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American Nightmare 4: les origines du DTV baclé…

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American Nightmare 4: les origines avait tout pour être un brulot social reflet de son époque…au final c’est un rescapé de la Blaxploitation véhiculant les mêmes clichés racistes.

American Nightmare 4 : Les Origines est un film un peu particulier. Pour être honnête, je l’ai vu à la chaîne avec BlackKklansman de Spike Lee. 2 sujets plus ou moins identiques sur le malaise des populations afros en Amérique. Et surtout la manière dont l’état les attaque en frontal, allant vers une véritable confrontation dont personne ne ressort vainqueur. Le verdict en bout de course une fois que l’on a vu les 2 films est positif pour le Spike Lee, mais le vrai souci de ce film tient dans son utilisation un peu putassière de beaucoup de thèmes en vogue. De quoi parle ce American Nightmare 4 : Les Origines du coup ? Pour faire passer le taux de criminalité en dessous de 1 % le reste de l’année, les « Nouveaux Pères Fondateurs » testent une théorie sociale qui permettrait d’évacuer la violence durant une nuit dans une ville isolée. Mais lorsque l’agressivité des tyrans rencontre la rage de communautés marginalisées, le phénomène va s’étendre au-delà des frontières de la ville test jusqu’à atteindre la nation entière. L’idée d’une Origin Story n’a rien d’original, on a vu mieux ou pire plus d’une fois. Et l’on se laisse presque prendre sur les bases que veut développer le film. Enfin, cela dure quelques minutes et ce avant que le tableau ne vole en éclats sous le poids des problèmes plombant le scénario et la réalisation.

Débutons par le plus évident : le scénario. American Nightmare 4 : Les Origines fait cheap dans son ensemble. A part peut-être un final générique, mais nerveux. La réalisation du film est affreusement standard, un manque d’ambition assez folle qui plombe d’emblée le moteur et laisse beaucoup de temps aux spectateurs pour s’arrêter sur le reste : le scénario. Et là, c’est le drame. L’exemple de BlackKklansman ou même Black Panther montre une volonté de la part d’Hollywood d’aborder les personnages afros avec plus de subtilité. Hors des clichés que pouvait véhiculer la blaxploitation ou tout simplement une sorte de racisme sous-jacent cantonnant chacun dans son pré-carré. Et pour être honnête, American Nightmare 4 : Les Origines ne fait pas d’efforts particuliers pour aller au-delà des apparences. Pire encore, il reprend des imageries volontairement choquantes (nazis, KKK, soldat avec des masques de blackface…) sans jamais aller au-delà de l’aspect choc. Tout n’est qu’apparence mais sonne creux. Démontrant une certaine attitude pour le moins malsaine que l’on peut assimiler à une volonté de surfer sur des thématiques ou mouvements sans jamais les comprendre. Appropriation culturelle d’élements de lutte, ou moyen détourné sous couvert de cinéma de faire perdurer des stéréotypes pour le moins génant. Les personnages afros ou hispaniques sont tous des pauvres, des dealers, des escrocs. Le héros du film étant le dealer en chef du quartier ancien militaire qui se découvre ici une âme de leader prenant les armes pour défendre son peuple contre le gouvernement. Que American Nightmare 4 : Les Origines tente d’être politique ne représente pas un souci pour moi. Au contraire, je suis pour que ce genre de thématique envahissent le monde des blockbusters et pervertissent la donne. Encore faut-il que cela soit bien fait.

Et ce n’est tout simplement jamais le cas avec ce film. Jamais. Les clichés s’empilent en pagaille devant nous jusqu’à bloquer l’horizon. Et l’on se demande ce qui a bien pu se passer en coulisses. Car en prenant les choses à froid sur le papier les éléments pour créer quelque chose sont là… et jamais la production d’American Nightmare 4 : Les Origines n’en fait volontairement quoi que ce soit. La vérité est que ce film sous son apparente envie d’étendre les bases d’une mythologie pas non plus transcendante brasse du vent. Pire encore d’une certaine manière, le scénario pisse dans la direction du ventilateur en le pointant vers le spectateur. Et le réalisateur ne fait rien pour sauver l’ensemble du naufrage. Du début à la fin, ce American Nightmare 4 : Les Origines oscille entre le médiocre et le malaisant. Jamais il ne relève la tête comme si dans le fond tout le monde se foutait en apparence de l’entreprise. Mais quand on voit le volume de clichés malsain que véhicule le film tout en tentant de se faire passer pour un produit éveillant les consciences sur la problématique de la place des populations afros dans la société US, on se dit que le résultat est un gentil foutage de gueule ne faisant que brosser dans le sens du poil des décennies de clichés racistes qu’Hollywood alimente volontairement ou non a intervalles réguliers. Comme quoi le temps passe, mais les choses ne changent pas tant dans le fond…

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