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Au revoir là-haut, le chef d’oeuvre d’Albert Dupontel…

Au revoir là-haut d’Albert Dupontel est-il son chef-doeuvre? Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

Au revoir là-haut Nahuel Perez Biscayart albert dupontel Gaumont

Au revoir là-haut d’Albert Dupontel est un de ces ovnis comme on en voit malheureusement trop peu dans le cinéma français. Un moment incroyable où tout semble se mettre en ordre de bataille et tendre vers la perfection. Il y a depuis toujours chez Albert Dupontel un amour du cinéma que l’on ne peut remettre en question. Son amour de la mise en scène, la vraie, celle qui vend du rêve et transmet de véritables émotions est tout simplement contagieuse. Il aime faire rire, choquer, surprendre et au travers de toute sa déjà passionnante carrière de réalisateur, il a su montrer le talent qui était le sien. Mais comme toujours, il arrive un moment où les attentes que l’on place en un réalisateur sont explosées en plein vol. Le petit moment de grâce dirons-nous et c’est exactement le cas ici avec Au revoir là-haut d’Albert Dupontel. La vision qu’applique Dupontel ici sur les horreurs de la guerre et les petits travers de la société de l’entre-deux-guerres se fait avec une poésie triste baignant dans un cynisme de chaque instant. Le duo que forme dans le film Nahuel Perez Biscayart et Albert Dupontel est l’une des raisons du succès aussi éclatant de ce récit. Dupontel amenant toute la charge comique avec une délicatesse incroyable et Nahuel Perez Biscayart finissant de nous achever par la force minimaliste de son jeu. L’incroyable panel des influences qui envahit le film fait vite en premier lieu penser a du Terry Gilliam pour la folie baroque de certaines envolées, mais ce serait mal venu de ne voir le film qu’au travers de ses influences. La vraie force d’Albert Dupontel est de savoir piocher certes dans l’imaginaire visuel d’autres réalisateurs, mais de ne jamais se laisser dévorer par celui-ci en bout de course.

Au revoir là-haut Nahuel Perez Biscayart albert dupontel Gaumont
Au revoir là-haut est avant toute chose une œuvre d’Albert Dupontel, l’ombre du monsieur plane à chaque recoin. Aussi bien dans l’humour, le drame ou le cynisme. La façon dont il mixe avec brio chacun de ces éléments en offrant à chaque acteur présent de quoi exister sans tirer la couverture à soi atteint la perfection. Nahuel Perez Biscayart qui à la manière d’un Tom Hardy fait tout passer par ses yeux, Laurent Lafitte dans le rôle d’une incroyable ordure absolument flamboyante, Niels arestrup en patriarche cherchant la rédemption. Chaque pièce du puzzle a son importance, sa place et son ordre de bataille pour coexister dans le simple but que l’histoire tienne du début à la fin. C’est le cas et aussi bien dans le domaine de l’écriture que du visuel, Au revoir là-haut d’Albert Dupontel est une véritable merveille comme on n’en voit que trop peu dans le cinéma français. Mikros image a réussi l’impossible, recréer le paris de la grande époque à la perfection et faire que l’on ne doute jamais de la véracité de ce dernier une fois à l’écran. Les effets spéciaux sont autant une bénédiction qu’un piège pour un réalisateur, on peut prendre la mauvaise décision de se reposer entièrement sur eux, tablant sur le fait qu’ils vont en mettre plein la vue aux spectateurs et lui permettre d’oublier le reste. En l’occurrence parfois certaines faiblesses du script. Dans le cas présent, Albert Dupontel construit son récit sur un socle solide et utilise avec une vraie force le bonus que représente les effets spéciaux. Il y a beaucoup de Robert Zemeckis en lui dans la façon dont il les englobe dans son récit comme un véritable outil de narration et non pas de distraction. Une force que peu de réalisateurs US par exemple maîtrise à merveille (Fincher, Zemeckis, Spielberg…) la liste n’est pas longue et en France elle l’est encore moins. Albert Dupontel se hisse du coup sans le moindre mal en tête du podium avec ce film.

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Au revoir là-haut d’Albert Dupontel est sans la moindre hésitation pour l’instant le meilleur film de la filmographie d’Albert Dupontel et tout bonnement l’un des plus beaux films français de 2017. On pourra reprocher au film quelques facilités dans son dernier acte, mais ces dernières sont cohérentes avec une certaine vision optimiste du réalisateur. Et d’un autre côté devant tant de beauté et d’amour du cinéma, difficile de faire la fine bouche. Une petite merveille définitivement à voir.

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