Critiques de films Films américains

American Assassin, un blockbuster puant de plus…

Nouvelle recrue d’une équipe d’élite officiant pour le contre-espionnage américain, Mitch Rapp va suivre un rude entraînement mené par Stan Hurley, formateur légendaire de la CIA. Face à une vague d’attaques terroristes sans précédent à travers le monde, les deux hommes vont devoir s’attaquer à Ghost, un individu aussi dangereux qu’insaisissable, ayant pour intention de déclencher une guerre nucléaire.

American Assassin est un film un peu problématique. La raison est simple, sous son camouflage de gros blockbuster ultra-violent et marchant dans l’ombre d’une série comme 24, il serait assez facile de baisser la garde et de le prendre pour du tout-venant. C’est certes en partie le gars, mais entre les lignes, il y a malheureusement un fond un chouilla plus puant que la moyenne. Evacuons la question, oui sur la majorité du film, American Assassin est un blockbuster basique partant complètement en sucettes sur la fin et possédant des personnages principaux et secondaires pas vraiment bien écrits. Le hic tient dans toute l’attention qui est mise sur le héros de l’histoire : Mitch Rapp, l’intro du film et sa violence sans la moindre pincette (près de 3 minutes de massacres de civils…) pose les bases du personnage, une bombe à retardement uniquement animé par la vengeance. Le parcours qui est le sien dès ce moment est certes idiot et peu crédible, mais le vrai problème est que dès ce point précis (la fin de la séquence sur la plage…) il n’y a plus le moindre espoir d’aimer, comprendre ou avoir de l’empathie pour le héros. American Assassin nous présente juste l’histoire d’une machine à tuer dont la CIA utilise les blessures pour en faire son bras armé. Un choix qu’il accepte très vite vu que cela lui donne légalement le droit de tuer du terroriste comme il en rêvait. Il n’y a pas de rédemptions, pas de finesse dans son parcours rien. Nous sommes devant un simple fanatique traquant des terroristes, mais qui dans le fond n’a malheureusement rien de différent de ceux qu’il traque. On est au final devant un simple miroir déformant, l’habillage est plus occidental, mais l’idéologie est la même. Du coup comment avoir de la sympathie pour ce personnage ? C’est impossible.


American Assassin semble assez vite dès la moitié du film se rendre compte du problème insoluble qui se dresse devant lui et abandonne littéralement tout effort. Le film devient du coup pour le moins pénible. Les 50 % d’intro sonnant comme un mélange entre Jack Bauer et Jason Bourne jeune, et la seconde comme un blockbuster ultra-lambda culminant sur un final aussi con que l’on pouvait s’y attendre pour ce genre de production. Mais même si l’on garde un œil tolérant et qu’on se limite à regarder la réalisation dans l’ensemble correct tout comme l’abondance de séquences d’action, American Assassin possède un vrai problème… son héros. Difficile de s’investir dans ce qui se transforme assez vite en une vision très manichéenne de la chasse aux terroristes, de l’action des Etats-Unis au Moyen-Orient et j’en passe. Le domaine de l’espionnage au cinéma ces dernières années se noie souvent dans une envie maladive de coller au réel. D’offrir aux spectateurs une vision déformée de l’actualité pris sous le prisme du 7e art. Peu de cinéastes sont capables de sublimer cette équation et d’aboutir à un équilibre entre divertissement et propos qui fait réfléchir. American Assassin reste à la surface en prenant le parti dès le départ d’être un mélange malsain entre 24 et Jason Bourne. Le second avait réussi à renouveler le genre, le premier n’avait fait que l’enfoncer dans les recoins d’une idéologie moderne et puante. American Assassin garde le pire des deux mondes sans jamais faire quoi que ce soit pour améliorer la formule.
Du coup faut-il voir ce film ? J’ai envie de dire que si vous avez envie de voir de la caricature géopolitique débile 24 et London has Fallen sont là pour vous, c’est tout aussi puant dans le fond, American Assassin en capitalisant sur le héros de Maze Runner tente de s’approprier un public plus jeune. Et vu le côté très frontal et trouble de l’ensemble, cela finit par rendre la manœuvre encore plus détestable. American Assassin est hautement négligeable voir juste détestable…

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