Sortir dans Paris Spectacles

Arnaud Tsamere attaque les Folies Bergères…

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C’est beaucoup trop. Le rire est partout, omniprésent, au bureau, dans la rue, à la radio et bien sûr à la télévision avec des programmes comme « Des chiffres et des lettres » ou encore « la météo des régions ». Je suis d’ailleurs moi-même responsable de cette dérive puisque mon précédent spectacle a fait rire des centaines de milliers de personnes. Un spectateur m’a même envoyé le message suivant « Arnaud, du rire tu nous en as donné pour quelques années, on n’en peut plus, propose nous autre chose ». C’est ce que je vais tâcher de faire dans ce nouveau spectacle donc, aller contre ma nature comique, tenter de stopper un peu cette spirale du rire infernale. Comment ? En parlant de moi. Quoi de plus chiant que quelqu’un qui parle de lui ? Rien. Sauf si cette stratégie se retourne contre lui et provoque l’effet inverse : vous faire rire. »

Comme d’habitude, j’ai pris mon billet pour ce spectacle d’Arnaud Tsamère sans savoir vraiment à quoi s’attendre. J’aime bien l’aventure dirons-nous et autant être honnête dans le cas présent, j’en ai eu pour mon argent. Comment définir le spectacle d’Arnaud Tsamère. J’ai envie de dire que la chose s’en rapprochant peut-être le plus est l’interprétation de Jim Carrey dans Man on the Moon, celle où il joue Andy Kaufman. Ok, certain vont dire que je vais loin, mais d’une certaine façon Arnaud Tsamère pousse le non-sens dans des retranchements assez proches de ceux que l’on peut voir dans le film avec Jim Carrey. Oui, Arnaud Tsamère fait en quelque sorte un non-spectacle où il annonce clairement dès le départ qu’il n’a pas franchement l’intention d’être drôle et c’est assez particulier pour l’heure et demie qui suit vu que par alternance avec des bons moments de rire… il n’est à vrai dire pas vraiment drôle. Pas que les vannes se succédant par rafales soient mauvaises, mais Arnaud Tsamère pousse son concept tellement loin qu’on finit par instant par se perdre en route. Il y a quand il est sur scène une certaine forme de folie qui s’empare de lui. Une qui n’est pas d’ailleurs sans rappeler la présence scénique assez folle de Baptiste Lecaplain. Les deux hommes se ressemblent d’ailleurs dans la gestion de la folie qui les habite et la façon ou non qu’ils mettent en œuvre pour la canaliser. Le hic est que tout en restant dans la droite ligne de son idée de départ Arnaud Tsamère garde par instants le pied sur le frein et l’on attend, sans vraiment détester ou adorer, mais en se retrouvant dans une place bizarre de l’entre-deux. Vous êtes le mec qui écoute la salle en finissant par se dire mais pourquoi je ne ris pas alors que tout le monde se marre ? C’est con et c’est un peu ici que se trouve le vrai dilemme de ce spectacle qui au final n’est ni fondamentalement mauvais ou grandiose, mais qui a force de rouler a fond sur l’autoroute du concept et de coller a la ligne blanche finit un peu par perdre certaines personnes en route. Ce fut en partie mon cas. Dommage. Mais vu que les ¾ de la salle se marrait et qu’a plus d’une reprise j’en ai aussi fait partie, tout n’est pas à jeter. Loin de là. Il faut juste mettre ses idées préconçues sur la forme du rire qui nous attend. C’est pour votre sécurité…

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