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Au Poste! Quentin Dupieux élucide le crime absurde de l’année!

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Au Poste! Quentin Dupieux persiste et signe pour maintenir son titre du roi de l’absurde et le résultat est toujours aussi flamboyant. Du caviar!

Au Poste ! de Quentin Dupieux est-il l’ovni cinéma des prochaines semaines ? J’ai envie de dire un énorme oui. Mais il serait un peu dommage de ne le réduire qu’à cela pour la simple et bonne raison que c’est surtout un excellent film ! Si vous êtes client de l’univers assez particulier de Quentin Dupieux et de sa manière irréel de manier l’absurde, l’humour et la poésie vous allez prendre votre pied. Au Poste ! comme son nom l’indique décrit la vie pour le moins particulière d’un commissariat sur le cour d’une nuit qui aurait dû se passer sans le moindre souci. Mais quand on sait que l’action du film tourne autour de la confrontation entre Benoît Poelvoorde et Grégoire Ludig, il est évident que d’emblée on marche en direction d’un film en mode nectar de Yolo. Un meurtre, un quidam prévient la police en trouvant le corps. Cela aurait dû s’arrêter là pour lui, mais malheureusement voici qu’il tombe sur le flic le plus étrange du monde Benoît Poelvoorde. Un individu que l’on ne pouvait pas imaginer sortant d’ailleurs que l’esprit de Quentin Dupieux. Verbeux et s’appuyant sur les petits rien du quotidien, le film se construit sur des détails. Le genre de ceux qui dans les mains d’un autre réalisateur et la bouche d’un autre duo d’acteurs auraient pu tomber complètement à plat. Théâtre de boulevard dans sa construction, comédie haut de gamme dans sa forme, Au Poste ! ne cesse de surprendre. Balayant chacune des attentes du public, Quentin Dupieux livre ici une œuvre toujours aussi singulière. Une constante chez lui d’ailleurs.

Au Poste!, c’est un face-à-face absurde entre un poiret et un serraut d’aujourd’hui. Benoît Poelvoorde et Grégoire Ludig existent sans mal en dehors de la comparaison, mais elle me sautait un peu à l’esprit avec le lieu où se déroule l’histoire. Le film s’amuse d’un cinéma d’antan dont il pique les codes et les tics sans jamais tomber dans une sorte de singerie vide de sens. C’est l’avantage de Dupieux, il se nourrit du passé pour recréer du nouveau là où beaucoup semblant briser le 4e mur font des clins d’œil gênants aux spectateurs en permanence. Au poste! avance a son propre rythme, dans son propre univers et c’est aux spectateurs justement de faire l’effort de prendre le train en marche. Aujourd’hui beaucoup trop de productions sortant en salles sont du formaté. On dilue la prise de risque pour présenter du sous-vide. Cela se mange, mais cela n’a pas de goût au-delà de celui du faux. Ici Quentin Dupieux arrive avec son bâton de dynamite et sa pelle et fait voler en éclat la barrière culturelle que le temps a installée entre nous et nos souvenirs. Il sait que la chose est encore enfouie en nous et qu’il n’y a besoin que d’un petit coup de pied au cul pour la faire ressortir. Et quand on accepte de baisser la garde et se laisser emporter dans une certaine forme de délire absurde on replonge dans un univers de divertissement à l’ancienne. Un mix déviant entre tous ces films que l’on pouvait voir sur la 3 à l’époque ou sur la 5 et le cinéma d’un auteur à part dans le paysage français. La mayonnaise prend sans mal car Benoît Poelvoorde et Grégoire Ludig ne sont jamais aussi bon que dans l’absurde. Les deux acteurs s’y abandonnent avec une joie assez sincère et le résultat est là.

Au Poste!, c’est du boulevard artisanal sans les portes qui claquent, du caviar de non-sens et de petits rien qui en bout de course donnent naissance à un grand tout. Et si vous avez un doute sur le nom potentiel de cette chose, cela se nomme le plaisir. Celui de rire pleinement sur de l’humour aussi paradoxalement con que fin, sur des acteurs qui épousent l’absurde pour lui redonner ses lettres de noblesse et sur un final magnifiquement Dupieuxsien qui ravira les fans de la première heure. Au Poste! est un ovni, délicieux et inclassable et surtout, c’est encore une fois de la part de Quentin Dupieux une lettre d’amour à ses acteurs et à l’art si délicat de trouver l’équilibre entre la force du mot et celle encore plus écrasante du silence ou de l’absurde. On se laisse emporter et l’on en redemande. Complètement validé !

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