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10 Cloverfield Lane, JJ Abrams tire trop la corde du marketing.

10 Cloverfield Lane est-il le symbole de ces films qui se font entuber par le markting? J’ai un peu envie de dire oui. Et c’est dommage d’une certaine manière…

10 Cloverfield Lane possède un problème majeur… son titre. Pris au hasard, on aurait vaguement l’impression que ce film a quelque chose à voir avec l’excellent Cloverfield. Et JJ Abrams qui produit joue comme un roublard sur ce point. Alors que non, inutile de raconter des cracks, 10 Cloverfield Lane n’a dans le fond et la forme rien à voir avec l’original. Et c’est ennuyeux de tomber un peu dans le panneau vu que même indirectement, cela influe sur la vision d’ensemble que l’on pourra avoir du film. De quoi parle ce petit film ? Prenons les choses dans l’ordre : Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d’abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d’envergure. En l’absence de certitude, elle décide de s’échapper.. Huis clos assez réussi durant la plus grande partie du film, 10 Cloverfield Lane s’effondre pourtant en partie quand arrive le final. Le changement de style donne l’impression soudaine de voir deux films totalement différents et surtout cela ne débouche pas sur quelque chose de suffisamment fort pour que l’on se dise que ce que l’on vient de voir était un miracle. La vérité est qu’en grande partie cette production est tout ce qu’il y a de plus honnête, mais jamais vraiment assez pour que l’on s’extasie devant le résultat.

10 cloverfield lane critique film

Qu’est-ce que l’on retient de ce 10 Cloverfield Lane ? Un John Goodman immense. Le film repose sur lui et dans ce huis clos de plus en plus diabolique, le scénario lui donne toute la latitude nécessaire pour briller. Il survole l’histoire et les deux autres comédiens aussi (très bon d’ailleurs). C’est d’ailleurs un des points de déséquilibre du récit. Dès le départ et sa 1re apparition, John Goodman vole l’écran. Stature imposante, voix qui va avec et charisme en béton armé, la caméra l’aime, le scénario aussi. Paranoïaque que l’on aurait bien vu dans un épisode des X-Files, il s’en donne à cœur joie pour faire de son personnage un salaud dont on doute jusqu’au dernier instant. Bon ou mauvais, la frontière est toujours fine et 10 Cloverfield Lane s’amuse de ses revirements de tons. Le film n’est jamais aussi bon que dans les échanges aussi délicats que tendus prenant place entre les personnages. Et c’est dans ces derniers que le personnage de l’héroïne tente de se construire. Cas classique de la captive évoluant du statut de femme faible vers celui de la combattante. Rien de nouveau ou surprenant et c’est bien ce qui finit par plomber l’intérêt que l’on peut porter au personnage de Mary Elizabeth Winstead. Elle se fait dévorer vivante dans chaque scène par John Goodman. Elle ne le fait jamais en donnant l’impression de mal jouer ou s’en foutre. Non, c’est juste que malheureusement pour elle l’écriture de son personnage est faible et l’on n’accroche jamais pleinement.

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Ce qui lentement nous mène vers le problème de 10 Cloverfield Lane, son final. Tout le film prend son temps pour nous jeter au visage tous pleins de théories. De la plus extravagante qui devient avec le temps crédible. Et le souci est que lorsque les scénaristes se décident justement à terminer sur cette théorie et à faire qu’elle devienne le grand twist de fin, le public aura deux choix accepter ou éclater de rire. Pas de juste milieu et surtout pas vraiment de véritable paiement qui en découle… voici les ingrédients parfaits pour frustrer le spectateur. Oui, il y a une clôture et une évolution pour l’héroïne et c’est la base que l’on attend au minimum. Mais la direction vers laquelle va le film sur le film finit en dévoilant complètement ses cartes dans un gonzo pas forcément très fin l’éloigne de la tension calculée et du minimalisme dans lequel il baignait depuis le début. Un choix pour le moins étrange que certains accepteront sans mal, mais qui pour d’autres laissera perplexe. C’est mon cas. Pendant 80 % 10 Cloverfield Lane est un huit-clos tendu et calibré à défaut d’être novateur. Une petite production avec un immense John Goodman la sauvant de l’oubli, mais qui trop heureux de sa bonne conduite finie par se tirer une balle dans le pied dans son final. Un peu comme si le studio avait demandé une fin différente et répondant pleinement aux attentes d’une certaine tranche du public. Pourquoi pas, mais vu la nature initiale du film, le déséquilibre qui en résulte lui est un peu fatal, finissant de le rendre assez artificielle. Dommage.

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