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Arès, le prix du danger version 2016 arrive en salles…

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Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra-violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en oeuvre pour les sauver : elle et ses filles.

Parfois, il faut savoir reconnaître quand on se trompe, c’est mon cas avec Ares. Après il y a de cela plus d’un an avoir vu des images du tout début du tournage, j’étais certain que la chose allait être un horrible film de genre à la française, cheap en diable. L’arrivée sur le tapis de section zéro d’Olivier Marchal avec Ola Rapace en lead avait fini par faire exploser en vol les miettes d’espoirs qui me restaient. J’étais certain qu’Ares allait être imbuvable. Et la vérité est donc que dans les grandes lignes, j’avais tort. Non, le film n’est pas parfait, il souffre d’une durée trop courte ne permettant pas d’exploiter suffisamment certains personnages annexes et ainsi offrir au film l’ampleur qu’il mérite. Mais, il est nécessaire de faire remarquer que non et ce malgré ce que l’on pourrait penser Ares n’est pas qu’un film de bourrin. Nous ne sommes pas devant de la SF bas de plafond digne d’une production Europa. Le vrai point intéressant du film tient dans son écosystème où les corporations ont pris le dessus sur les gouvernements et impose la loi du marché. Les images qui apparaissent dans la vision du réalisateur qu’à de ce Paris au bord du chaos sont tous sauf innocentes. Elles se nourrissent du réel à l’échelle européenne et dans le cas présent si l’on regarde du côté de Stalingrad un peu de notre quotidien.

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Et c’est en essayant tant bien que mal de développer majoritairement cette partie plus que les combats, certes présent mais plus anecdotiques dans le fond, Ares se différencie du lot. C’est la véritable surprise du film, lui donnant d’emblée un statut de canard boiteux assez attendrissant. Pour la simple et bonne raison que bien qu’il fasse du divertissement à grande échelle, le réalisateur ne perd jamais de vue que pour que celui-ci soit plus impactant, il doit se nourrir d’une certaine forme de réalité. Le cinéma est fait pour faire rêver, divertir, mais aussi réfléchir parfois. À sa manière Ares essaye de mélanger les deux derniers avec dans le fond une honnêteté qui rend la chose attachante. Certes comme je le disais plus haut, tout n’est pas rose dans le film et sa structure, mais ne serait-ce par exemple que du point de vue de la création de l’univers et la façon dont ce Paris Post-apocalyptique est remis à jour, la chose fonctionne bien plus que je ne l’aurais pensé. Pour prendre un point de comparaison, là où le section Zero d’Olivier Marchal ressemblait à une vieille série Z italienne à tous les niveaux. Ares pour un budget bien inférieur fait avec des bouts de ficelles preuve de bien plus d’ingéniosité. À quoi attribuer cela ? Peut-être au simple fait que la différence entre Section Zero et Ares tient dans le fait que le second avait une vision d’ensemble, là où le premier pond une commande sans âmes.

Et l’autre point non négligeable du film réside dans le personnage d’Ola Rapace. Sorte de Lino Ventura en plus brutal, il réussit à s’en sortir avec bien plus que les honneurs. Loin de n’être justement qu’une brute épaisse comme tout le monde vient à le penser, il amène à son personnage quelques trucs en plus qui font passer la pilule un poil mieux que prévu. Après, est-ce que toutes ces louanges feront oublier les défauts du film ? Non, Arès est un objet un poil bâtard mais pas dénué d’ambitions. Il tente comme il peut de leur donner vie sans pour autant en cours de route décider de trop céder aux sirènes de l’entertainement bas de plafond. Cela ne plaira pas à tout le monde, mais dans l’ensemble, je respecte l’intention assez intéressante de faire quelque chose sortant du moule. Le domaine du film de genre est suffisamment vide chez nous pour a minima prendre un peu de recul pour juger les rares incursions faites dans ce territoire par des productions françaises. Arès est donc à  voir pendant que cela sera encore en salles…

 

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