, je peux comprendre le cri de colère de certains face à un système qu’ils jugent faussement égalitaires.

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Mais de là à se cacher derrière cette arguments pour dire sur un ton moqueur ou faussement sur de son bon sens que la victoire de ces acteurs et réalisateurs ne tient qu’à une couleur de peau ou un simple geste de la part d’Hollywood dans un grand moment de politiquement correct m’exaspère profondément. Pendant des années, j’ai toujours vu les journalistes définissant Denzel Washington, Will Smith et j’en passe comme des acteurs noirs, l’emphase étant toujours plus portée sur la couleur de peau que le talent de ces acteurs. Est-ce que ta couleur de peau à forcément besoin de t’être rappelé en permanence. Ce sont des acteurs, des réalisateurs et des humains comme tout le monde avant d’être des noirs. Un simple regard dans le miroir chaque matin permet à n’importe qui de métis, black, chinois et j’en passe de voir qu’il ne rentre pas dans la case de la blancheur immaculée. C’est un fait et alors ? Aujourd’hui le talent de ces hommes et femmes est réduit à cette couleur de peau. Et pas que par deux ou trois personnes, mais par un système complet, d’Hollywood et ses castes et quotas, de la presse et les médias qui diffusent ces stéréotypes de classifications ethniques dès le plus jeune âge aux spectateurs et au public qui en bout de course se retrouve pris dans le grand bain d’un formatage. Que les journalistes cherchent le scandale pour faire du clic, cela ne me surprend pas. Voir une jeune génération de blogueurs ciné se prendre les pieds dans le tapis d’un racisme feutré et croire mordicus qu’ils ont compris des problématiques les dépassant me fout en rogne.

Je ne dis pas que l’humanité n’est qu’un nid de racistes, ce serait idiot, il existe plein de gens tolérants et ouverts d’esprit capable d’apporter tellement et de ne rien demander en échange. Puis de l’autre côté, il y a la masse silencieuse qui l’était depuis trop longtemps et avec le temps libère sa parole. Cela prend différents aspects, frontal ou non. Il y a ceux qui assument et tendent vers un racisme décomplexé, puis les autres ceux pour qui j’ai plus de pitié qu’autre chose dans le fond. Pris dans les bases d’une éducation indirecte, ils sont devenus les porte-parole d’une idéologie un peu contre nature. Ils pensent dire une évidence quand dans le fond il ne prêche qu’un repli de plus en plus stratégique sur eux-mêmes, sur ce qui les rassurent, l’uniformité ou la dominance qu’ils ont vues depuis qu’ils sont mômes. Le formatage de l’esprit du grand public était ce contre quoi Oscar So White luttait maladroitement peut-être sur la forme mais pas dans le fond. Mais y répondre par le mépris et dire que toutes ces récompenses ne sont que des efforts de la part d’Hollywood envers la communauté noire a un arrière-goût d’insultes encore plus flagrant que toutes ces années de silence. La connerie est un art, le racisme un cancer qui perdure. Le plus triste avec le temps reste de voir son évolution ou mutation et le fait que beaucoup n’ont même plus conscience de la force des mots. J’admire les gens capables de passer au-dessus de tout cela et de tendre l’autre joue. Mais comme dit le prophète Murtaugh « Je suis trop vieux pour ses conneries… »

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