Critiques de films Films américains

Midnight Special, la version live d’ ET sans les sentiments…

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Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

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Le buzz autour de Midnight special était fort et comme beaucoup je l’attendais. Même si d’une certaine façon l’idée de voir Jeff Nichols se lancer dans la SF me laissait un peu perplexe. Le résultat même plusieurs jours après avoir vu le film ne me fait pas vraiment changer d’avis. Oui, Midnight Special est dans l’ensemble bien mis en scène, le casting est bon et l’on se dit que tout devrait aller et pourtant, Midnight Special est un objet bizarre. La faute surtout en bout de course a un scénario qui manque profondément d’émotion. Michael Shannon, Joel Edgerton, Adam Driver… le casting est impressionnant, mais alors pourquoi la mayonnaise ne prend jamais ? Tel est la question. La véritable problématique narrative de Midnight Special tient dans son approche très sèche des événements. Il faut prendre le film comme une version très schématique du ET de spielberg. Une adaptation en live ou l’absence d’émotion rend l’ensemble du récit totalement aride. On admire la mise en scène de Jeff Nichols sur certains passages. Mais l’on ne peut véritablement s’empêcher de penser que sur les 3 axes principaux du film (la famille, les menaces, le but de cette fuite) rien ne fonctionne vraiment.

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La faute a une succession de choix bizarre. On pourrait d’ailleurs résumer cela a un point précis, une absence complète de développement. Comme si Jeff Nichols avait décidé de couper toutes l’introduction du film et d’élaguer au maximum dans l’espoir de gagner du temps. Le hic est que même sous sa forme actuelle, Midnight Special est long, parfois trop lent et que dans le meilleur des cas, il reste difficile de passer sous le silence que le film semble avoir été livré en pièces détachées. La secte n’est jamais développée, l’attachement qu’il porte à l’enfant, le passé du père dans cette dernière. Pleins d’éléments qui mis bout à bout et en complément du fait que l’histoire de ce jeune garçon et le pourquoi du comment de ses pouvoirs n’aura jamais d’explications tangibles on finit par se demander si l’on n’a pas fait des séries de microsiestes sans s’en rendre compte. Loupant donc des éléments clés de la narration. La vérité malheureusement est que non. On n’a rien manqué, vu que ce que l’on attendait n’était pas là. On se retrouve donc face à un brouillon. Un concept que l’on aurait pu prendre au sérieux si dès le départ Jeff Nichols avait pris le temps d’asseoir son film sur une base solide. Non. Midnight Special n’est qu’un film de fuite que l’on prend en cours de route alors que cette dernière a déjà plusieurs kilomètres au compteur. On se dit que l’on aura une chance de rattraper le tempo, mais très vite tout comme les personnages on se rend compte que l’on ne sait pas vraiment vers quoi l’on est en train de courir. Une allégorie de la religion, de la foi, d’un scénario de sf à l’ancienne complètement à l’ouest ?

Chacun y verra ce qu’il veut, c’est la beauté du cinéma, mais quand vient le final du film, la vague impression de grand n’importe quoi qui montait sur le dernier acte prend un tout nouveau sens. Midnight Special comme dans l’urgence de finir cette histoire qui prend l’eau de partout sort un final en roue libre complète. On reste bouche bée au final devant ce qu’aurait pu être ce film vu les forces en présence et la chose étrange, imparfaite et complètement bâtarde qu’il est devenu. On compare Jeff Nichols a Spielberg pour ce film… Franchement je cherche encore pourquoi…

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