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[Billet d’humeur] Batman vs Superman, pourquoi tant de haine?

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Depuis quelques jours, un truc étrange se produit… les portes de l’enfer du petit monde des blogueurs ciné semblent s’être ouverte aussi bien chez les Américains ou les Français. Dans les deux cas avec une seule et même cible : Batman vs Superman et par extension Zack snyder. Mais la vraie source de deuxième vague d’explosion vient d’un commentaire d’Henry Cavill et Amy Adams défendant le film contre l’avalanche de mauvaises critiques. Qu’ont-ils dit ? Un truc horrible… que le film n’était pas fait pour les critiques de cinéma… mais pour le public. Dans le fond rien de bien méchant vu que c’est un peu vrai pour beaucoup de films… La part de marketing et le pouvoir de nuisance réelle ou non de certains journalistes ou blogueurs peuvent entrer dans la balance certes, amenant les rp des studios à traiter les critiques comme des dieux sur terte… Mais dans le fond doit-on encore apporter une véritable importance à la parole de la presse dite spécialisée ? C’est un long débat et je n’aurai pas la prétention de lui donner une réponse définitive. Mais quand on regarde la campagne de haine s’abattant sur Batman vs Superman par exemple et en creusant un peu dans ses tranchées, on s’interroge un peu sur les tenants et aboutissants de la chose ou juste ce nouveau pouvoir que les blogueurs ont entre les mains. C’est assez rare de voir un film déchaîner autant de passions négatives… Émanant au final d’un microcosme. Qui pourtant fait son trou aussi bien chez nous que de l’autre côté de l’atlantique.

Les paroles d’Henry Cavill et Amy Adams semblent être prises comme des insultes ou outrages. Mais n’est-ce pas se donner beaucoup d’importance, souvent à tort vu le milieu où l’on évolue que de mal prendre ses propos. Aujourd’hui, la blogosphère cinéma à évoluer. Tout le monde est critique. L’aura du mot a perdu en splendeur. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur car dans le fond cela remet le cinéma à sa place première entre les mains du public. C’est un art populaire et qui n’est pas toujours fait pour être décortiqué (j’ai dit pas toujours). Il y a un temps pour tout, un pour s’émerveiller et si le bonheur persiste un autre pour comprendre et creuser dans les entrailles de ce que le réalisateur nous a donner. On cultive son amour du cinéma en bouffant ce dernier dans tous les sens. Mais aujourd’hui d’une certaine manière, le fait de donner son avis est perverti par la courroie de transmission sur laquelle l’influence se développe. Rare sont ceux qui partagent vraiment et simplement un kiff. On est passé de l’ère du partage à celle d’une certaine manière du saccage. Le plaisir de troller, détruire et faire de l’attaque ad hominem pour souvent rien d’autre que le plaisir de faire un bon mot est un art de vivre. Je lis depuis quelques jours les critiques faites au film de Snyder et m’étonne de la mauvaise foi abyssale de certaines. Que l’on n’aime pas le film est un droit (perso d’ailleurs je déteste plus de la moitié de la filmo de Snyder…), mais dans le cas présent je n’ai jamais réussi à comprendre la violence qui se développe autour de lui et ces deux derniers films.

Évolution d’une société geek pop qui aussi bien sur le fond que la forme a trouvé dans les réseaux sociaux un passe-temps plutôt qu’un moyen de transmettre simplement, la critique ciné 2.0 prend de plus en plus un drôle de visage. Et quand on finit par prendre le temps de se poser, le ridicule de la situation revient au visage. Est-il nécessaire de tout analyser et comprendre et connaître sur le bout des doigts pour se dire cinéphile. Est-ce par ce que l’on donne son avis sur un film que l’on est un vrai critique ciné au sens le plus noble du terme ? Pas forcément. Parfois, c’est aussi plaisant de n’être que soi-même, un cinéphile lambda qui prend plaisir l’espace d’une séance à réver et s’évader. Il y a un temps pour tout. La plus grande partie de l’humanité se fout de notre avis, de mon avis et je le vis relativement bien. Car je n’ai pas la volonté canonique d’imposer mon avis comme s’il avait été écrit sur les tables de loi. Oui, les films sont faits pour le public en premier lieu… parfois sincèrement, parfois moins et oui d’une certaine manière, je pense que la critique ciné n’est qu’une cerise décorative sur le gateau. Surtout à notre époque ou les liens parfois tortueux entre l’éditorial et le monde la pub/comm change la donne. Oui, le blogueur a soi-disant une liberté de ton… c’est une bonne chose, mais si très vite cette dernière se transforme en liberté de chier à la gueule des gens sans autre forme de procès, la finalité même du propos s’envole en fumée. Transformant la prose qui s’abat sur les blogs en une pluie de merde qui n’en sentira pas pour autant la rose et ce quelque soit la hauteur divine du cul qui nous la sert…

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