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Alien Covenant, le jour où Ridley Scott devint George Lucas…

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Alien Covenant est-il un vrai film Alien ? J’entends par là cohérent et surtout intéressant avec le reste de la saga ? J’ai envie de dire non, même si je suis conscient que certains trouveront à redire. C’est toujours le cas. Mais dans la foulée de Prometheus, ce Alien Covenant montre que Ridley Scott est en passe de se transformer en une version alternative de George Lucas. À l’origine de la saga Alien, il ressemble de plus en plus à un vieux monsieur prêt à pisser sur son œuvre pour marquer son territoire et empêcher des nouveaux réalisateurs de s’en approcher. Les mêmes qui justement comme avec Star Wars pourraient justement amener un vent nouveau et un regard neuf sur la saga. Car voilà le vrai problème des deux derniers films de la saga Alien mise en scène par Ridley Scott, ils partent dans tous les sens et s’éloignent de plus en plus de la saga. L’erreur que beaucoup de productions hollywoodiennes commettent est de toujours vouloir expliquer les origines des monstres sacrés. La part du succès inhérent à ses derniers est juste bien souvent que l’on n’en sait pas plus que nécessaire les concernant, cela permet aux spectateurs de combler les trous en fonction de son imaginaire, ses craintes et j’en passe. Et cela permet de durer encore et encore d’une génération à l’autre. Enfin tout cela c’était avant.

Alien Covenant si l’on est honnête ne possède pas que des mauvaises idées. C’est un fait, mais malheureusement aussi bien au niveau de l’écriture que de la réalisation, la chose est faite avec une telle facilité et mollesse que l’on ne peut que finir en étant dépité devant ce bordel. Écoutant les critiques faites contre Prometheus, Alien Covenant revient vers les bases d’Alien en apparence. Mais très vite on se rend compte que la chose n’est qu’un artifice, parodiant Alien 1 et 2 sans jamais pour autant en retrouver la magie, le nouveau film de Ridley Scott apparaît comme un hybride complètement bâtard. Le côté huis clos du film parodie celui d’Alien 1, le gore est tellement excessif mais sans fond et mal dosé dans ses excès que l’on regarde sans vraiment plonger dans une terreur sincère… et arrive soudain la vraie faiblesse du film : sa volonté d’expliquer les origines des Aliens. Liant son récit à celui de Prometheus au travers du personnage de David, Ridley Scott dévie et change de route pour aller vers totalement autre chose. Certes, l’idée de base est respectable, encore aurait-il fallu que le scénario tienne la route pour la supporter. Mais ce n’est jamais le cas et pendant 2 heures oscillant d’un manque de rythme à un surplus inutile de vitesse, le film s’enfonce dans une certaine forme de malaise. Celui d’avoir l’impression d’assister à un gigantesque gâchis tentant de faire des clins d’œil aux autres films volontaires ou non pour cacher le reste. Tout comme Prometheus, dont Alien Covenant copie encore beaucoup de choses dans la structure, le dernier bébé de Ridley Scott boite encore et toujours. Et s’éloigne encore et toujours des deux vraies choses intéressantes de l’histoire… le peuple des architectes et surtout les Aliens.

Dans le 1er des cas, l’arnaque est totale vu que l’on n’apprend rien les concernant, encore moins d’ailleurs que dans le premier film. Dans le second cas, les Aliens sont relégués au rang d’outils narratifs basiques apparaissant juste par intermittence pour massacrer les membres de l’équipage qui dans la quasi-totalité ne sont là eux aussi que pour cela. Le vrai focus du film est Michael Fassbender. Un double personnage contemplant l’humanité se confondre dans ses pires défauts. Et c’est ce qui rend le film aussi étrange. Ridley Scott au-delà de Michael Fassbender n’en a rien à faire des autres personnages. Ces derniers manquent de fond et sont tous plus classiques les uns que les autres. Tout comme Weyland dans le film, il crée un personnage qui lui échappe mais continue de le fasciner. Le seul hic est que visiblement tout comme dans le film, il est le seul à ne pas se rendre compte que sa création lui échappe complètement. Il y a un côté méta dans l’ensemble, mais cela n’enlève pas en bout de course, le sale goût que laisse Alien Covenant en bouche une fois sorti de la salle. Dommage…

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