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[Billet d’humeur] 36…

Chaque année on se pose la question toute bête du ce que l’on a fait ou pas fait de bien, d’utile et de futile. Dans mon cas, c’est un disque rayé vu que je me la pose tout les 7 jours. Sans jamais forcément trouver la réponse adéquate. D’ailleurs le but est-il de la trouver ? En fait, je ne pense pas que rétrospectivement l’année qui vient de passer a été bonne. À mi-chemin entre la somme de mes actions et le reste inhérent à la vie courante, elle a été fluctuante. En fait d’un point de vue juste bizarre, elle a été un poil inscrite dans le sillage des reality check ou du temps qui passe… L’un ne va pas sans l’autre, vous me direz. Ce qui est strange est ce que cela déclenche chez vous d’inattendu. Des mécanismes de défense pour ne pas penser aux moods qui vous entourent. Lentement, mais sûrement j’ai laissé de côté Twitter, mon blog un peu aussi d’ailleurs. Je me suis remis à la photo ( pour moi)  puis pour oublier j’ai repris les crayons. Il y a un challenge assez passionnant dans le fait de se lancer dans le dessin, celui de se confronter à ses propres limites. C’est pareil pour tout art. D’ailleurs, je prends la photo et le dessin de la même façon, un peu comme un challenge. Dans les deux cas, je n’ai pas fait d’école, je n’ai pas vraiment suivi de cours ou de connaissance de l’art ou l’historique qui s’y raccroche. Je suis un parasite qui monte dans le train en marche et se nourrit sur le tard de ce qu’il voit. Quand j’ai repris la photo il y a quelque temps, c’était pour me prouver que je pouvais me mesurer à d’autres personnes dont j’aimais le travail. Aujourd’hui le dessin c’est un peu autre chose, une thérapie. Un plaisir de créer pour me dire que ma journée n’a pas forcément servi à rien.

Cela m’oblige à me sortir les doigts du cul et lentement aller vers des limites que je me fixais, le tout dans le but de les dépasser. Je suis un faussaire, un apprenti artiste attentif aux détails, mais j’ai peur de créer mes propres trucs. Peut-être parce que je n’estime pas forcément avoir les mêmes connaissances ou juste le niveau de confiance de certains dans mon coup de crayon. Il y a quelques mois j’ai remis une partie de ces peurs à zéro et pris le parti de recommencer depuis le début. J’aime les comics et la bd en générale, mais motivé par l’envie de ne jamais être trop dans le même style, je m’essaye à tout. Parfois avec aisance, parfois pas du tout. Pour les dizaines de dessins que je poste sur IG combien ne verrez-vous jamais parce que je les estime à tort ou à raison mauvais. Mais malgré tout je m’amuse à continuer, internet est la meilleure école d’art qui soit, Pinterest le prof le plus pédagogue possible. Difficile de ne pas avoir envie de continuer quand on y met une fois les pieds. Donc oui, je me dis que l’année n’a pas été incroyable, mais que dans le fond, si je devais retenir un truc ce serait cette petite décision de reprendre les crayons. Ces derniers mois ou semaines j’ai relativisé pas mal de trucs et réalisé que j’avais perdu un temps que je ne retrouverais jamais sur certaines choses.  Rien ne le ramènera, cela ne veut pas pour autant dire que j’ai l’obligation de laisser filer celui qui me reste. C’est peut-être cela de vieillir ou grandir. Garder dans un coin de sa tête ses rêves d’enfants et les adapter à sa vie d’adulte. Cette dernière est suffisamment bancale pour devoir se contenter du minimum syndical, pendant plus d’une dizaine d’années voir même plus, j’ai eu peur d’avoir confiance en moi ne serait-ce que dans le domaine du dessin ( une zone parmi tant d’autres). On verra si avec cette nouvelle année qui se pose sur mes épaules, je réalise mon erreur et savoure un peu plus largement le fait de me rendre compte que je n’avais pas forcément raison de douter. La route est longue, mais je commence à trouver ma voie et les feedbacks des gens qui m’entourent me poussent à continuer. Les petits plaisirs de la vie…

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