Critiques de films Films asiatiques Les news

A Day, un jour sans fin made in Corée…

De retour d’un séminaire, Jun-young assiste à un accident de voiture. Parmi les victimes se trouvent sa fille Eun-jung ainsi qu’une autre jeune femme, conjointe d’un ambulancier prénommé Min-chul. Jun-young et Min-chul vont être pris dans une boucle temporelle.

A Day de Cho Sun-ho n’est pas forcément un film évident à définir pour les spectateurs européens que nous sommes. La différence entre nous et la Corée est que le cinéma qui est le leur aime mélanger tous les styles dans une mélodie qui parfois pour nous tourne à la cacophonie indigeste. Cela ne fonctionne pas toujours, mais quand c’est le cas la magie prend et c’est en grande partie le cas avec ce A Day de Cho Sun-ho. À la fois, drama, thriller, film fantastique et mélo typiquement coréen, le film n’hésite pas à surprendre et ne jamais aller vraiment là où on l’attend. D’ailleurs, je ne me fais pas véritablement d’illusion, je m’attends à ce que d’ici quelques mois ou un an au maximum Hollywood annonce la mise en chantier d’un remake. Il est vrai que la base du film, cette boucle temporel sujet universel et cette histoire d’un père prêt à tout pour sauver sa fille peut marcher d’un pays à l’autre. Il sera intéressant de voir comment si remake il y a Hollywood adaptera le film. Perdra-t-il en route de sa simplicité et à la fois de son ambition ? Bonne question, car malgré les apparences trompeuses du départ, A Day de Cho Sun-ho n’est pas vraiment ce que l’on peut attendre. Thriller fantastique, mélo dramatique et film sur la rédemption tout passe à la moulinette pour aboutir à quelque chose d’assez surprenant.

Typiquement coréen dans sa forme, A Day de Cho Sun-ho aspire toutes les idées de cinéma occidentales, les digère et pourtant réussit à ne pas être une photocopie sans âmes. Jouant sur la carte du thriller fantastique pour parler à un large public, le film switch assez vite sur le drame humain en élargissant son point de vue sur bien plus de personnages que l’on ne pouvait le penser. Cela demande une attention certaine et ce dès le début, mais quand le puzzle se met en place, on réalise combien la finesse du travail d’écriture de A Day de Cho Sun-ho frappe en plein cœur. Le mystère qui nous est offert dès le départ s’avèrant très vite bien plus complexe et pas que sur l’aspect course contre la montre d’un père voulant sauver sa fille. Sans spoiler le film dans son dernier tiers dévoile un twist assez inattendu qui fait basculer pleinement l’histoire dans le drama humain. Le tout en reconnectant d’un coup de maître le spectateur avec l’aspect humain qui planait au-dessus de sa tête depuis le début à savoir la rédemption. Tout le film A Day tient sur ce postulat aussi universel que profondément casse-gueule. Je dis cela en mettant bien en avant que c’est typiquement dans ce dernier acte que le film prendra pour vous toute sa force ou bien volera en éclat. Typiquement coréen dans son ADN et sa construction, le final du film respecte les obligations en vigueur dans le cinéma de ce pays.

Connectant chacun des personnages et toutes les histoires les unes aux autres, A Day de Cho Sun-ho prend le parti au lieu de terminer dans la surenchère comme Hollywood pourrait le faire de ne se focaliser que sur l’humain. C’est aussi minimaliste que touchant et le contre-pied final dans les choix qui sont ceux des personnages principaux de l’histoire touche en plein cœur. Cela peut sembler exagérer en disant cela, mais l’implication que le spectateur a finie par avoir pour ces personnages et ce depuis le début du film finit par payer. A Day de Cho Sun-ho en combinant 4 storyline en une seule autour d’une notion de pardon et de choix moraux que l’on peut imaginer insurmontable pour les pékins que nous sommes. En effet au final la grande question du film est que seriez-vous prêt à faire pour sauver votre femme ou votre enfant et surtout assumerez-vous quoi qu’il arrive vos actes. Une question simpliste en apparence mais dont les ramifications finissent par toucher quasi-tout le monde. Maintenant reste à voir jusqu’où ? Dans mon cas, une fois j’ai cédé aux codes du cinéma coréen et finis l’histoire avec une certaine forme de beauté ou juste de simplicité et de poésie. Le mélange des genres était improbables et pourtant il fonctionne à merveille. Une petite pépite en provenance de Corée.

No Comments

Leave a Reply