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Antigang- Benjamin Rocher- Critique du film

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Antigang était un film que j’attendais avec une certaine curiosité depuis plusieurs mois. Moment où lors d’une présentation j’avais découvert quelques extraits me laissant penser qu’il y avait un vrai potentiel dans ce film. Puis le temps passa, la campagne de communication débuta et ces citations bizarres me firent douter. Maintenant que j’ai enfin vu le film remettons les pendules à l’heure. Le doute était-il malheureusement réel face au nouveau film de Benjamin Rocher Antigang ? Contre toutes attentes, la réponse est non. Oui, Antigang n’est pas forcément parfait et souffre surtout d’un méchant assez mauvais, mais pour tout le reste nous sommes en face d’une série B décomplexé et très efficace, mais surtout d’une lettre d’amour ouverte au genre de la part de Benjamin Rocher. Ma première rencontre avec le réalisateur fut la Horde, mais parasité par l’ombre d’un Yannick Dahan imbuvable, j’avais fini par littéralement détester ce film. Antigang remet les pendules à l’heure face aux ambitions de Benjamin Rocher quand il vole en solo. Et l’ensemble devient d’un coup beaucoup plus fluide et agréable.

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Antigang a une volonté simple, démontrer que l’on peut faire du genre en plein Paris, tout aussi tonique qu’un blockbuster US sans pour autant se départir de son ADN frenchy. Et quand je dis cela, l’ingrédient majeur que Benjamin Rocher utilise pour y arriver est son casting. Réduire Antigang à un pastiche de l’arme fatale serait idiot. Si tous les films utilisant un duo vieux flic/jeune flic chien fou devait subir la même chose on aurait pas fini d’arpenter imdb pour changer des productions de catégories. Oui, Antigang joue sur les codes en vigueur dans ce genre de productions. Benjamin Rocher aime le genre dans toute sa splendeur et s’amuse à lui rendre hommage. Que ce soit avec des scènes de combats au corps à corps ( ou plutôt battes contre corps) ou une gigantesque course poursuite/fusillade dans le quartier de la BNF (rendant un hommage appuyé, mais jouissif a Heat), il ne se refuse rien. Et aussi bien devant la caméra que derrière tout le monde, mouille le maillot. Que le film repose sur des lieux communs du cinéma d’action au fond ne le pénalise pas vraiment. Tout le monde le fait, la chose qui compte tient dans la façon de se les approprier et de les retranscrire à l’écran. Et ici Benjamin Rocher trouve un porte-parole impeccable en la personne de Alban Lenoir. Mélangeant comédie et action sans jamais relâcher la pression, il crève littéralement l’écran. On compare souvent Dujardin à Belmondo, mais Alban Lenoir au travers de ce rôle montre qu’il a l’étoffe de ce qu’était Belmondo dans un Peur sur la Ville. Il y va, ne lâche, rien, s’amuse et crève l’écran. Le succès de son action est que même si certains gags du scénario tombent parfois à l’eau par comique de répétitions, on ne lui en tient jamais rigueur. Tout simplement vu qu’il est la révélation du film.

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Pas simple d’exister devant un monstre sacré comme Jean Reno. Un bloc au milieu d’une bande de jeunes cowboys sous ses ordres. Le rôle est classique, mais la finition que Reno lui applique est très bonne. Il survole l’action au dessus de son équipe et bien qu’omniprésent ne tire jamais la couverture à lui. Ce qui fait qu’en bout de course, le film fonctionne. On se prend au jeu de l’équipe. On rigole grassement ou non et on se laisse emporter quand l’action débute. Alors oui, le méchant du film est définitivement le maillon faible, mais cela n’empêche pas pour autant Antigang de fonctionner. Loin d’autres productions du genre plus putassières dans les finitions, Antigang ne ment jamais sur ses ambitions. Il y a devant et derrière la caméra une équipe qui aime définitivement le genre et s’amuse avec pour faire en sorte que cela soit communicatif. C’est de plus en plus rare et je respecte. Donc ne pas se fier à la campagne aux quotes foireuses, Antigang est bien plus sympathique qu’il n’y paraît. Et putain filer plus de rôles de ce genre à Alban Lenoir, le mec mérite. À voir !

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