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[Billet d’humeur] Le chef d’oeuvre, la carotte et le tweet…

J’aime, j’aime pas…les extrémités de l’émotion humaine auxquelles se rajoutent en son milieu une flopée de dérivaisons. Le genre qui embellissent le vocabulaire du blogueur ciné lorsqu’arrive l’heure de la bataille. Avec le temps et la prolifération dans le milieu, donner un avis à (pour moi…) perdu de son panache. Perdu dans la masse, l’avis garde-t-il vraiment un côté honnête ? Si l’on prend les blogs ciné français et j’entends par là blogs et non webzine, le genre de ceux qu’on lit pour être en accord avec une personne en particulier. Apprendre à le connaître et profiter de ses goûts, la liste ne cesse de baisser. Webzine, ambiance semi-pro et prise en compte de la satisfaction dérisoire du distributeur pour continuer d’exister gâchent un peu le paysage.

À force d’évoluer dans le milieu, j’admets qu’avec le temps j’avais fini par perdre un simple « pouvoir », celui de réaliser le gap énorme qu’il y a entre ce milieu et le reste des gens normaux. Un cinéphile lambda se cogne de savoir les ambitions de réalisations, le matériel utilisé, les effets spéciaux, les références…le cinéphile lambda veut passer un bon moment et ne pas regretter sa place payée au prix fort. Point barre. Une fois que l’on se met cela dans un coin de la tête, on commence à regarder l’ensemble du bruit numérico cinéphilique d’un autre œil. Est-ce que le pire ambassadeur d’un film…n’est pas finalement le blogueur ciné. La nouvelle plaie/mode du tweetgame dans le milieu est de se faire citer sur les affiches. J’en ai fait partie. Cela fait plaisir à l’égo…mais cela ne vient généralement pas qu’avec des avantages. Déjà, il faut prendre en compte que cela ne rapporte rien en termes de visites ou si peu que cela n’a pas d’effets sur votre égo numérique. Et dans un deuxième temps, cela se noie dans la mauvaise presse que l’ensemble commence à avoir. Les distributeurs flairant le filon tentent autre chose avec les citations d’inconnus sur les affiches. Cela me laisse perplexe depuis le premier jour. D’un point de vue commerciale, certes c’est une sorte de manipulation tendant à se placer au niveau du spectateur, pas en prenant un membre du sérail, mais bien un « être humain » comme lui. Ce qui aboutit parfois, à des faits qui donnent envie de se taper la tête contre un mur. Car qu’est-ce le plus grand nombre à a faire de l’avis d’un lambda qu’il ne connaît pas. Habillage graphique plus que levier d’influences, la pratique relègue la critique a un simple lancer de mot suivi du nom du site.

La carotte est belle, mais dans le fond, cela n’amène pas grand-chose. L’effet pervers au final reste que les blogueurs ciné inondent les sorties de films de superlatifs tous plus grandiloquents les uns que les autres, où au final le moindre semblant de sincérité est détruit par les hashtags visant le distributeur. Le @ est-il le nouvel ennemi du cinéphile insouciant ? Exister à tout pris, valoriser le nom de son site et son travail…pourquoi pas, c’est le jeu. Tomber dans le miroir aux alouettes d’un jeu dont les règles dépassent les joueurs en est une autre. La surenchère verbeuse finit donc par saouler tout le monde. Parfois pourtant cela part d’un sentiment sincère, parfois moins. Mais perdu dans un système « marketing » qui se mord la queue, je me demande si les blogueurs ciné se rendent compte à quel point, la dérive en dehors du champ de vision du vrai public est de plus en plus grande…

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