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À vif- Bradley Cooper- Critique du film

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Plus qu’un grand chef, Adam Jones est une rock star de la cuisine, couronnée par deux étoiles au guide Michelin. Grisé par le succès, arrogant et capricieux, l’enfant terrible de la scène gastronomique parisienne sombre dans l’alcool et la drogue. Quelques années plus tard, il a retrouvé la voie de la sobriété. Entouré de jeunes commis et chefs de parties, il relance un restaurant londonien, déterminé à obtenir le Graal de la gastronomie : une troisième étoile. Hanté par les fantômes du passé, le chemin de la rédemption s’annonce plus âpre que prévu : il ne lui reste plus qu’une seule chance pour devenir une légende…

Il y a des films dont on entend le plus grand mal et que l’on découvre en y allant à reculons. C’était le cas avec ce A vif. Un casting sympathique, Bradley Cooper et Omar Sy, une histoire reposant sur la bouffe. Non franchement, il y avait peu de chances que l’ensemble ne me plaise pas. Qu’en est-il en bout de course ? À vif est le genre de petit film qui se déguste comme un amuse-gueule, c’est tout à fait entrainant, mais l’on ne peut jamais vraiment s’empêcher de se demander quand va arriver le gros morceau de l’histoire. C’est le seul véritable défaut du film, il manque de consistance. L’histoire d’Adam Jones a des faux airs de ressemblances dans le ton avec celle de Clovis Cornillac dans Chef sur France 2. Un personnage border line, génie complet qui a fini par se brûler les ailes et cherche une forme de rédemption dans l’excellence de sa cuisine. Corrigeant au passage les travers de son existence. Il y a de quoi sur ce terreau dramatique construire une bonne histoire et c’est en partie ce que fait À vif a plus d’une reprise. Le défilé de second rôle de qualité aussi bien dans les grands acteurs que les moins connus ne déméritent jamais. La vraie faiblesse est que même s’ils font du bon boulot avec ce qu’ils ont À vif ne va jamais au fond des choses. On survole les multiples histoires, sans jamais mettre les mains dans le plat. Ce qui est acceptable au début, finit par frustrer alors que l’histoire avance.

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Sentiment rendu encore plus fort une fois de plus par l’immense sympathie que l’on finit assez vite par éprouver pour ces personnages. Avec le personnage d’Adam Jones, Bradley Cooper donne vie a ce que l’on pourrait définir comme l’image du parfait connard flamboyant. Celui que l’on adore autant que l’on déteste. Il excelle dans cette partition et réussit à naviguer assez habilement entre les lignes d’un scénario parfois trop prévisible. Mais c’est dans son ombre que de belles choses se cachent. Une Alicia Vikander qui malgré peu de scènes donne une fragilité touchant à son personnage et la relation qu’elle aura eue avec Adam Jones, Sienna Miller et Daniel Bruhl offre un contrepoint intéressant au personnage de Bradley Cooper, ils sont les deux mains tendues vers ce personnage pour lui rappeler que non, même les génies ne peuvent pas tout surmonter en solo. Imparfait tout comme lui, les deux acteurs réussissent chacun à leurs manières à donner à l’histoire d’Adam Jones un peu plus de sympathie, aidant du coup à passer outre certaines faiblesses narratives qui se répètent. Le laisser pour compte de l’histoire est Omar Sy dont le rôle au final est malheureusement assez anecdotique. C’est un déclencheur d’événements plus qu’un personnage à part entière comme les autres. Dommage.

Au final À vif, n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de mauvais film. Loin de là, il possède un certain charme et une légèreté assez sympathique. Bradley Cooper porte le film d’un bout à l’autre et même sa belle gueule n’empêche pas le spectateur par instants de voir qu’ici et là il y a des trous d’air. Mais ce que le film réussit au final assez bien et c’est peut-être le principal est de donner faim. Le minimum syndical pour un film se déroulant dans l’univers de la cuisine gastronomique… À vif manque de chair, mais la garniture entourant le plat fait illusion. C’est déjà mieux que rien.

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