Critiques de films Films américains

Baby Driver, Edgard Wright passe la vitesse supérieure!

Chauffeur pour des braqueurs de banque, Baby a un truc pour être le meilleur dans sa partie : il roule au rythme de sa propre playlist. Lorsqu’il rencontre la fille de ses rêves, Baby cherche à mettre fin à ses activités criminelles pour revenir dans le droit chemin. Mais il est forcé de travailler pour un grand patron du crime et le braquage tourne mal… Désormais, sa liberté, son avenir avec la fille qu’il aime et sa vie sont en jeu.

Baby Driver d’Edgard Wright tient-il toutes les promesses que l’on attendait de lui ? Il est vrai que les films du petit génie de la culture pop qu’est Wright peuvent aussi bien séduire au dernier degré que laisser de marbre. Prenons l’exemple de Scott Pilgrim, je ne comprends toujours pas l’engagement fou sur ce film qui pour moi au regard du reste de la filmographie de Wright n’est franchement pas son meilleur film. Mais je m’éloigne, revenons-en à la base de notre discussion, qu’attendre de Baby Driver ? Et bien inutile de tourner trop longtemps autour du pot, c’est un véritable concentré de bonheur que nous offre Edgard Wright ici, mais surtout avant tout une vraie leçon de mise en scène. La base narrative de Baby Driver ne va pas récrire l’histoire du genre. C’est classique, mais d’une certaine manière, cette volonté permet de ne pas s’éparpiller sur quelque chose qui au fond aurait pu sembler anecdotique. Un peu comme les comédies romantiques ou les slashers, les films de gangsters ou de casse de banque qui tourne mal obéissent à des règles bien définies. Edgard Wright les respecte à la règle dans Baby Driver et prend le parti de changer la donne sur un autre front en introduisant d’une façon quasi omnisciente la musique. Elle est le réalisateur de seconde équipe… Ou bien est-ce le cas de Wright en fait ? La question se pose.

Modelant l’action, le tempo qui se met en place au travers du film est une exagération du rush d’adrénaline que provoque cette musique sur Baby. D’un morceau à l’autre et dans la plus grande des fluidités le film change de genre. Donnant à son réalisateur la possibilité de s’amuser comme un gosse, le tout culminant dans un final avec de faux airs de films d’horreurs. Et c’est Ansel Elgort, le frangin fadasse de Divergente qui d’un coup sous la direction d’Edgard Wright révèle un charisme que l’on ne lui connaissait pas une seule seconde. C’est la magie de l’école Wright, le mec est un sorcier capable d’emmener dans son délire les personnes les plus inattendues et de les transformer. Un révélateur de talents, voilà ce qu’il est et dieu que le film n’en manque pas au compteur. Baby Driver est une lettre d’amour au cinéma de genre, à la comédie musicale tout autant qu’une expérimentation un peu folle. Le genre de celle que la logique n’aurait pas voulu voir survivre, mais qui bien au contraire tient solidement sur ses deux jambes du début à la fin. Il y a dans ce film un tel amour du cinéma qu’il est difficile de ne pas tomber sous le charme de la création que nous offre Edgard Wright, ne se focaliser que sur le fait que tel ou tel personnage n’est qu’un archétype de méchants serait une erreur assez dommageable. Oui, le film est simple dans sa ligne narrative. Mais tout comme peuvent l’être par exemple bon nombre de musicals passant sur les planches de Broadway ou d’ailleurs. Ce qui compte est ailleurs.

 

Et quand je dis ailleurs, je pense à l’inventivité, la folie et le côté merveilleux se dégageant de chacun des tableaux qui construisent le film. Baby Driver d’une certaine manière doit être pris comme un musical de Broadway badass se cachant sous les habits d’un Blockbuster. Dit ainsi la chose est un peu contre nature, mais Baby Driver de par son ADN de base est de toute façon un film contre nature. Et dans une époque où l’originalité commence à devenir une denrée rare, il est bon de voir un réalisateur comme Edgard Wright prendre le temps de donner vie à un projet qui n’est autre qu’un Ovni. Réalisé avec le cœur, doté d’un casting parfait à tous les niveaux et inventif a ne plus quoi savoir en faire, Baby Driver est définitivement à la hauteur de la hype qui le précède. Si vous aimez le cinéma, la musique et le sentiment d’excitation que cela provoque quand la fusion entre bande-son et réalisation touche a la perfection, alors il y a peu de chances que Baby Driver ne vous donne pas envie d’écouter la BO du film à fond dans votre voiture en sortant de la salle.

 

 

 

 

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