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[Billet d’humeur] Le bois de Boulogne ce Disneyland de la prostitution…

Il m’arrive d’écouter les informations parfois. C’est rare devant l’ennui et la déprime additive que cela rajoute a la mienne. Mais par endroits, les mailles du filet ne sont pas forcément assez fines pour ne pas laisser passer quelques sujets de société. La pénalisation de la prostitution est le dernier. Vous voyez je bosse depuis deux ans dans le Las Vegas de la prostitution : le bois de Boulogne. Mon bureau s’étend sur une zone à la croisée des chemins : à ma droite suresnes à ma gauche le bois et devant moi l’hippodrome. Au milieu coule une rivière dirons certains, moi je ferais plus mention d’une effluve de débris. J’entends une volonté de pénalisation des prostituées, courir les rues et les pages de la presse. Celle que je vois tous les matins dans mon bus n’ont rien de criminelle au sens pénal du terme. Au contraire, ce qui m’a toujours frappé est que perdu dans la foule du matin au-delà de l’aspect vestimentaire, elles n’ont rien de différent de moi. Elles vont au taff. On se croise le matin en arrivant et parfois le soir en partant. Nos bureaux ne sont pas les mêmes, l’activité plus polissé de mon côté de la barrière, mais la finalité pas si différente. On bosse. En deux ans, j’ai vu l’écosystème dans ce qu’il a de bon ( la sympathie des gens de la voirie pour ces filles, les chauffeurs de bus toujours courtois) et j’ai vu le reste.

En deux ans j’ai au final fait une sorte de crash test de la déchéance humaine en mode live. On repère les macs qui circulent à heures fixes. Les codes en vigueur ( le fameux sac blanc accroché à l’arbre indiquant que la passe est finie…) et l’avalanche de mouchoirs blancs qui décorent les allées du bois. Non le bois de Boulogne n’est pas le lieu de rencontre de l’amicale des enrhumés de France. Ou alors ils le sont d’autre part que du nez et les prostitués font figure de généralistes spécialistes du vidage de bourses. Mais surtout au-delà de cela j’ai vu les clients. La prostitution n’a rien de classe. Il n’y a qu’au cinéma ou chez Ozon qu’elle arbore un habit érotique. Dans la vraie vie, le client est au mieux un mari qui se vide en silence en embarquant la fille dans sa voiture familiale avec le siège bébé à l’arrière ou au pire le mec qui chasse sans distinctions. Le bois de Boulogne tard le soir est un aimant à emmerdes si vous êtes une fille. Combien de fois ai-je entendu des histoires de collègues filles racontant des accostages en mode sauvage avec demandes de tarifs. Le bois est-il en soirée une zone de non-droit pour tout ce qui porte une jupe et des talons ? Au début je me posais la question, désormais j’ai des certitudes. L’autre soir attendant au bus, je vis cet homme arrêter sa voiture pour reluquer une collègue attendant son bus. Casque sur la tête, elle ne s’en rendit pas compte. Je ne suis pas en passe de dire qu’il faut nettoyer la zone comme un taliban pro moral ( whoaa cette cohabitation est contre nature en fait) mais avec le temps j’admets avoir de plus en plus de mal. Je n’ai rien contre le cul ni les personnes recourant aux services tarifés, mais en deux ans, j’admets avoir brûlé mon capital naïveté à force d’être 5 jours sur 7 dans ce quartier.

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Prostitution au bois de boulogne

Le monde des prostitués n’est pas glamour du tout et pourtant dans les zones « vivables » que je fréquente ( je mets de côté la zone des Brésiliens qui en passant en taxi un soir en sortant du taff reste comme un de mes souvenirs les plus glauques…), le bois de Boulogne et ses habitantes laissent transparaître une certaine solidarité territoriale. Les filles de l’est ( jeune…), les plus historiques ( qui bossent en camion), les Brésiliennes ( trav et autres) se mélangent rarement, mais se sert les coudes entre communautés. En fait, ce bois est une prison où le client use et abuse du privilège de cuissage. En deux ans je me suis toujours demandé qui était le plus à plaindre, les filles qui se font exploiter ou le client qui aux yeux et à la vue de tous exploitent contre quelques billets pour se donner bonne conscience. Le débat est large et personne n’aura forcément le même point de vue. C’est un fait et je ne cherche à convaincre personne. J’observe, je rends compte d’un état d’esprit forgé sur le bitume de l’habitude. C’est assez bizarre au final pour un mec adorant les rom coms et au final un poil fleur bleue de bosser dans un des coins les plus glauques de Paris en termes de prostitutions.

1 Comment

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    frogita
    novembre 29, 2013 at 11:18

    Comme toi le chemin de la ligne 244 je le connais par cœur, en voiture et en vélo… enfin le vélo c’était avant. Depuis presque 2 ans les filles de l’est sont apparues sur l’allée de Longchamp. les brésilien(e)s sont là depuis des lustres sur la route parallèle. La différence avec les filles de l’est, l’espèce de « trêve » qui n’est plus respectée. Les trans sortent le soir. Uniquement. Les filles de l’est ont une rentabilité non stop pour leurs macs. Impossible de promener des enfants en journée sans qu’ils aient à voir ces dames, des fois accroupies limite chatte à l’air (oui je devient vulgaire car ce me fout hors de moi). L’allée de Longchamp et ses pistes cyclables c’était mon chemin pour rentrer, mais j’ai du abandonner, je ne me sens pas en sécurité. Pas à cause de ces dames mais de la faune que ça amène, des chapelets de mecs qui zonent. Du coup c’est la voiture. Là encore c’est dangereux. J’en suis à une dizaine d’accidents évités de justesse, bien que je roule à 50 connaissant le phénomène. Les mecs pilent, font des demi tours, accélèrent pour aller à la suivante…
    Je n’ai rien contre ces dames qui n’ont certainement pas demandé à être là, j’en veux à ces macs qui n’hésitent pas à mettre une fille à peine majeure enceinte de bien 6 mois en robe moulante (véridique car vu, et bien dégoutée) car certainement il y a aussi une demande pour ça. J’en veux à ces mecs qui se disent libre de pouvoir aller aux putes. Je propose qu’on les mettent une semaine sur le trottoir pour voir ..
    Bref je me demande ce que les 2 femmes postulant à la mairie de Paris ont prévu pour arrêter cette gangrène qui remonte maintenant jusqu’au pont de Suresnes, car après tout le bois , il fait parti de la commune de Paris.

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