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Le Jeu du maître, James Dashner et l’après Maze Runner

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Après avoir découvert au cinéma comme beaucoup l’œuvre de James Dashner via l’adaptation de la saga Maze Runner, je me suis dit que plonger un peu plus loin dans sa bibliographie ne serait pas un luxe. D’où cette découverte de sa dernière saga Le Jeu du maître. La saga date de 2013 (juste après Maze Runner) et commence juste à arriver chez nous en France (profitant du succès du film) et très vite si l’on à aimer les codes et us et coutumes en vigueur chez James Dashner dans Maze Runner, on ne sera pas vraiment perdu. Pour le meilleur et pour le pire en fait. Difficile en effet désormais de trouver un roman dans la catégorie Young Adult qui réussit à révolutionner le genre. Autant le dire tout de suite, Le Jeu du maître n’est pas ce roman. James Dashner s’amuse à mélanger les genres avec plus ou moins de bonheur. Comment résumer son nouveau roman ? Comme un Matrix lite serait la meilleure des approches. Le Jeu du maître s’amuse à jouer sur les univers virtuels qui séduisent de plus en plus de mondes et l’impressionnante liberté qui s’y rattachent. Une impression qui n’est que de surface vu comment nos 3 héros se retrouvent très vite prises au piège d’une menace qui les dépasse, une entité désireuse de s’échapper du monde irréel… vers le réel. Oui, il y a un certain côté de déjà-vu dans ce rapide pitch synthétisant l’histoire. Là où Maze Runner faisait en sorte d’offrir un paquet de personnages principaux et secondaires, l’intrigue de Le Jeu du maître de James Dashner est beaucoup plus avare dans le domaine. Au-delà du style parfois hasardeux de l’auteur, c’est à la fois sa force et sa faiblesse.

Comme beaucoup de livres du domaine Young Adult, Le Jeu du maître a clairement une intention qu’il affiche dès le début du roman, celui d’être adapté à l’écran. Cela implique à minima d’être le plus cinématographique possible et le fait qu’une très grande partie de l’histoire se déroule dans cet univers qu’est le Virtnet offre à l’auteur la possibilité de se permettre tous les délires. Une chose qui ne sera pas forcément le cas dans une possible adaptation vu que cela ferait exploser le budget… Mais en se focalisant uniquement sur ces délires imaginaires, l’auteur se perd un peu en route. Il n’y a en effet que deux personnages à peu près solides dans cette histoire. Coup de bol se sont les personnages principaux : Michael (l’ado) et Kaine (le méchant). Au-delà d’eux point de salut, les autres personnages secondaires n’étant là que pour remplir des cases, le tout avec un impact plus ou moins fort. On est frustré d’une certaine manière vu que même si l’histoire en elle-même se laisse lire (Le Jeu du maître est classique, mais pas désagréable), il y a une certaine sécheresse émotionnelle qui s’en dégage. On a du mal à s’attacher aux héros. Le vrai problème de ce roman est qu’il n’est au final que le parcours d’un seul et unique personnage… dans un univers ou tout est faux…

Et en dernier lieu, impossible de ne pas noter, le souci du livre… le style. James Dashner se plaît à créer des grands moments « cinématographiques », mais bien souvent ces derniers en termes d’intensité tombent à plat avant la fin. La faute à l’écriture, parfois trop simple et ne prenant pas de risques et le fait que les personnages n’ayant pour la plupart pas de profondeurs, il est difficile de s’attacher ou s’impliquer. On enchaîne donc les péripéties avec au fil du temps un certain sentiment de redite. Et quand vient la fin s’ouvrant directement sur la suite… la pirouette apparaît quelque peu grossière et renforce encore plus ce sentiment bizarre d’être devant l’ébauche d’un roman qui aurait pu être dix fois plus ambitieux ou passionnant à lire. Il aurait juste fallu prendre un peu plus de temps. L’ensemble reste agréable, mais pas forcément assez pour rendre ce nouveau livre de James Dashner Le Jeu du maître vraiment mémorable.

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