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Avengers: Infinity War et le 7e jour Marvel inventa Thanos.

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Avengers: Infinity War était le film que tout le monde attendait depuis des années. Le gonzo du film Marvel. Est-ce que cela valait le coup? La réponse est oui.

Avengers : Infinity War. Le climax de 10 ans de teasing et de jeux de paluches entre Marvel et le public. Un jeu dangereux vu que sous la pression des années qui passent ledit public cible a dépasser le stade du risque d’explosion. Il faut le faire atterrir en apothéose pour que cela n’explose pas en dépit du bon sens repeignant ainsi toutes les salles de cinéma du monde. La mission était colossale et l’on était en droit de se demander si après quelques pétards mouillés, Marvel allait la remplir sans mal. La réponse est dans l’ensemble oui et de manière assez « agréable » de par la tonalité qu’adopte le film. Tout comme le montre les trailers l’ambiance laisse de côté l’optimisme. L’arrivée imminente de Thanos sur Terre pour sa recherche des Infinity Stone n’annonce rien de bon et c’est le cas. Marvel aurait pu donner la part belle aux Avengers et transformer le méchant de l’histoire en quelqu’un de très générique (cf Steppenwolf dans Justice league…) mais il n’en est rien. L’alternance entre l’immense roaster de personnages présent et Thanos lui-même se construit sans heurts. Et ce qui surprend agréablement est la manière dont Marvel dépeint le Titan fou. Personnage tragique certain de faire le bien malgré ses tendances aux génocides, on s’immisce dans les rouages d’un méchant bien moins unidimensionnel que d’habitude et c’est ce qui fait toute sa force comme celle du récit. Dans son sillage et nappée dans sa folie, il amène des enjeux pour le moins radicaux. Métamorphosant pour quelque temps nos habitudes et ouvrant un océan de possibles que l’on n’imaginait pas.

avengers: infinity war critique

2h35 c’est terriblement long. Les frères Russo auraient pu du coup exploser en vol et accoucher de quelque chose de terriblement banal ou chaotique. La vérité est un doux mélange des deux. Oui, Avengers: Infinity War en soi n’est pas le joyau du 7e art, le film a des défauts, le premier étant qu’à force de ne reposer que sur une ossature très « comics » le film tue dans l’œuf certains de ses twists et enjeux. C’est une problématique que l’on retrouve aussi dans des dizaines de comics papier ou les twists aussi massifs soit-ils n’ont pas forcément d’impact définitif. Mais, ce qu’il faut reconnaître est que pris dans la continuité de ce que le MCU a fait en version cinéma depuis 10 ans, Avengers: Infinity War est une fin de cycle a la saveur assez goûtu. Oui, il est nécessaire de se formater à une seule et unique grille de lecture, celle du côté pulp sous acide que l’on retrouve depuis des années dans les éditions d’origine. Et même si cela paraît comme étant une excuse de facilité trop évidente, force est de constater que les frères Russo réussissent sur cette première partie de film a donner vie à une histoire au fatalisme assez marquant et toute à la gloire du méchant du film. Black Panther prenait aussi le parti de recentrer toute son attention sur Killmonger qui balayait par son charisme le reste du casting. C’est la même chose ici avec Thanos. Imposant par le physique, subtil et tortueux de par sa psychologie, nous avons attendu des années avant de découvrir le personnage dans toute sa splendeur et cela valait le coup. Changement de fusil d’épaules assez impressionnant pour Marvel qui après avoir usé jusqu’à l’os certains de ses héros et transformer en caricature d’autres en un rien de temps, magnifie jusqu’à l’extrême les psychopathes de son univers.

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Thanos est un fou, adepte du génocide à l’échelle planétaire… mais toujours dans l’espoir de faire le bien. D’offrir à l’univers une chance de subsister encore sur la durée en éliminant les parasites. La manière dont Avengers: Infinity War nous le présente est singulière, car d’une séquence à l’autre notre curseur moral balaye le champ des possibles dans une danse frénétique. Le charisme de ce personnage est absolument effrayant, tout comme les recoins de son esprit. Lieu où s’affronte son désir de pouvoir, son illusion de faire le bien et les sacrifices sans nom qu’il est prêt à faire pour accomplir son destin. Il y a un vrai côté tragique dans l’essence même de son personnage. Alors que jusque-là Marvel n’avait mis en avant que des méchants affreusement basiques pour la plupart, Killmonger et Thanos élèvent le niveau narratif bien plus haut que prévu. Et c’est ce qui offre au final à ce Infinity War la possibilité de s’élever plus haut que la moyenne dans le spectre de l’entertainement made in MCU. Oui, il sera facile de trouver à redire sur les enjeux de fin qui se dresse devant nous une fois que le générique tombe. Mais dans le fond, la vraie nature d’Avengers: Infinity War n’avait jamais été de faire un Avengers typique comme ce qui se fait depuis 10 ans. L’idée était de détruire les fondations, rebattre les cartes et ouvrir la perspective d’un autre univers pour la nouvelle phase à venir du MCU. Mission totalement accomplie avec Thanos en chef d’orchestre. Nous sommes devant l’origin story d’un des plus grands méchants du MCU et même si la chose s’appuie a plus d’un titre sur du classique, difficile de dire que Josh Brolin n’offre pas via son interprétation physique et vocale de Thanos une vraie plus value au MCU. Un univers souvent capable du meilleur comme du pire. Heureusement ici nous sommes dans le premier cas. Complètement validé.

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