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American Ultra-Nima Nourizadeh- Critique du film

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American Ultra est un film étrange, le genre de ceux qu’il est si facile de détester et qui pourtant malgré tout garde un charme désuet dans le fond. American Ultra est le mélange contre nature de The Big Lebowski et The Long Kiss Goodnight de Renny Harlin. Il pompe d’ailleurs dans les grandes largeurs l’ADN de ce dernier il faut bien le reconnaître. Le tout sans forcément amener grand-chose de neuf. Le genre d’éléments qui aurait pu permettre justement au film de s’élever au-delà de son statut de B-Movie assez générique au final. American Ultra est l’œuvre de Nima Nourizadeh qui avait réalisé l’insupportable Project X. Ce nouveau film fait passer les qualités de réalisation de cette personne de médiocre a moyen. Ce qui en soit est déjà une bonne chose. Pas forcément suffisante pour sauver l’ensemble de l’oubli, mais parfois il faut se contenter des petites victoires. Et même si je suis d’un natural facilement hater, j’avoue ne pas arriver à complètement haïr American Ultra, c’est pour moi l’énigme de cette fin d’année.

Oui, le film n’est qu’une remise à niveau de The Long Kiss Goodnight, même base narrative, même mix entre actions et comédie, mais le duo Jesse Eisenberg et Kristen Stewart donne au film un je-ne-sais-quoi de sympathique. Le genre de placebo de surface qui fait en partie (aléatoirement…) oublier le reste. Car oui, American Ultra est un canard boiteux. Le genre de vilain petit canard qui essaye de se faire accepter par le reste de ses frères, mais ne peut jamais vraiment cacher longtemps ses vilaines habitudes et revient au galop pour dire ou faire ce qu’il ne faut pas quand il ne faut pas. Oui, American Ultra a cette forme d’ADN du sale gosse. C’est sa force et sa faiblesse. Force car le côté jusqu’au-boutiste dans le délire est assez rafraichissant et faiblesse de par le fait qu’au final à ne plus savoir sur quels pieds danser, le film se perd totalement en route. Triste constat vu que le duo Jesse Eisenberg et Kristen Stewart fonctionne très bien, lui se révélant au final assez convaincant dans son rôle d’agent secret « stoner » et badass et elle plutôt charmante quand elle se décide enfin à sourire. Une sorte de remise à jour du mythe Bonny and Clyde en version Big Lebowski. C’est assez particulier et pourtant, les fondations sur lesquelles s’établissent cette bluette entre eux fonctionnent bien. Mais, le côté générique des autres parties du film rend American Ultra au final prévisible et parfois ennuyeux. De plus et même si une grande partie du public cible d’American Ultra ne doit pas connaître ce film, il faut dire encore une fois que le film de Nima Nourizadeh n’a rien d’original dès le départ. Vu qu’il s’agit d’une déclinaison plus ou moins avouée de The Long Kiss Goodnight. Qui même des années après reste en tout point 1000 fois supérieures a American Ultra.

 

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Mais cela le film de Nima Nourizadeh semble en être conscient et il assume au final qu’il ne fera jamais mieux que son prédécesseur. Du coup à l’image de son personnage principal Jesse Eisenberg, American Ultra se contente de ce qu’il a et surtout ce qu’il est. Rendant l’ensemble plus proche d’un plaisir coupable fugace que d’un vrai plaisir de cinéma durable. Manque d’ambition qui n’enlève pourtant pas à l’ensemble certains très bons moments, mais il faut reconnaître malgré tout que la somme des défauts habitant le film est malgré tout beaucoup trop massive pour lui permettre de s’élever au-delà de la ligne de flottaison. Ce qui explique surement sa noyade au box-office. Dommage, il y avait de la matière première de qualité au milieu de tout cela. Un sympathique coup d’épée dans l’eau pour le duo Jesse Eisenberg et Kristen Stewart que l’on espère revoir dans des films plus solides à l’avenir.

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