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A perfect Day-Fernando León de Aranoa-Critique du film

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Un groupe d’humanitaires est en mission dans une zone en guerre: Sophie, nouvelle recrue, veut absolument aider; Mambru, désabusé, veut juste rentrer chez lui; Katya, voulait Mambru ; Damir veut que le conflit se termine ; et B ne sait pas ce qu’il veut.

A perfect Day est un film étrange, à la fois terriblement drôle de par les numéros d’acteurs de haut vol qui s’y croisent et en même temps incroyablement triste. Le tout par le biais d’une approche sans trop de concessions de ce qu’est le travail des humanitaires sur un terrain en état de guerre. Le danger peut venir de partout, la mort est au tournant et à force d’être sous pression en permanence, on finit par y laisser chaque jour un peu de soit. Voir même beaucoup dans le cas de certain. D’autres se planquent derrière ce travail pour oublier les aléas de leur vie. Mais tous ont un point commun, celui de se serrer les coudes quoi qu’il arrive et quel que soit le problème se dressant sur la route. Le défaut est qu’il faut juste réussir à s’intégrer à la famille disparate qu’il représente et surtout s’habituer à ces méthodes peu communes qu’ils pratiquent au jour le jour. Les deux leaders de cette équipe de médecins volants mi-superman, mi-bras cassé sont Benicio del Toro et Tim Robbins. Autant le premier proche d’un Josh Brolin en plus light est un ours, autant le second insuffle à l’histoire une dose de second degré et d’humour salvateur.

Car; l’humour est bien la clé de la digestion de ce à perfect day. On rit beaucoup dans ce film et majoritairement par le biais d’un casting masculin et féminin de très haute qualité ( véritable sentiment d’unité du groupe), mais l’on est aussi parfois pris à la gorge par l’univers qui prend vie sous nos yeux. En effet à Perfect Day n’a rien d’un camp de vacances, l’univers dans lequel se déroule l’histoire est une zone de guerre. Les balkans avec tout ce que cela implique( famille massacrée, nettoyage ethnique, enfant seul dans ce pays puant la mort dans tous sens). Tout est fait pour montrer que malgré le rire de surface ce qui se cache derrière les apparences est lugubre. C’est la force de A perfect Day, amener le spectateur à réfléchir sur la nature même du travail que font ces hommes et ces femmes sur le terrain sans pour autant se départir trop longtemps des habits de la comédie. Les plus horribles des situations ou les plus anecdotiques ( la bureaucratie, les marchandages de bouts de ficelle pour réussir à aider des gens) tout est montré et là encore le casting brille dans chacune des situations. Benicio Del Toro et Tim Robbins volent l’écran, mais il ne faut pas pour autant oublier Olga Kurylenko et Mélanie Thierry.

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Incarnant le pendant féminin de l’histoire, les deux actrices tempèrent plus ou moins les incartades de chacun des deux leads masculins. Le côté désabusé et protocolaire d’Olga Kurylenko tranche avec la naïveté toute relative du personnage de Mélanie Thierry. Je dis relative vu que cette dernière s’évapore assez vite face à la réalité du terrain et des deux mentors qu’elle trouve en face d’elle. Le rire se mêlant à la tension dans un balet très bien orchestré par le réalisateur. A perfect Day donne l’impression d’être nonchalant…mais ce n’est que pour renforcer le malaise croissant qui entoure les personnages. Ces derniers tentent tant bien que mal de le désamorcer par l’humour et c’est ce qui tout du long maintient A perfect Day dans un état d’apesanteur si particulier. On ne sait jamais sur quel pied danser, on frémit pour des personnages qui à bout de nerfs sont toujours sur la ligne. On rit avec eux et l’on n’a pourtant en bout de course qu’une seule envie, les voir partir de ce milieu. Car c’est là le cas de conscience que développe le film, celui de pousser le spectateur à se demander pourquoi des gens à priori ordinaire vont se mettre dans des situations de ce style.

Inconscience ou altruisme la ligne entre les deux est parfois très fine et A perfect Day construit sa narration en équilibre instable entre les deux. Le résultat est aussi passionnant et drôle que déstabilisant par ce que l’on y lit entre les lignes. Mais c’est aussi bien dans cette atmosphère que dans les effets secondaires qu’elle a sur les personnages principaux que tient le succès de ce film. Et puis comment résister à l’incroyable numéro d’acteur de Benicio Del Toro et Tim Robbins? Définitivement à voir.

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